13 juin 2015

Les enfants du créateur

de Michel Carnal

les enfants du createur

... Les Sectes... Personne ne s'en préoccupe vraiment et pourtant il existe en cette fin de XXe siècle des groupes mystiques qui profitent de l'ébranlement de notre vieille civilisation pour s'étendre tentaculairement dans tous les pays du monde, même à l'Est... Elles ne dissimulent même pas leur but: transformer l'homme afin d'en faire un robot docile à je ne sais quelles suggestions... Ces sectes-là sont puissantes. L'une d'elles compte plus de deux millions d'adeptes dans une centaine de pays et ses ressources financières sont fabuleuses...

Rendez-vous compte, Larsan, ce que représenterait, pour ces organisations, de disposer de moyens thérapeutiques capables de modifier les impulsions fondamentales de l'individu ?... D'en faire à volonté un abruti, un sadique, ou un monstre ?..

Éditions FLEUVE NOIR

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Le chemin de la solitude

de Michel Carnal

le chemin de la solitude

Avant la fin du dîner ils se tutoyaient ; à l'Alcazar elle donnait sa bouche... Aussi avait-il tout naturellement proposé, sur les trois heures du matin, de venir prendre le dernier verre chez lui.

— Vous verrez, j'habite une maison drôle, dans un drôle de quartier, sous les toits...

Elle avait ri.

— Non, mon petit Vatlas. Tu comprends, ça serait quand même un peu trop facile, un peu trop simple. Tu n'as pas l'air d'un tombeur, mais si je tombe, tu le prendrais vite, le genre. J'ai horreur.

Et comme il avait grimacé, fort vexé et déçu, elle lui avait tapé sur le nez du bout des doigts.

— J'ai dit non pour ce soir, pas pour tout le temps, grosse bête !...

Éditions FLEUVE NOIR

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Un coin de paradis

de Michel Carnal

un coin de paradis

Je me passai la main sur le front. Sans les deux corps étendus et la torche qui grésillait dans les joncs, j'aurais cru avoir rêvé. Mais je n'avais pas rêvé et mon paradis était à jamais perdu.

Je me relevai lentement et, plus lentement encore, rejoignit Kullut qui, sur la piste, examinait les cadavres. L'un, l'homme à la torche, était roulé en boule comme s'il eût cherché à l'instant de la mort à retrouver la rassurante position foetale; l'autre était allongé à plat dos avec le bras curieusement ramené sur les yeux comme un homme endormi qui se protège du soleil.

Le sergent Kullut retourna l'un des cadavres d'un coup de pied, cracha sur le sol et me regarda.

- Cette embuscade n'est pas normale, mon capitaine, dit-il.

J'ai haussé les épaules.

- Elle est normale si l'on admet l'existence dans la région d'un maquis actif.

Éditions FLEUVE NOIR

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Monnaie d'échange

de Michel Carnal

monnaie d'echange

Sur les talons de Ludwig, les hommes se précipitèrent. À la lueur de la rampe, le hall prenait d'étranges proportions.

Soudain, quelque part, une porte claqua. Ludwig éteignit sa torche, les assaillants se figèrent.

Dans l'escalier qui menait au premier étage, la lumière s'alluma. Une silhouette se précisa dans le contre-jour. Un homme descendait, une arme à la main, grommelant en italien.

Assourdies par un silencieux, deux détonations claquèrent. L'homme s'abattit, tête en avant, et vint s'écraser en bas des marches comme un pantin désarticulé. Du pied, un Chinois retourna le corps. L'homme vivait encore. D'un coup de lame, il l'égorgea.

Éditions PRESSES DE LA CITÉ

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Objectif: Pétrole

de Michel Carnal

objectif petrole

D'après nos informations, un directeur en tournée d'inspection — venant de Fort-Polignac et se rendant à Hassi-Messaoud — s'arrêtera prochainement au camp de Zarzaïtine. Il doit être en possession d'un dossier — couverture portant l'inscription manuscrite "SONDAGES EL DJERID" — enfermé dans une serviette de cuir brun.

C'est un homme intelligent, courageux, mais impulsif et très sûr de soi.

Vous devrez faire le nécessaire pour photographier, ou à défaut prendre connaissance des pièces constituant le dossier.

Éditions PRESSES DE LA CITÉ

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Du monde aux Balkans

de Michel Carnal

du monde aux balkans

Il était trop tard, maintenant, avec un moteur qui déraillait, pour qu'il pût suivre son plan primitif. Il se pencha sur l'acoustique.

