1835 - 1915 

Biographie

Mary-Elizabeth Braddon est née en 1835 à Londres, (devenue adulte, elle mentira toujours un peu sur son âge !), second enfant  après un fils, Edward. Sa mère Fanny White est irlandaise, son père, avoué de profession, originaire de Cornouailles tente de régler ses propres dettes en écrivant des articles pour quelques magazines, dont "The Sportsman's Magazine". La petite Mary-Elizabeth n'a que 5 ans lorsque ses parents se séparent, elle reste avec sa mère, fervente lectrice de Dickens, Thackeray et Bulwer-Lytton, et plonge ainsi sa fille dans cette Littérature, dite "à sensation". La famille demeure quelque temps à St-Leonard's on Sea, puis rentre à Londres. En 1847, elle a 12 ans quand le reste de la famille se trouve désuni par le départ de son frère Edward, âgé alors de 18 ans, pour Calcutta en Inde, décidé à y faire carrière dans les affaires. (Il y passera sa vie, servira même dans les Forces Britanniques en 1857, en tant que volontaire, et deviendra Premier Ministre de Tasmanie, de 1894 à 1899).

Mary-Elizabeth Braddon commence à travailler à 17 ans pour subvenir à ses besoins et ceux de sa mère. Elle choisit le métier d'actrice de théâtre, sous le pseudonyme de Mary Seyton, sa mère qui l'accompagne lors des tournées, se fait alors appeler Mrs Seyton. Elle joue principalement dans des théâtres de province entre 1852 et 1859, puis une saison au "Royal Surrey Theater" de Londres. La jeune fille a d'ores et déjà choisi un mode de vie assez anticonformiste en choisissant la scène, mais elle s'affirme encore un peu plus dans cette voie, en écrivant des poèmes (certains jugés indécents par la bonne société !) et des pièces de théâtre, dès que ses rôles lui laissent un peu de temps libre. En 1859, son premier roman est publié, "The Octoroon: or the Lily of Louisiane", elle décide alors de devenir écrivain à plein temps.

L'année 1860, marque un véritable tournant dans sa carrière, d'abord, sa première pièce, "The loves of Arcadia" est jouée sur la scène du "Strand Theater" de Londres et son second roman, "Three times dead; or the secret of the Heath" est publié par un petit éditeur de Beverley qui lui  commande alors un long poème sur la vie de Garibaldi, que Mary-Elizabeth Braddon lui livre en 1861. Mais l'année 1860 est aussi celle de sa rencontre avec l'éditeur John Maxwell, un véritable coup de foudre réciproque, une rencontre décisive pour sa carrière professionnelle et pour sa vie de femme...

John Maxwell commence à éditer quelques unes des nouvelles de Mary-Elizabeth et prend l'initiative de publier, en 1861, le troisième roman de celle-ci, "Lady Audley's secret" sous forme de feuilleton dans un de ses nouveaux magazines "Robin Goodfellow", un premier roman à suspense écrit par une jeune femme de 25 ans, qui la fait entrer dans la famille des grands auteurs de l'époque; le feuilleton est cependant boudé par le public, misogynie ou genre littéraire trop nouveau ? Un autre roman, "The black Band..." est  alors publié dans un autre magazine de Maxwell et l'éditeur lui fait reprendre complètement l'écriture de "Three times dead",  le livre paraît sous un  nouveau titre: "The trail of serpent" (La trace du serpent) et se vend  à un millier d'exemplaires, la première semaine...

La vie privée de Mary-Elizabeth Braddon ne manque pas d'offusquer la bonne société victorienne quand celle-ci se met en ménage avec John Maxwell, sans pouvoir l'épouser, car l'éditeur est toujours marié à la mère de ses six enfants, internée pour instabilité mentale depuis la naissance de son dernier-né. La jeune auteure devient alors la belle-mère des enfants de Maxwell et devient elle-même maman en 1862 d'un fils, Gérald, (ils auront ensemble six autres enfants.) La jeune femme n'en poursuit pas moins l'écriture, cette même année, "The white Phantom" est publié dans un autre des magazines de Maxwell, "The Halfpenny Journal"; la parution de "Lady Audley's secret"  reprend sous forme de feuilleton dans "The Sixpenny Magazine" et le livre est publié en trois volumes, toujours en 1862 (!). Mary-Elizabeth Braddon le dédie à Sir Edward Bulwer-Lytton, romancier contemporain qu'elle admire et qui lui a donné cette irrésistible envie d'écrire, quand elle était plus jeune.

Les romans de la jeune femme commencent à connaître un franc succès, mais l'auteure ne se fait pas d'illusions sur les goûts des lecteurs appartenant à la classe ouvrière, elle devine que ceux-ci prisent plus les histoires de crimes, de meurtres, d'empoisonnement... qui se passent dans le milieu des classes moyennes et leur morale hypocrite, dans la haute société  imbue de sa respectabilité, toute aussi hypocrite. En 1863, "Aurora Floyd" est publié, et avec ce livre, elle aborde définitivement le genre thriller, le livre est censuré en raison d'une héroïne plutôt sulfureuse, d'autant qu'il est écrit par Mary-Elizabeth Braddon, une très jeune femme (vivant maritalement avec un homme marié !) qui ne manque pas de fustiger dans ses écrits, le rôle secondaire qui est réservé à la femme dans la société, et fait étalage d'une certaine expérience de la vie, osant reproduire par les mots ce qui n'est que comédie et tragédie contemporaine, capable ce faisant, de transmettre aux lecteurs (et lectrices) une intense émotion... Malgré tout, le livre "Aurora Floyd" sera maintes fois réédité et adapté à la scène, comme beaucoup de ses romans qui suivront.

