07 août 2012

La chasse au Fauve

de Peter Randa

la chasse au fauve

- Tu as besoin de dix mille francs, confirme Fauvel.

- Oui.

- Tu as quel âge?

- Dix-neuf ans.

- On ne le croirait pas.

Sans répondre, elle ouvre le petit sac de cuir bleu posé sur la banquette et en sort un passeport italien. Toujours silencieuse, elle le tend à Fauvel : "Francesca di Faenza née à Padoue le 18 mars 1959." La photo colle... Fauvel rend le passeport et Francesca précise d'une voix aux intonations brisées par l'émotion:

- Vous n'avez rien à craindre, je ne suis pas mineure.

- Pourquoi as-tu besoin de dix mille francs?

- Comptez-vous faire l'amour avec mes raisons ou avec moi ?

Éditions FLEUVE NOIR

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Fauvel et les terroristes

de Peter Randa

fauvel et les terroristes

Pensif, Fauvel boit une gorgée de café puis murmure:

- Si la police italienne n'arrête pas les assassins, ou si les juges se montrent trop complaisants, je vengerai Di Faenza. Je lui dois bien ça.

- Vous le considériez comme un ami ?

- Pas au départ, mais j'ai contracté une dette envers lui et surtout envers sa femme.

Fauvel a une moue:

- Il n'était même pas un homme politique. Un savant. Il s'est fait élire député indépendant d'Albano pour disposer d'une tribune et lutter contre toutes les compromissions dont l'Italie est en train de mourir.

Il a un sourire plein d'amertume:

- Dont tout le monde occidental est en train de mourir. Je me bats pour cela...bientôt, on ne pourra plus avoir recours aux solutions légales à cause des politiciens. Je serai là pour les autres solutions.

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Fauvel et les pourris

de Peter Randa

fauvel et les pourris

Un long frisson secoue Ménard et il bégaie :

- Je ne connais pas ce Lopez... Je n'ai permis à personne de s'allonger dans ma voiture.

- Fais attention à tes paroles.

- La vérité. II y a un homme dans ma voiture... pas à l'arrière... dans le coffre. On l'y a fourré à mon insu. Je l'ai découvert en voulant retirer ma valise en arrivant chez moi. Ça m'a fichu un coup et je suis reparti. Un peu désemparé. Je vous ai vu devant la maison et je vous avais déjà repéré chez Borel. Je vous prenais pour un flic.

- Déjà chez Borel ! Tu as l'oeil, dis donc?

- Je suis observateur.

Fauvel se penche vers l'avant et ordonne :

- On repart rue de Dunkerque.

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Fauvel et les petits détails

de Peter Randa

fauvel et les petits details

Fauvel se précipite... Michou remonte en courant de la plage et Laurence explique rapidement : 

- Elle parlait à un de ces  deux types. Ils rôdent autour de la propriété depuis trois jours.

Un homme marche en se dépêchant vers une voiture arrêtée un peu plus loin au bord de la route... Fauvel a juste le temps de le court-circuiter... Ils convergent en même temps vers une vieille 504 où un autre homme, assis au volant, met précipitamment le contact.

Fauvel est le plus rapide et arrive à la voiture en même temps que l'homme auquel Michou parlait. Il a le temps d'ouvrir la portière du conducteur avant d'empoigner l'autre par le bras. D'une torsion, il l'oblige à plier les genoux jusqu'à coller son visage au sol. En même temps, il agrippe le conducteur au collet et gronde :

- Essaie de sortir une arme, et d'une secousse, je te brise la nuque.

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Fauvel au carnaval des barbeaux

de Peter Randa

fauvel au carnaval

- Et me voilà en pleine forme... Un défi aux sacro-saintes règles de la médecine... Onze blessures... Toutes auraient pu être mortelles.

- Un miracle.

- La baraka.

- Des gens comme moi ne peuvent survivre que s'ils ont à la fois la chance avec eux et les moyens physiques appropriés ... En tout cas, je me sens bien... Mes forces sont revenues... Je ne crains plus rien, ni personne.

- Médicalement exact... Méfiez-vous tout de même des retombées..., murmure Fargeau. À force de tirer sur la corde...

