1942 - 1995

Biographie

Jean-Patrick Manchette est né en 1942 à Marseille, où la guerre a temporairement conduit ses parents; il passe la majeure partie de son enfance et de son adolescence à Malakoff, dans la banlieue sud de Paris. Issu d'une famille relativement modeste, il se montre bon élève et témoigne dès son plus jeune âge d'un goût très vif pour l'écriture.

Au cours de son enfance, puis de son adolescence, il écrit des centaines de pages où les pastiches de mémoires de guerre ou de romans de Science-Fiction cèdent peu à peu la place à des tentatives de littérature "sérieuse". Lecteur boulimique, passionné par le cinéma américain et le jazz (il joue lui-même du saxophone alto), il devient également fervent praticien du jeu d'échecs et des jeux de stratégie en général. Destiné par ses parents à une carrière d'enseignant, il abandonne à leur grand désarroi ses études à l'E.N.S. sans terminer aucun diplôme, pour tenter de vivre de sa plume. Il enseigne un semestre le français en Angleterre, dans un collège pour aveugles de Worcester, puis revient en France.

Militant d'extrême-gauche pendant la guerre d’Algérie et auteur d'articles et de dessins pour le journal "La Voie Communiste", il s'écarte ensuite de l'action sur le terrain et est fortement influencé par les écrits de "l'Internationale Situationniste". Son ambition initiale est de devenir scénariste pour le cinéma, dans l'espoir d'y parvenir, il se lance dès 1965 dans une série de travaux alimentaires nombreux et variés: scénarios de courts métrages, écriture de synopsis, puis de deux films sexy pour Max Pecas.

En 1968, il rencontre son premier succès en rédigeant, avec Michel Levine, les scénarios et dialogues de onze épisodes de la série TV "Les Globe-trotters" réalisée par Claude Boissol. Parallèlement, il écrit des novélisations de films à succès ("Mourir d’aimer", "Sacco et Vanzetti) et d'épisodes des "Globe-trotters", des romans pour la jeunesse, des romans d'espionnage, etc.

Seul ou avec son épouse Mélissa, il s'attaque également à la traduction de nombreux ouvrages de langue anglaise, majoritairement des romans policiers ou des livres sur le cinéma (mémoires de Pola Negri, biographies de Humphrey Bogart ou des Marx Brothers, etc.). Mais ces travaux ne le rapprochent guère de la carrière à laquelle il aspire. L'idée d'écrire des romans lui apparaît alors comme une nécessité car il pense que, ses livres publiés, le cinéma s'y intéressera peut-être, il considère en ce sens l'écriture de son premier roman comme un point de passage obligé vers le cinéma.

C'est assez logiquement que Jean-Patrick Manchette se tourne vers le roman noir, car il est déjà féru de ce genre littéraire et apprécie l'écriture du romancier américain Dashiell Hammett. Ayant adressé son premier manuscrit, L'Affaire N'Gustro, aux Éditions Albin Michel fin 1969, il se voit orienté par l'éditrice et écrivaine Dominique Aury vers la collection Série noire que dirige Marcel Duhamel aux Éditions Gallimard. Son travail y est accueilli avec intérêt, mais on lui demande des retouches ; il les exécute dans les mois qui suivent, tout en travaillant sur un autre roman en collaboration. En février 1971 paraît un premier roman, Laissez bronzer les cadavres !, écrit à quatre mains avec Jean-Pierre Bastid, puis deux mois après, un second, L'Affaire N'Gustro; neuf des onze romans de Jean-Patrick Manchette seront édités dans la collection Série noire

Ces livres marquent le coup d'envoi de ce que Manchette lui-même baptise par la suite le « néo-polar », genre en rupture radicale avec la Série noire française des années 50/60. En s'appuyant sur la pensée situationniste, Manchette utilise la forme du roman policier comme tremplin à la critique sociale. En 1972, il publie Ô Dingos, ô châteaux !, roman dans lequel une jeune nurse et un garçonnet, fils de milliardaire, sont pourchassés par un tueur psychopathe et ses complices; il obtient le "Grand Prix de littérature policière" en 1973. Deux romans vont faire apparaître le personnage d'Eugène Tarpon, Morgue pleine et Que d’os !. Tarpon est un détective privé à la française, ancien gendarme responsable de la mort d'un manifestant et rongé par le remords, qui jette sur le monde un regard désabusé et se trouve mêlé à des affaires fort embrouillées. En 1976 paraît Le Petit bleu de la côte Ouest, qui suscite à sa sortie des articles de presse revenant sur « le malaise des cadres » dans les sociétés libérales.

Dans les années qui suivent, cependant qu'il est régulièrement identifié par la presse comme le père spirituel du courant néo-polar, Jean-Patrick Manchette ne publie plus de romans, mais il continue à écrire pour le cinéma ou la télévision, à traduire et à rédiger ses chroniques sur le roman policier. Il pense avoir conclu un cycle avec son dernier roman, qu'il conçoit comme une « fermeture » de son travail sur le champ du roman noir. 

À partir de 1996, après son décès, paraissent plusieurs ouvrages qui témoignent de son activité durant les années où il n'a pas publié, en particulier le roman inachevé La Princesse du Sang, thriller planétaire entamé en 1989, qui devait marquer le début d'un nouveau cycle romanesque intitulé "Les gens du Mauvais Temps" et voir s'ouvrir une autre phase de la carrière de l'auteur, tournée vers une relecture sur le mode romanesque de l'Histoire contemporaine depuis l'après-guerre.

(Sources: Wikipedia)

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Résumés

  1. Fatale (Éd. Gallimard - 1996)
  2. L'affaire N'Gustro (Éd. Gallimard - 1996)
  3. L'homme au boulet rouge (Éd. Gallimard - 2006)
  4. La position du tireur couché (Éd. Gallimard - 1995)
  5. La princesse du sang (Éd. Rivages - 1996)
  6. Laissez bronzer les cadavres ! (Éd. Gallimard - 2005)
  7. Le petit bleu de la côte ouest (Éd. Gallimard - 1995)
  8. Morgue pleine (Éd. Gallimard - 1996)
  9. Nada (Éd. Gallimard - 1995)
  10. Ô dingos, ô châteaux ! (Éd. Gallimard - 1987) etoile
  11. Que d'os ! (Éd. Gallimard - 1996)

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Autres titres

  • Cache ta joie ! (Théâtre et nouvelles) 
  • Chroniques (Textes sur le roman noir)
  • Journal (1966 - 1977)
  • Les yeux de la momie (Chroniques sur le cinéma)

Bonne lecture