de William P. McGivern

Retnick avait médité sa vengeance longuement, amoureusement - cinq ans de détention, ça vous permet de fignoler la technique.

Mais il avait oublié un précepte essentiel : «La vengeance est un plat qui ne mange froid».

C'est donc avec une ardeur rageuse, un appétit glouton qu'il s'attaqua à ce festin empoisonné.
- J'en viendrai à bout ! disait-il.

Hé ! oui, mais il se suffit pas de satisfaire sa fringale, il faut encore, une fois la vengeance consommée, payer l'addition - l'addition qu'en langage populaire on appelle «la douloureuse».

Éditions GALLIMARD