de Théo Ananissoh

un reptile par habitant

« "Que faire alors ?

– Raisonner dans les termes qu’impose la situation : faire semblant, et l’enterrer.

– Pardon ?

– Quelqu’un fait semblant de mourir; vous faites semblant de l’enterrer."

Narcisse tourna la tête vers le corps de Katouka. Le sous-préfet écrasa un sourire.

"Aucune crainte, il est bien mort. Je voulais dire que nous devons jouer le même jeu que son meurtrier: faire disparaître le corps et la voiture avant demain matin." »

Narcisse n’aurait vraiment pas dû accourir chez Édith, après l’appel au secours de celle-ci. Il n’aurait pas vu alors sur le carreau du salon le corps de Katouka, et compris qu’il avait partagé la maîtresse d’un homme qui était comme le vice-président du pays. Et, bien sûr, il ne se serait pas trouvé ainsi pris dans l’engrenage d’une disparition forcément suspecte et même menaçante...

Un lieu où il est bien difficile de distinguer le crime de son contraire. La violence comme moyen politique ou moral.

Éditions GALLIMARD