- Pour le moment, je vais me tenir tranquille... Nous avons de l'argent... Plus qu'il ne nous en faut... Certes, il ne durera pas toujours, mais je suis en train de m'organiser...Désormais, nous ne sommes plus des hommes traqués.Nous ne fuirons pas sans savoir où aller...

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06 août 2012

Week-end sauvage

de Peter Randa

week end sauvage

La Belle Côte !... En rentrant, nous nous sommes arrêtés dans une auberge pour dîner, ça nous a un peu retardés. Il n'est pas loin de minuit lorsque je m'engage dans le chemin privé qui conduit au portail de la maison de Lemontier.

Dans la cour, j'aperçois tout de suite une voiture arrêtée devant la porte de la salle à manger qui est brillamment éclairée. Derrière la voiture, un homme se dresse tout de suite. Un homme au visage aigu et brutal le stoppe, puis je saute à terre.

Il y a deux autres hommes dans la salle à manger et ils se sont levés... Un fort gaillard d'une cinquantaine d'années au visage lourd et un barbu. Le type, qui s'est dressé derrière la voiture, pointe sur nous un pistolet prolongé par un silencieux... Nous allons entrer dans le vif du sujet.

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Week-end au septième ciel

de Peter Randa

week end au 7e ciel

- Votre femme est à Toulouse, je crois.

- Elle est en route pour y aller en tout cas.

- Vous en êtes certain ?

- Que voulez-vous dire ?

- Elle a pris le Sud-Express. Vous l'avez accompagnée à la gare, mais vous n'avez malheureusement pas pu attendre le départ du train car vous aviez un rendez-vous urgent.

- Et alors ?

À peine étiez-vous sorti de la gare que Mme Lantier est descendue du train.

- Pourquoi ?

- Vous ne devinez pas ?

- Un homme ?

- Votre meilleur ami.

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Une fille vraiment paumée

de Peter Randa

une fille vraiment paumee

Après l'opération, Agathe n'en menait pas large et je lisais l'inquiétude sur tous les visages... On s'attendait chaque nuit à une issue fatale et les jours ont passé... l'état général ne s'est pas amélioré, mais le coeur a tenu... Le coeur ! C'est ce que nous avons de plus fragile... et une femme presque sans force...

Un vrai miracle si elle est encore vivante. Je fais la grimace. Un miracle dans le mauvais sens pour moi. Du moins, pour le moment... Je pousse la porte. Agathe se repose. Je la détaille d'un regard aigu. Elle paraît dormir calmement. Son souffle est régulier et je la trouve moins pâle.

Hier, elle semblait livide. "Nom de Dieu ! Elle ne va tout de même pas s'en tirer".

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Une chance sur mille

de Peter Randa

une chance sur mille

Un virage... L'averse redouble et notre voiture est littéralement assaillie. On ne doit pas voir à dix mètres et soudain le chauffeur jure en appuyant désespérément sur son frein... La bagnole se cabre pendant qu'une lumière crue nous tombe dessus.

Une clarté crue et éblouissante qui déchire le rideau de brume et une masse énorme se profile devant nous... Un des inspecteurs pousse un cri... Moi, je ramène vivement mes deux bras devant mes yeux en les croisant... Un choc terrible... Je roule sur moi-même... puis je prends un coup de fraîcheur...

L'inspecteur Rochet a dû être éjecté car Il n'est plus là... Il a percuté un arbre et il a le crâne ouvert... L'autre inspecteur qui se trouvait à ma gauche est mort aussi comme le chauffeur dont la poitrine est complètement défoncée... Ils sont tous morts sur le coup...

Je suis le seul à m'en tirer... et d'un coup, je me retrouve libre...Évadé...

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Racket à l'encan

de Peter Randa

raket a l'encan

Tout ce qui peut faire du fric l'intéresse... et du fric il en fait. Un de ces hommes qui transforme tout ce qu'il touche en bénéfice.

Ce matin, il a vendu des diamants. Tout un lot de diamants à un vieux juif qui ne payait pas de mine... Ça ne l'a pas empêché de raquer cash un gros paquet de billets de cinq cents balles. Pas de facture. Une opération neutre comme dit Dervaux. Les diamants n'étaient sans doute pas catholiques.

Je l'admire. Il prend des risques, seulement ils sont toujours soigneusement calculés.

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