06 août 2012

Les cartes étalées

de Peter Randa

les cartes

Ce qui s'est passé il y a douze ans n'a absolument aucune importance... Mon père a eu tous les torts, j'aurais dû l'envoyer sur les roses, mais devant lui, je tremblais car c'était une espèce de tyran.

Marrant !... Je ne lui en veux même pas... J'ai cédé parce que devant lui tout le monde cédait... Tout le monde a toujours cédé depuis toujours... Et puis c'était son droit de me flanquer à la porte sans un sou.

La seule chose que je lui reproche c'est de m'avoir obligé à divorcer... Fabienne et les enfants... En les perdant, j'ai perdu mon courage... Et il y avait du louche dans toute l'histoire... Du louche qui est déjà responsable d'un meurtre.

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Le venin des mauvaises pensées

de Peter Randa

le venin

Le voilà un peu penché... Pas trop... je remonte le canon du fusil et j'ai sa tête exactement dans le viseur... Le coeur battant, j'appuie sur la détente...

Le recul de mon arme me fait sursauter, mais je reprends tout de suite la position... Felton est resté debout, mais il a pivoté sur lui-même... Le sang commence à couler de son visage.

De nouveau je l'encadre, et je tire une seconde fois...

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Le tortionnaire

de Peter Randa

le tortionnaire

_ Ravi de vous rencontrer, René Cordey.

Une voix brutale, un rien menaçante. Devant lui, je me sens immédiatement mal à l'aise.

_ Vous désirez ?

Je m'apprête à le virer sans ménagement lorsqu'il dit :

_ Vous parler de l'après-midi du 4 juillet 1967... Une date que vous n'avez certainement pas oubliée.

Ses paroles me font l'effet d'un contre à l'estomac... Grand Dieu non, le ne t'ai pas oublié cet après-midi-là... Je dois pâlir affreusement car l'autre a un ricanement.

_ Le mardi 4 juillet 1967... Sur la nationale 448, le long de la forêt de Sénart.

Je pourrais réagir, protester, prétendre que cette date ne me rappelle rien du tout, mais je sais déjà que ce serait inutile... Il y a dans cet homme qui entre chez moi une assurance qui ne me laisse pas la moindre chance... Et puis, sa fausse barbe et ses fausses moustaches m'impressionnent.

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Le rendez-vous du matin blême

de Peter Randa

le rendez vous du matin bleme

Le couloir s'élargit tout de suite au point de former une véritable caverne... J'aperçois des caisses et des ballots. En pagaille, mais ce qui retient tout de suite mon attention en m'arrachant un véritable sursaut, c'est le corps d'un homme étendu par terre devant une caisse.

Une angoisse folle me mord le ventre et un frisson me secoue... Pris de panique, je suis prêt a fuir mais je me domine et je me penche... Cet homme, je ne l'ai jamais vu. Sa chemise est pleine de sang et, à la main, il tient encore une arme, un Mauser.

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Le racket du glandier

de Peter Randa

le raket du glandier

Je me suis laissé embobiner et me voilà en route pour Lansart en cherchant déjà le moyen de faire évader Lélia Vermeer, car il faut que je puisse lui parler et il n'est pas question qu'on m'accorde une autorisation de communiquer.

Ouais... J'étais tranquille et voilà que je vais me relancer en pleine illégalité... Ce serait le côté plutôt amusant de la chose, car de toutes façons ça me manquait. Depuis longtemps, je n'ai plus défié la police... et sans la police à mes trousses c'était l'aventure sans piment.

J'ai l'impression que ça va changer.

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Le guêpier de la vallée

de Peter Randa

le guepier de la vallee

Gino secoue la tête :

_ Je n'aime pas m'embarquer quand je ne sais pas jusqu'où ça peut aller.

_ On le sait, répond Lefranc.

_ Du moment qu'on doit sortir et montrer un pétard on court le risque qu'un corniaud vous oblige à tirer.

