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15 avril 2008

Jacques Bullot

Biographie

 

Jacques Bullot est né en 1932, au Havre. Tout jeune, il est attiré par les Sciences...Il suit une formation d'ingénieur, obtient un Doctorat ès Sciences et, en 1962, entre au CNRS en tant que chercheur en Physique dans un laboratoire de la faculté d'Orsay où il va diriger les recherches sur les effets des rayonnements ionisants sur les matériaux (?). Il part sur Nantes quelques temps, pour mener de nouvelles recherches sur la "Physique Cristalline"...

 

Toutes ces années sont marquées par un engagement politique, contre la guerre en Algérie, puis pendant un stage aux États-Unis, contre la guerre du Vietnam... En 1975, il devient directeur des Recherches au CNRS et va coordonner les travaux d'un groupe de laboratoires européens, des recherches un peu compliquées pour les profanes, mais tous ces travaux de Jacques Bullot et ses équipes sont publiés dans des revues très spécialisées et très sérieuses !

 

Malgré un travail très prenant, Jacques Bullot prend le temps de se détendre en se plongeant dans la Littérature policière, il lit Dashiell Hammet, David Goodis, Thierry Jonquet... et c'est tout naturellement que, retraité, il commence à écrire en 1997, choisissant le genre noir, pas réellement du policier mais plutôt « ...un roman d'intervention sociale...» reprenant les termes de Jean-Patrick Manchette, le militant qu'il demeure s'exprime alors au travers de ses romans.

 

En 2001, il publie La gueule de l'emploi aux Éditions Noir Délire, un livre qu'il consacre à la spoliation des biens juifs pendant la guerre, cette même année paraît un recueil de nouvelles, La couleur du temps. Les romans se suivent, l'auteur qu'il est devenu s'attaque alors aux catastrophes écologiques, en publiant Les liquidateurs  en 2002, toujours chez Noir Délire, le roman porte plus particulièrement sur la catastrophe de Tchernobyl et Jacques Bullot en profite au passage pour décrire toutes les magouilles des politiciens véreux et des entrepreneurs sans scrupules qui se débarrassent des déchets nucléaires à moindre coût...

 

L'explosion de l'usine AZF de Toulouse en 2001, lui fournit un nouveau sujet de livre, l'occasion encore de s'engager sur un terrain "miné", le livre Du nitrate dans le cassoulet est publié en 2005 aux Éditions E-Dite, un dossier complet accompagne le roman en annexe, "D'engrais ou de force" qui rappelle toutes les affaires impliquant le nitrate d'ammonium depuis près d'un siècle, prouvant par là ce que les scientifiques savaient et ne cessaient de clamer depuis des dizaines d'années.

 

En 2007, Jacques Bullot s'attaque cette fois-ci aux OGM et les multinationales qui veulent contrôler l'agriculture mondiale, livre écrit un peu à la demande de la Confédération Paysanne, la préface a été rédigée par José Bové; l'auteur démontre dans Le gène du perce-neige que la réalité n'est jamais bien loin de la fiction et que le secret reste un des fondements de la politique des multinationales. Un livre qui n'a pas trouvé facilement d'éditeurs, sujet trop "brûlant", trop politiquement "incorrect", mais une petite maison, Les Éditions du Bout de la rue, accepte enfin le manuscrit et le livre est publié en 2007.

 

Parallèlement à ses romans, il publie des nouvelles dans des recueils collectifs et continue de s'impliquer dans diverses associations et collabore depuis 1997 à un journal peu banal et peu connu, puisqu'il reste limité à un quartier, celui du XIV ème arrondissement. "La page" est tiré à 2000 exemplaires, paraît 4 fois par an et aborde tous les sujets politiques, culturels, lutte contre la spéculation immobilière dans le quartier et la destruction de son tissu social. Un journal, totalement indépendant, sans subvention, sans publicité, rédigé et distribué par des bénévoles, ce qui permet des prises de position très... impertinentes !

 

L'âge n'a nullement assagi ce jeune homme qui s'opposait à la guerre en Algérie et tous ses romans expriment un engagement qui ne faillit pas. Quelque soit le sujet traité, Jacques Bullot ose écrire ce que beaucoup pense tout bas car l'écriture, quelque soit le genre qu'elle emprunte reste (encore! ) un moyen d'expression libre...