- Zaco, monte un peu.

Lorsque le mécanicien l'eut rejoint, Librak désigna un cadran sur le tableau de bord.

- Regarde.

Zaco se pencha. Alors, Librak, d'un geste froidement calculé, abattit une lourde clé anglaise sur la tête offerte. Crâne défoncé, Zaco s'écroula. Du sang et des débris de cervelle avaient jailli sur la vitre du compas. Sans émotion, Librak les essuya avec un chiffon sale. Puis, tirant le cadavre par les pieds, il l'approcha de la lisse, le poussa du pied.

Devant lui, la côte devenait distincte. Librak repéra une minuscule crique sablonneuse, gouverna droit dessus. Lorsque le bruit du ressac l'avertit du manque de fond, il coupa le moteur. Le brusque silence le surprit. Courant sur son erre, entraînée par la violence des lames, la vedette fila vers la berge. Il y eut un long froissement, puis un choc rude.

Éditions PRESSES DE LA CITÉ

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Affaire classée

de Michel Carnal

affaire classee

Un jour, ou l'autre, cela finira mal, très mal. Lâche, saboteur, assassin !

Il a les mains moites. Dans la vaste poche de son ciré luisant, il tâte les outils, le métal froid, si peu de chose en somme, si l'on considère le résultat. Tout est prévu. Il lui faut en tout sept minutes. Deux pour gagner le local de l'émetteur VA2, deux pour faire son sale boulot, trois pour aller se mettre à table avec les autres.

Éditions PRESSES DE LA CITÉ

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Le négociateur

de Michel Carnal

le negociateur

Eh oui, Philippe Larsan et Michel Carnal sont de retour, l'un écrivant les histoires de l'autre, à moins, ma foi, que ce ne soit le contraire...

Ils sont rentrés bien sagement, ou presque, au pays natal après de longues virées buissonnières dans les pays du soleil, où l'on entend le ressac claquer contre les récifs de corail et où les pélicans plongent sans fin dans les mers de cartes postales.

On y entend parfois d'autres bruits, entre Bogota et Caracas, entre Trinidad et Curaçao. La sonorité sourde d'un monde en train de naître. Et pourquoi pas, parfois, quelques coups de feu ?

Philippe Larsan vous en parlera...

Éditions FLEUVE NOIR

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La longue route

de Michel Carnal

la longue route

Elle avait la main tendue vers le cordon de la sonnette, mais ne poursuivit pas son geste. Elle se retourna et marcha lentement vers moi. Son regard était parfaitement vide.

 _ Combien ? espèce d'enfant de putain, dit-elle.

Je l'avais déjà rencontrée, mais sous d'autres cieux. Elle portait alors une longue robe indienne sous laquelle elle était nue; un collier de graines rouges autour du cou et un anneau d'argent à la cheville. Elle était jeune, belle et droguée...
Nos routes s'étaient croisées puis séparées. Je lui avais évité la potence, elle m'avait évité quelques balles dans le corps...

Aujourd'hui nous nous retrouvions. Elle était l'épouse d'un juge et moi accusé d'un trafic assez infâme. Elle pouvait soit m'aider, soit me trahir...

Elle pouvait également faire les deux. Je l'aimais bien...

Éditions FLEUVE NOIR

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À l'ouest d'Aden

de Michel Carnal

a l'ouest d'aden

L'affaire proprement dite commença tout simplement par un coup de téléphone au Consul français d'Aden, l'avisant du meurtre commis par un ou plusieurs inconnus sur la personne de Pierre Ladevèze, agent commercial.

L'officier de police, Laird Mackintosh, qui s'occupait de l'enquête, ajouta que, selon l'usage, les scellés avaient été posés sur la maison du crime et qu'il serait reconnaissant à un employé du Consulat de bien vouloir venir pour assister au bris des "dits", et à l'inventaire qui devait être fait des biens et objets personnels du défunt.

L'opération, qui semblait devoir être de pure routine, prit soudain un aspect inattendu, lors de la découverte, dans une pièce apparemment condamnée du premier étage, d'un poste émetteur S.C.R. 193, d'une portée de 15 à 100 km, alimenté par batterie, d'une antenne dite "parapluie", démontable, et de deux mitraillettes israéliennes UZI en parfait état de fonctionnement.

Éditions PRESSES DE LA CITÉ

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