_ Tout le monde aura la trouille.

_ II suffit d'un abruti qui se prend pour Zorro... C'est encore arrivé la semaine dernière à Marseille... Justement dans une banque... Un mec n'a écouté que son courage et il s'est fait descendre.

Raoul Lefranc reste silencieux. S'il cédait à sa première impulsion il aurait des mots durs pour Gino, mais ce serait une mauvaise tactique...

Dangereux, Raoul Lefranc. Un casseur... Il n'aime pas qu'on lui manque... ni qu'on se dégonfle, mais cette fois, Gino il a besoin de lui... alors il préfère le travailler en douceur.

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La matin du dernier jour

de Peter Randa

le matin du dernier jour

Tous les yeux sont rivés sur deux nouveaux bandits qui arrivent... Deux gars au visage dissimulé également sous un bas de nylon et derrière lesquels le jeunot a baissé le rideau de fer.

Un petit gros et un grand gaillard dont la silhouette me rappelle quelque chose... Oui... J'ai même une exclamation de surprise... Seulement je ne peux pas y croire... Ce n'est pas possible... Pourtant ce costume je le reconnais... Un vieux costume de tweed brun dont le bas du pantalon est rapiécé.

Ce costume, mon beau-frère le portait dimanche dernier. A la pêche... Médusé, je bredouille :

- Bertrand...

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Le grand coup de foudre

de Peter Randa

le grand coup de foudre

Je sais qu'avec Laurence ce serait fini pour toujours si je faisais l'imbécile à ce point et c'est ce qui me retient...

Les voilà devant la Ferrari. Le type ouvre la portière côté volant, mais il ne monte pas... Je vois Laurence déposer une petite valise noire sur le siège arrière puis c'est elle qui offre ses lèvres "au vieil ami "... pour un baiser plutôt fougueux.

Et la garce qui m'affirmait que de toute façon ce n'était pas ce que je croyais... La colère m'envahit d'un seul coup... Une colère qui efface tous les genres de raisonnement...

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Le carnaval des Sterlé

de Peter Randa

le carnaval

- Tu n'as jamais eu honte d'être un Sterlé ?

- Au contraire.

Il se détend légèrement.

- Tu t'es procuré les journaux de l'époque ?

- Tous !

- Pour les anciens, l'anarchie ça avait un parfum d'épopée, mais aujourd'hui ce n'est plus la même musique... Les vieux ne s'y retrouveraient plus... Mais ça vaut toujours la peine... enfin pour moi... Toi on t'a peut-être changé ?

- Non.

- Tu ne le sais pas encore... Si nous ne devions pas nous revoir, passe la main... Récupère mon héritage et profite de ce que je te laisse. Ne prend aucun risque... Tu seras en quelque sorte la revanche des Sterlé... Les flics nous aurons tous eu... Le grand-père, le père et moi... Tous... sauf toi dont la prospérité nous vengera en quelque sorte...

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Le banco des caves

de Peter Randa

le banco des caves

Albertine quitte la chambre... Son amant ne part jamais en même temps qu'elle... Je serre les poings... Elle parait bouleversée, Albertine... Il y a eu du tirage entre eux.

Je ricane et dès qu'elle a disparu j'avance dans le couloir... Voilà le 4... Je respire profondément, puis je frappe avec discrétion... En même temps, je saisis la poignée et je la fais tourner. Comme la porte n'est pas bouclée, j'entre :

- Nom de Dieu.

Le tableau que j'ai sous les yeux me fait l'effet d'une droite à l'estomac... L'amant d'Albertine est toujours là, étendu sur la carpette devant le lit... Il est recroquevillé avec un bras bizarrement plié en porte-à-faux sur l'épaule... Il est mort... Une balle l'a pris de bas en haut et lui a tranché net la carotide.

Pour du tirage, il y a eu du tirage entre les deux amants.

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