13 avril 2019

Par le vent pleuré

de Ron Rash

Ron Rash - Par le vent pleuré.Dans une petite ville paisible des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d'ossements ayant appartenu à une jeune femme dont personne n'avait plus entendu parler depuis des décennies.

Eté 1969. Ligeia débarque de Floride avec l'insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C'est l'époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead.

Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent à l'abri de ces révolutions, sous la coupe d'un grand-père tyrannique et conservateur, se laissent entraîner dans le tourbillon de tentations que leur propose cette sirène enjôleuse. Le temps d'une saison, Ligeia bouleversera de fond en comble leur relation et leur vision du monde, scellant à jamais leur destin avant de disparaître aussi subitement qu'elle était apparue.

À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé et à leur propre conscience, rejouant l'éternelle confrontation de Caïn et d'Abel dans une tonalité aux résonances dostoïevskiennes.

Éditions du SEUIL

Posté par elleon à 04:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


Un silence brutal

de Ron Rash

Ron Rash et Isabelle Reinharez - Un silence brutal.Dans ce coin des Appalaches, entre rivière et montagnes, que l'oeuvre de Ron Rash explore inlassablement depuis Un pied au paradis, un monde s'efface devant un autre : à l'enracinement des anciens à leur terre succède la frénésie de profit des entrepreneurs modernes.

Le shérif Les, à trois semaines de la retraite, et Becky, poétesse obsédée par la protection de la nature, incarnent le premier. Chacun à sa manière va tenter de protéger Gerald, irréductible vieillard, contre les accusations de Tucker, propriétaire d'un relais pour riches citadins curieux de découvrir la pèche en milieu sauvage.

Dans leur esprit, Gerald est incapable d'avoir versé du kérosène dans l'eau, provoquant la mort des truites qu'il aime tant. Mais alors, qui est le coupable ?

La voix de Becky incarne la poésie infinie de la prose de Ron Rash, dont la colère s'exprime dans la description des ravages de la meth, fléau des régions frappées par le chômage et délaissées par les pouvoirs publics.

Éditions GALLIMARD

Posté par elleon à 04:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

04 avril 2019

L'agent du chaos

de Giancarlo De Cataldo

Giancarlo De Cataldo - L'agent du chaos.Jay Dark a-t-il vraiment existé ? Deux hommes, un romancier et un avocat, se retrouvent dans des lieux insolites de la capitale romaine.

Maître Flint prétend raconter la véritable histoire de Jay Dark, agent de la CIA chargé de répandre les nouvelles drogues des années 70 dans les mouvements de contestation étudiants. On suit alors le parcours d'un jeune enfant des rues, cambrioleur à Manhattan, puis cobaye dans la célèbre clinique de Bellevue Hospital où fut lancé le Programme, qui expérimenta sur des patients plus ou moins volontaires les effets du LSD et de bien d'autres drogues.

On le retrouve au coeur de l'essor de la contre-culture, de Berkeley à Londres en passant par San Francisco et New York, des readings de Burroughs et Alexander Trocchi aux folies de Warhol et Timothy Leary, des errances en bus bariolé à l'essor des Black Panthers.

Mêlant sans cesse la réalité historique et la trame romanesque où se heurtent, s'allient, se tuent parfois, un sénateur réactionnaire, un savant fou ancien nazi, et aussi militants sincères, riches héritières, poètes et allumés divers, le roman pose la question : les mouvements de jeunesse et de la contre-culture des années 70 ont-ils été manipulés par les services secrets ? Et dans quel but ? Avec son puissant talent de conteur, De Cataldo nous fait revivre l'épopée d'une époque où tout a changé, pour que rien ne change.

Éditions MÉTAILIÉ

Posté par elleon à 03:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

25 mars 2019

Stoneburner

de William Gay

William Gay - Stoneburner.Trois hommes et une femme dans le Tennessee dans les années 70. Plus tordu que le traditionnel triangle amoureux et très éloigné du carré d'as : Stoneburner et Thibodeaux sont rentrés du Vietnam fracassés, comme les autres.

Stoneburner, détective privé qui rêve de se la couler douce au bord du fleuve, accepte cependant de récupérer pour le compte de Cap Holder, ex-shérif et vieux débauché cynique, l'argent d'un deal de coke qui a mal tourné.

Et si pour le même prix Stoneburner pouvait aussi récupérer Cathy, ravissante blonde à la séduction ravageuse... Seulement voilà, Thibodeaux qui passait par là a repéré la blonde, ainsi que la valise pleine de billets verts qui attendait dans une voiture, la nuit, près d'une piste d'atterrissage désaffectée.

La cavale de la blonde et du camé à bord d'une Cadillac noire est à la hauteur des meilleurs films du genre. Étourdis par tant d'argent, ils ne cherchent même pas à brouiller leur piste, entre Tennessee, Mississippi et Arkansas. S'y engouffrent, l'un après l'autre, Stoneburner puis un baron de la drogue local, fort mécontent d'avoir été roulé.

