de Boris Akounine

la maitresse de la mort

Fin août 1900.  De retour incognito à Moscou, Eraste Fandorine s'apprête à participer, au volant d'une automobile de son invention, au grand raid motorisé Moscou-Paris, symbole de la nouvelle ère qui s'ouvre à la Russie, grâce aux progrès des sciences et à l'essor de l'industrie. 

Cependant, bien des obstacles barrent encore la route à la modernité: l'obscurantisme, le crime, l'autoritarisme aveugle, qui semblent se liguer pour empêcher le départ de l'ancien conseiller d'état, fleuron de la police secrète du tsar.

Vingt jours avant le début de la course, Fandorine doit ainsi se résoudre à régler une fois de plus des comptes avec sa vieille compagne: la Mort, en tous ses masques.  Alors qu'une enquête l'entraîne dans les bas-fonds de Moscou, à la poursuite d'un garnement qui lui a dérobé son précieux chapelet de jade, Eraste Fandorine doit résoudre simultanément le mystère d'une terrible épidémie de suicides qui endeuillent la ville depuis quelques temps, et dont les victimes semblent toutes avoir fréquenté un cercle de poètes s'affirmant « amoureux de la mort ».

L'exercice est périlleux et, sans ses qualités de gymnaste, Fandorine se romprait les jambes à faire le grand écart entre deux mondes qu'apparemment tout sépare: celui de la pègre, et celui des Muses. Pourtant, dans l'un comme l'autre, on se donne des surnoms, on tient des réunions secrètes, on obéit à d'obscures puissances et on travaille à faire oeuvre de mort. 

De stances au parfum décadent en haïkus délicatement ciselés, le détective se fait chasseur de rimes en même temps que pêcheur d'âmes. Nouvel Orphée, il s'évertue à soustraire la jeune Colombine, douce petite provinciale égarée dans la capitale, à l'influence délétère de l'inquiétant Prospéro, gourou avant l'heure. 

Mais parviendra-t-il pour autant à la ramener au monde des vivants ? Car c'est une chose que de combattre l'humaine malfaisance, et c'en est une autre que d'affronter l'aveugle volonté des puissances occultes...

Éditions PRESSES DE LA CITÉ