Requiem pour un poulet
Lorenz, surnommé "Lion rouge“ pour l’épinglette qu’il affichait en permanence à son revers, censée représenter son pays d’origine, le Luxembourg, contemplait la mariée. Il chassa les pensées salaces qu’elle lui inspirait ... enfin, la femme d’un subordonné, ça ne se faisait pas ! Enfin, ça ne se faisait pas toujours !
Il nota cependant, avec une mâle satisfaction, que les regards qu’ils avaient échangés n’avaient pas l’innocence du ravi dans sa crèche. Lorenz avait un sourire ravageur qui se plaisait à traverser, au moment opportun, sa belle gueule de reître.
Des bords de sa Moselle luxembourgeoise, il avait ramené des cheveux blonds roux, tout comme lui indisciplinés mais additionnés de blanchets de sagesse sur les tempes, qui surmontaient un front haut et un regard bleu de mers australes. Lorenz connaissait l’effet qu’il produisait en général sur les femmes et sur celle-ci en particulier.
Les hasards ont fait de Gonzague Lorenz, Luxembourgeois de père et Français de mère, un commissaire de police, chef de la section criminelle de la 2e Brigade spéciale de la Police judiciaire à Paris. Qu’on lui tue un de ses subordonnés, voilà qui l’agace singulièrement, surtout quand les morts ont une fâcheuse tendance à l’inflation.
La morgue est au complet, et à la 2e BSPJ on ne chôme pas. Ce service d’élite est dirigé par deux « patrons » d’exception : Claude Barzy et Pascale Guzik. Les tueurs n’ont qu’à bien se tenir, ça va saigner !
Éditions Saint-Paul
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