 

(Sources:  jacques-bullot. / Éditeurs / detectivarium.)

 

__________

 

Romans

 

  1. Amour, Raspail, Vavin... (Éd. du Bout de la Rue - 2008)
  2. Du nitrate dans le cassoulet (Éd. E-Dite - 2005)
  3. La couleur du temps (Éd. Noir Délire - 2001)
  4. La gueule de l'emploi (Éd. Noir Délire - 2001)
  5. Le gène du perce-neige (Éd. du Bout de la Rue - 2007)
  6. Le souffle glacé du Djurdjura (Éd. du Bout de la Rue - 2012)
  7. Les liquidateurs (Éd. Noir Délire - 2002) ou "Du plutonium et des hommes" (E-Book)

 

ainsi qu'un recueil de nouvelles et des romans jeunesses

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14 avril 2008

Virage serré

de Jean-Noël Blanc

 

Virage serré de Jean-Noël Blanc
(2008)

L'officier de police judiciaire Tavernier, tendre râleur solitaire connu pour son amour de la petite reine et de la précision linguistique vient de prendre sa retraite...

 

S'adonnant à sa passion du vélo, il rêve aux jours tranquilles qu'il va, croit-il, passer avec la juge Piatoni, dont il est tombé amoureux au cours de l'une de ses dernières enquêtes... Mais alors qu'elle traverse le Massif Central pour venir le rejoindre, elle est victime d'un accident de voiture, dont le responsable a pris la fuite.

 

Tavernier se rend sur place. À l'hôpital de la ville où elle a été transportée, il apprend peu à peu la gravité des blessures de son amie, révélées au fil des examens. En même temps, il cherche lui-même le responsable de l'accident, puisque ni la gendarmerie, ni le procureur du petit tribunal local ne semblent pressés.

 

Sans moyens véritables, il sillonne la campagne et mène l'enquête jusqu'à débusquer le coupable, du moins le pense-t-il... Car la vérité n'est pas toujours celle qu'on croit.

 

Éditions L'Archipel

14 avril 2008

Anatomie du Mal

de Jefferson Bass

 

 

Anatomie du Mal de Jefferson Bass
(2008)

Un ancien pédophile est découvert assassiné dans un parc de la ville... Pour aider l'enquête, le médecin légiste Bill Brockton, doit recréer les conditions du meurtre dans La Ferme des Corps, le terrain de plusieurs hectares où il mène ses expériences sur des cadavres.

 

Mais un matin, il découvre une mise en scène particulièrement macabre: un autre meurtre a été commis sur le même mode opératoire que le premier dans l'enceinte même de La Ferme des Corps

 

Immédiatement, le légiste est suspecté, toutes les preuves l'accusent, et un terrible piège se referme.

 

De scientifique réputé et respecté, Brockton devient un paria. Pour prouver son innocence, il n'a pas d'autre option que de trouver le meurtrier. Un manipulateur hors pair qui tire les ficelles dans l'ombre.

 

Éditions City

13 avril 2008

La danse des obèses

de Sophie Audouin-Mamikonian

 

La danse des obèses Sophie Audouin-Mamikonian
2008

Dans la même journée, le capitaine Philippe Heart tombe amoureux (alors qu'il n'y croyait plus) et se trouve chargé de l'affaire la plus tordue de sa carrière: une série de meurtres atroces qui ne touchent que... des obèses. 

 

Apparemment, aucun rapport entre son histoire d'amour naissante et la disparition de ces cinq hommes.

 

En réalité, lui comme la belle Elena sont partie prenante de la vengeance mise en oeuvre par "l'obèse killer". Particulièrement manipulateur et pervers, celui-ci choisit des victimes tout sauf innocentes et sa cruauté n'a d'égale que l'inventivité de ses crimes et la minutie de psychopathe avec lesquelles il les met en scène.

 

Pour remonter sa piste, Heart devra accepter d'entrer dans un jeu macabre dont il ignore toutes les règles...

 

Éditions Robert Laffont

 

__________

 

« Un serial killer qui cuisine (et tue) avec la virtuosité d'un toqué trois étoiles, un suspense macabre aussi raffiné que cruel: tel est le "festin" concocté par une romancière à l'imagination... insatiable »

 

__________

13 avril 2008

Sophie Audouin-Mamikonian

Biographie

 

Sophie Audouin-Mamikonian est née en 1961 à St-Jean-de-Luz, dans une famille d'origine russo-arménienne, dont elle a hérité le titre de Princesse d'Arménie.

