05 novembre 2008

Une peur noire

de William Irish

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Pas un bruit ne troublait le silence oppressant. Indubitablement le fumeur voulait passer inaperçu, mais il n'avait pas compté sur sa cigarette. Fasciné, je ne pouvais en détacher les yeux. Je ne bougeais toujours pas tandis que la cigarette continuait à s'éteindre et à se rallumer au gré du souffle.

Tout à coup le point lumineux s'avança vers moi, très lentement, inexorablement. Le point rouge était tout près maintenant, si près que j'en sentais la chaleur sur mon visage. Mes nerfs étaient tendus à se rompre. Je haletais et je rassemblais toutes mes forces, prêt à un combat inégal et monstrueux.

J'avançais déjà les poings lorsque soudain quelque chose de froid et de métallique me toucha le cou, juste à côté de l'oreille, là où les tendons sortaient comme des cordes. C'était aigu comme un ongle ou comme la pointe d'une fourchette et cela piquait ma peau sans pourtant la déchirer.

Éditions POCKET

Édition originale: Presses de la Cité (1956)

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Une étude en noir

de William Irish

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Une jeune femme, seule, dépressive, range sa chambre et tombe par hasard - mais est-ce réellement un hasard ? - sur le seul objet que lui a légué son défunt père : un revolver.

Elle le manipule, le tourne, le retourne puis, mue par une impulsion subite, le colle contre sa tempe. Et presse la détente. Rien ne se produit. Folle de joie d'avoir survécu, la jeune femme jette l'arme sur une table proche. Rate son but. Le revolver tombe à terre. Et le coup part...

Soudain, par la fenêtre ouverte, un gémissement attire l'attention de la jeune femme : une passante gît à terre sur le trottoir, mortellement blessée. Par elle.

Éditions POCKET

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Trop beau pour mourir

de William Irish

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Il était maintenant seul dans la maison avec le cadavre d'une femme assassinée, mais cela ne l'effrayait pas. Ce qui le tourmentait, c'était comment emmener ce cadavre, alors que leur maison était environnée d'autres villas. Pourtant, il lui fallait la sortir de là et, la couper en morceaux pour la fourrer dans une valise était d'autant moins envisageable qu'elle avait un rendez-vous, où il lui fallait arriver intacte pour se faire assassiner.

Bien qu'elle fût déjà on ne peut plus morte, son assassinat ne serait perpétré que dans plusieurs heures et loin du bungalow. Pour les détails, on allait voir. Ce qui importait avant tout, c'était de lui faire quitter cette maison où aucun meurtre n'avait été commis, pour lui faire rejoindre son assassin, lequel ignorait tout du rôle qu'il allait jouer à son insu...

Éditions POCKET

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Tous les coups sont permis

de William Irish

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Rien n'attise plus la haine que la réussite d'un rival. On garde une dent contre le dentiste... et l'on s'en sert pour monter un affreux traquenard que l'on espère bien fatal. Ou, tel Nick Demetrios, on paie un homme de main qui se chargera de supprimer le restaurateur concurrent en imaginant une histoire de pneu à plat.

Ou l'on voue au feu celle qui vous a supplantée sur l'écran comme l'héroïne de Bout d'essai... C'est compter sans le grain de sable jeté dans les machinations les mieux montées par cet élément indéfinissable qui s'incarne dans un ami fidèle ou un policier astucieux, manifestation peut-être de l'ironie du sort qui admet parfois que tous les coups sont permis, mais seul le résultat compte pour cette force obscure qui se rit des hommes.

Il y a de l'humour noir dans sa façon de conclure, drôlement fortiches ces Américains, mais plus de gaieté dans la course de la pomme qui finit sous le pas d'un cheval. L'Idole aux fesses d'argile appartient comme La Honte à un autre registre. Par contre, le destin se fait complice de La Lune de Montezuma et régit la vie d'une autre plus encore que l'argent, cause première de l'épouvante qui règne dans Et soudain plus d'Alice.

Onze nouvelles de « détection » plaisantes ou poignantes mais, toujours diverses et divertissantes.

Éditions LE LIVRE DE POCHE

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Six nuits de tonnerre

de William Irish

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Entre le crépuscule et les premières lueurs de l'aube, cinq hommes et une femme vont jouer leurs vies contre la chance qui les trahit, contre le destin qui les accable, contre leurs semblables qui les ont déjà condamnés.