L'humour féroce et la noirceur poétique de William Gay sont inégalables.

Éditions GALLIMARD

Posté par elleon à 06:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

16 mars 2019

La transparence du temps

de Leonardo Padura

Leonardo Padura - La transparence du temps.Alors qu'il approche de son 60e anniversaire, Mario Conde broie du noir. Mais le coup de fil d'un ancien camarade de lycée réveille ses vieux instincts. Au nom de l'amitié (mais aussi contre une somme plus qu'honorable), Bobby le charge de retrouver une mystérieuse statue de la Vierge noire que lui a volée un ex-amant un peu voyou.

Conde s'intéresse alors au milieu des marchands d'Art de La Havane, découvre les mensonges et hypocrisies de tous les "gagnants" de l'ouverture cubaine, ainsi que la terrible misère de certains bidonvilles en banlieue, où survit péniblement toute une population de migrants venus de Santiago.

Les cadavres s'accumulent et la Vierge noire s'avère plus puissante que prévu, elle a traversé les siècles et l'Histoire, protégé croisés et corsaires dans les couloirs du temps.

Conde, aidé par ses amis, qui lui préparent un festin d'anniversaire somptueux, se retrouve embarqué lui aussi dans un tourbillon historique qui semble répondre à l'autre définition de la révolution : celle qui ramène toujours au même point.

Éditions MÉTAILIÉ

Posté par elleon à 06:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


15 mars 2019

Crochet au book

de William P. McGivern

Couverture Crochet au bookDe braves petits tous les deux. Sauf qu'à l'intérieur on riait. Bien sûr on s'aimait. L'amour et la vacherie se sont unis, et on a tué, et on a menti parce que la vie nous empêchait de nous aimer comme on le désirait.

Je sais bien. Ce n'est pas une excuse. Mais si c'était à refaire, je recommencerais.

Éditions GALLIMARD

-

Édition originale sous le titre "Par ici la sortie": Éd. Morgan (1950)

Posté par elleon à 06:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le coup de l'escalier

de William P. McGivern

Couverture Le Coup de l'escalierNovak servit une seconde tournée, mais Slater ne porta pas le verre à ses lèvres.

- "Je ne suis pas sûr que ce soit le mien, expliqua-t-il. J'aime autant pas me risquer à boire dans celui de Bamboula."

Ce disant, Slater laissa tomber le verre sur le tapis.

-"Mon grand-père, lui, il me disait de jamais boire après une ordure de Blanc !" riposta le Noir.

Slater lui flanqua alors une gifle magistrale et déclara : - "T'en fais pas, c'est fini".

- "Que tu dis ! songeait le Noir, mais pour toi, mon gros salaud, ça ne fait que commencer."

Éditions GALLIMARD

Posté par elleon à 06:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La planque

de William P. McGivern

«– Barny Nolan ? C'est un vrai flic, un peu renfermé, mais tout ce qu'il y a de régulier, dit l'inspecteur-chef Odell.

– Barny Nolan est un assassin et un lâche, affirme le journaliste Mark Brewster.

– Chienne de vie que la mienne, songe l'intéressé lui-même : tout y est lamentable, la famille, le métier, les femmes. Rien ne m'a jamais réussi. Mais un de ces jours, tout va changer, et ce jour-là, ils comprendront enfin qui je suis !»

Éditions GALLIMARD

-

Édition originale: Éd. Gallimard (1952)

Posté par elleon à 05:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Sans bavures

de William P. McGivern

Les lecteurs des romans policiers de William P. McGivern ont depuis longtemps reconnu en lui le plus brillant des jeunes auteurs américains de ce genre d'ouvrages.

Voici le dernier-né. Il nous dépeint, dans sa terrifiante simplicité, le plus horrible, le plus impardonnable des forfaits. Chirurgien impitoyable, McGivern dissèque ses personnages, et son scalpel met au jour le mal secret qui les ronge, la vraie nature du génie malfaisant qui les habite.

Éditions GALLIMARD

-

Édition originale: Éd. Gallimard (1956)

Posté par elleon à 05:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Quand les poulets ont des dents

de William P. McGivern

«– Ton frangin n'est qu'un petit flic, Mike. Toi, t'es sergent... Alors tu vas lui dire d'être raisonnable. À l 'instruction, il a prétendu avoir aperçu un certain Delaney près du cadavre. Au procès, faut pas qu'il reconnaisse Delaney.

– Si mon frère se dédit, ça aura l'air vachement louche. Il se fera révoquer.

– Et après ? Commence par lui offrir dix mille dollars.»

Éditions GALLIMARD

-

Édition originale: Éd. Gallimard (1955)

Posté par elleon à 05:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]