 

Après la séparation de ses parents, Sophie est élevée par ses grands-parents, Catherine et Pierre Veber (ex-directeur du  "Matin de Paris"). Son grand-père lui lit Dumas, Hugo, Corneille et Molière alors qu'elle n'a que 6 mois, et garde de lui le souvenir de dîners, pendant lesquels il déclamait des pièces en vers (de mémoire !) et aussi un curieux faible pour les mets sucrés... Sa grand-mère écrit en cachette et publie sous le pseudonyme de Georgette Paul car il n'est pas de bon ton, à cette époque qu'une femme écrive, surtout de palpitantes et tumultueuses histoires d'amour, de ces romans qui intéressent beaucoup plus la jeune Sophie que les classiques de son grand-père.  Puis c'est alors que son beau-père lui fait découvrir la Science-Fiction et l'adolescente plonge dans l'univers d'Asimov, Tolkien et...  Homère, tandis que sa mère tente de l'intéresser à Rousseau, Voltaire, Descartes...

 

À 12 ans, alors qu'elle est clouée au lit, Sophie commence à écrire des histoires d'elfes, de dragons, elle se plaît plutôt dans le genre Fantasy et développe ses écrits en fonction de ses propres découvertes littéraires... C'est Dumas, avec des princesses, des traîtres, les mystères de la géopolitique... Puis, c'est la rencontre avec l'univers d'Agatha Christie, et elle ajoute à ses histoires, des enquêtes policières...  Sophie passe son bac, prépare un DESS de Diplomatie et Stratégie (?) et commence une carrière professionnelle dans la publicité, comme rédactrice-conceptrice dans une des plus grandes agences. Pendant toutes ces années, elle ne cesse d'écrire et découvre sans cesse de nouveaux auteurs qui marquent son imagination.

 

Sophie Audouin-Mamikonian épouse "son prince charmant" et c'est après la naissance de sa première fille, Diane, qu'elle entreprend d'écrire la série "Tara Duncan", série "Fantasy" que des  centaines de milliers d'enfants ont lu aujourd'hui. Elle crée donc "Autremonde" et termine son premier ouvrage de 1000 pages à la naissance de sa seconde fille, Marine, en 1990.  Mais les éditeurs refusent tous ce manuscrit sous divers prétextes, le fait est que ce n'est pas encore la mode de ce genre littéraire; il faut que les aventures d'un certain Harry Potter emportent ce succès extraordinaire, pour que l'auteure renvoie son manuscrit aux éditeurs et les deux premiers tomes de sa saga sont enfin publiés. Elle en publie un par an depuis 2003 et en a prévu 10 jusqu'en 2012 !

 

La série Tara Duncan remporte un succès mondial, les trois premiers tomes sont traduits en douze langues et Sophie Audouin-Mamikonian compte à peu près 500 000 lecteurs dans le monde.

 

Auteure privilégiée des enfants, la Princesse d'Arménie, héritière d'un pays qui n'existe plus, agit cependant en tant que telle au sein de l'Association "Douleurs sans frontières". À la demande de ses filles, elle a écrit les histoires qu'elle leur racontait quand elles étaient petites, et "Clara Chocolat"  devient une nouvelle série pour les petits.

 

Et le polar, dans tout ça ? Les lectures d'Agatha Christie l'ont sans aucun doute marquée et Sophie Audouin-Mamikonian publie son  premier roman pour adultes, un thriller, véritable défi  auquel la jeune femme se livre avec un certain plaisir qu'elle veut communiquer à un nouveau public: La danse des obèses  publié aux Éditions Robert Laffont en ce début d'avril 2008 et devrait réjouir les amateurs en tous genres, dont... les gastronomes.

 

Elleon

 

__________

 

 

Dans la famille de l'auteure, on compte pas moins d'une quinzaine d'écrivains, dont la devise est « écrire, rire... et faire rire ! »  Gageons que Sophie Audoin-Mamikonian avec cette "danse des obèses" confirme qu'elle est bien une digne héritière, si ce n'est d'un pays, du moins de cette longue lignée d'auteurs incontournables pour leur humour...