Mary-Elizabeth Braddon, entre la naissance de ses enfants, l'écriture qu'elle pratique à une allure telle, que certaines années, deux, voire trois oeuvres sont publiées, prend la direction du magazine littéraire "Belgravia", un mensuel  du groupe Maxwell, qui a déjà eu l'occasion de publier une nouvelle de "Wilkie Collins". C'est à cette époque aussi, que la famille Braddon-Maxwell achète une maison, "Lichfield House", à Richmond-upon-Thames, qui devient leur résidence principale. Maxwell fait d'ailleurs plusieurs acquisitions immobilières, durant ces années de prospérité, donnant le nom des héroïnes de Mary-Elizabeth à plusieurs de ses acquisitions, et celle-ci situant ses intrigues dans les divers lieux, où la famille réside selon l'époque de l'année. Le couple perd un enfant en 1866, mais la même année, un garçon vient au monde, le futur romancier William Babington Maxwell et, en 1874, John Maxwell et Mary-Elizabeth Braddon peuvent enfin officialiser leur union, après le décès de la première épouse de Maxwell.  Mary-Elizabeth acquiert ainsi une place au sein de "la société victorienne", ce dont elle n'a que faire, la réussite de sa vie familiale, ses succès littéraires la comblent bien au-delà d'une position dans ce milieu qu'elle continue à critiquer dans ses livres.

Entre 1859 et 1915, ell écrit entre quatre vingt et une centaine de romans et de nouvelles (les chiffres diffèrent selon les sources...), si c'est avec "Lady Audley's secret" que l'auteure a acquis sa réputation, la consacrant << Première dame du mystère victorien" >>, tous ceux qui ont suivi ont été accueillis avec un réel succès, car elle a su donner aux lecteurs un genre littéraire nouveau, qu'ils attendaient: des intrigues audacieuses, une peinture des sentiments très juste et pointue, un nouveau style d'écriture que ses pairs, William Thackeray, Wilkie Collins, Robert Stevenson, Henry James et d'autres n'ont pas manqué de reconnaître. Elle a su aborder tous les genres, "le sensation novel", sur le modèle des romans de Wilkie Collins, des romans sociaux, et même des textes fantastiques.

Quand Mary-Elizabeth Braddon décède en 1915, dans sa maison de Richmond, dix ans après son cher Maxwell, elle a commencé l'écriture de ce qui est son ultime roman "Mary",  publié en 1916 à titre posthume.

(Sources: Wikipedia /embden11. /maryelizabethbraddon /victorianweb )

Elleon (Mise à jour 03/2015)

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 16863539_p  Complément d'enquête...

« Mary-Elizabeth braddon qui connut des débuts très controversés, en tant qu'auteur aux idées subversives pour son époque, laisse derrière elle une oeuvre considérable, ses romans ont été plusieurs fois adaptés à la scène et même au cinéma, elle a eu la grande joie de pouvoir assister à une version cinématographique muette de son livre "Aurora Floyd" en 1913. Quelque temps oubliée (presqu'un siècle), les lecteurs anglo-saxons la redécouvrent et, en France, Les Éditions Joëlle Losfeld rééditent certains ouvrages de celle, qui fut comparée par certains à Agatha Christie, et les Éditions Du Masque ont entrepris la réédition de ses oeuvres majeures dans la collection "Labyrinthes".

 

Pour celles et ceux qui voudraient en savoir plus sur cette auteure, les biographies ou essais la concernant sont peu nombreux (à ma connaissance, en tout cas !), l'ouvrage le plus récent qui lui est consacré: "The literary lives of Mary Elizabeth Braddon: a study of her life and work" par Jennifer Carnell, paru en 2000, (in english, of course !) , je n'ai rien trouvé la concernant en langue française. (?)

 

Tout commentaire à son sujet serait  donc le bienvenu... pour donner envie de lire, "Le secret de Lady Audley", ou bien "Le triomphe d'Eleanor" et les autres... »  Elleon

 

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Résumés

  1. Aurora Floyd (Éd. Joëlle Losfeld - 2006)
  2. Henry Dunbar (Éd. Du Masque - 2003)
  3. Lady Lisle (Éd. Joëlle Losfeld - 2001)
  4. La femme du docteur (Éd. Joëlle Losfeld - 2002)
  5. Le secret de Lady Audley (Éd. Du Masque - 2004)
  6. Le secret de la Ferme-Grise (Éd. Du Masque - 2004)
  7. Les oiseaux de proie (Éd. Du Masque - 2003)
  8. Le triomphe d'Eleanor (Éd. Du Masque - 2003)
  9. L'héritage de Charlotte (suite de "Les oiseaux de proie")(Éd. Du Masque - 2003)
  10. Sur les traces du serpent (Éd Joëlle Losfeld - 2008)ou La trace du serpent

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Autre titre

  • Le mystère de Fernwood et autres récits

Bonne lecture