Dans la solitude hostile de la nuit new-yorkaise et dans la banlieue de Chicago, à Hollywood comme à Montréal, à Brooklyn comme à Zacamoras, six pièges identiques se sont refermés sur six victimes innocentes. Six "faux coupables" doivent, avant le lever du jour, retrouver les autres auteurs des crimes dont on les accuse avant qu'il ne soit trop tard.

Une course désespérée contre la mort, un suspense haletant conduit par l'un des maîtres du roman noir américain.

Éditions POCKET

Édition originale: Presses de la Cité (1951)

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Si le mort pouvait parler

de William Irish

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Le silence. Le silence tapit autour d'elle comme une bête prête à bondir. Le silence vibrant comme un tambour mais qui se prolonge tellement qu'il finit presque par engendrer l'espoir.

Puis un bruit léger, à peine audible... le glissement d'une fenêtre à guillotine que l'on referme.

Éditions PRESSES DE LA CITÉ

Édition originale (1956)

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Retour à Tillary Street

de William Irish

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Pourquoi l'homme aux yeux gris poursuivait-il Frank Townsend ? Pourquoi avait-on enfoncé sa porte au milieu de la nuit ? Pourquoi la jeune fille inconnue pleurait-elle en le voyant ? Le danger, Frank voyait le danger partout.

Mais quel crime avait-il pu commettre pour être en danger ? Replongeant dans la brume d'où il était sorti, il va rechercher la solution de l'énigme dans cette impasse grouillante de la grande ville qui s'appelle "Tillary Street."

Tous les lecteurs de William Irish, devinent le parti que ce maître du "suspense" et de l'angoisse peut tirer d'un thème aussi étrange.

Éditions EURÉDIF

Édition originale: Ditis (1954)

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Rendez-vous mortel

de William Irish

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Une baignoire remplie de sang...un amnésique injustement accusé d'un assassinat...une étrange demeure où la mort rôde dans des passages secrets...un détective déguisé en gigolo...le meurtre d'une actrice... un suicide raté...

Tels sont certains des ingrédients qui composent ce volume de six textes inédits de William Irish, "l'Edgar Poe" du XXè siècle.

Éditions LE LIVRE DE POCHE

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Rendez-vous en noir

de William Irish

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Les arbres, de plus en plus nombreux, épaississaient la nuit. Elle marchait toujours, sans jamais tourner la tête, parce qu'elle avait trop peur. La route se mit à monter et, avec un soudain frisson, la jeune fille se rendit compte qu'elle avait pris le chemin conduisant au cimetière. Elle s'arrêta, tourna et s'engagea à travers champs. Elle ne regardait toujours pas derrière elle. Peut-être, à présent, en eût-elle été incapable, tant la peur la paralysait. Cependant, lorsqu'elle eut atteint Ie milieu de la prairie, elle s'arrêta et, lentement, tourna sur place, pour faire face à la direction d'où eIle venait.

Alors elle vit queIque chose de noir, de petit et de noir, qui se dirigeait vers elle à travers l'étendue laiteuse, en se frayant un chemin au milieu des hautes herbes, comme elle l'avait fait. L'envie de fuir la saisit et tout son corps trembla de l'effort qu'elle dut faire pour la vaincre. Nul secours ne pourrait l'atteindre avant qu'il ne fût trop tard.

Éditions PRESSES DE LA CITÉ

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New York blues

de William Irish

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Dire que l'amour est un des ressorts les plus puissants des actes humains est une définition commode mais vague car le mot recouvre bien des variétés: le dévouement d'un Larry Weeks envers son père, par exemple, qui lui donne la force de déplacer les montagnes - ou plutôt un cadavre - sans ajouter par malheur l'ingéniosité nécessaire pour tromper a police sur l'endroit où avait été pris rendez-vous avec la mort.

La justice immanente veille toutefois, comme dans le cas Irma, acharnée elle aussi à sauver un homme du couperet de la guillotine qui l'attend en haut des marches. Passionnée encore cette Joan Donovan résolue à arracher son mari au caïd qui a juré :<< on te fera la peau, Johnny.>>

Éditions LIBRAIRIE DES CHAMPS-ÉLYSÉES

Édition originale: Le Livre de Poche (1977)

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