 

Il est utile d'ajouter à cette biographie que Sophie Audoin-Mamikonian a pour illustres ancêtres, un arrière grand-père nomme Pierre-Gilles Veber connu pour des films célèbres comme "Fanfan la Tulipe", un oncle non moins célèbre qui a signé nombre de films classés dans la catégorie comique (le plus marquant de ces dernières années: "Le dîner de cons"), j'ai nommé Francis Veber...

 

__________

 

 Roman

 

  1. La danse des obèses (Éd. Robert Laffont - 2008)

 

ainsi que plusieurs séries de romans pour la jeunesse

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13 avril 2008

Stark

de Edward Bunker

 

 

Stark de Edward Bunker
2008

« ...De tous les mecs qu'on peut un jour croiser sur sa route, Ernie Stark n'était pas, et de loin, le plus gentil...»

 

Petit arnaqueur avec des rêves de grandeur, grand consommateur de drogue et à l'occasion trafiquant, homme au sang froid, Stark est, en effet, quelqu'un dont il faut se méfier.

 

D'autant plus qu'il a eu la malchance de se faire "serrer" par le lieutenant Crowley, alors qu'il était en liberté conditionnelle... Il ne pourra plus s'en sortir qu'en sacrifiant son pote hawaïen, Momo, un dealer dont il rêverait de prendre la place.

 

Mais pour un maître de l'embrouille comme Stark, les choses se passent rarement comme prévu. Coincé entre un chef de réseau menaçant et un flic qui ne le lâche pas, il va devoir improviser. Quitte à laisser des victimes derrière lui. Dans ce monde, pour survivre, il faut avoir une longueur d'avance...

 

Éditions Rivages

 

__________

 

"Stark et un roman qui date de la fin des années soixante ou du début des années soixante-dix.  Le manuscrit n'en a été retrouvé qu'après la mort d' Edward Bunker..."

 

***

 

"Comme l'écrit James Ellroy dans la préface: « C'est un hybride férocement disjoncté de roman pulp noir des années cinquante et de fantasmes de petit voyou...Une oeuvre de jeunesse qui augure de manière prophétique du superbe écrivain que Bunker allait devenir... »"

 

__________

13 avril 2008

Les hommes de proie

de Edward Bunker

 

 

Les hommes de proie de Edward Bunker
1997

Tout juste sorti du pénitencier de San Quentin où il vient de purger une peine de douze ans, Troy retrouve deux anciens compagnons de détention, l'ex-boxeur Diesel Carson et Mag Dog, un paranoïaque violent et impulsif. 

 

Les trois hommes vont s'associer pour un coup que Troy a longuement médité en prison: dépouiller des trafiquants de drogue de leur marchandise...un moyen sûr de se faire beaucoup d'argent sans prendre trop de risques, car, selon Troy, jamais des criminels n'iront mêler la police à leurs affaires.

 

Éditions Rivages

Edward Bunker signe là une oeuvre authentique où l'emprisonnement  le vol et le crime sont dépeints avec hargne et acharnement... Troy, Diesel et Mag Dog sont des personnages de tragédie que les prisons fabriquent à la chaîne... L'oeuvre littéraire de Bunker est traversée par cette unique obsession: l'absurdité du système judiciaire américain... 

Nicolas Mesplède

13 avril 2008

La bête au ventre

de Edward Bunker

 

 

La bête au ventre de Edward Bunker
1993

Alex est né sous une mauvaise étoile. Sa mère l'a abandonné et son père a dû le confier à des foyers d'adoption, écoles militaires et autres pensionnats...

 

Commence alors pour lui "le cycle des laideurs, des tumultes et des larmes...", qui l'amènera, de révoltes en évasions, à connaître la répression sous toutes ses formes. 

 

Encore adolescent, Alex est déjà un "taulard" endurci qui vit la bête au ventre et la rage au coeur...

 

Éditions Rivages

 

__________

 

"La bête au ventre conclut la trilogie commencée avec  Aucune bête aussi féroce  et  La bête contre les murs,  Edward Bunker y analyse le processus qui conduit la société à se fabriquer les criminels qu'elle mérite."

 

__________

13 avril 2008

La bête contre les murs

de Edward Bunker

 

 

La bête contre les murs de Edward Bunker
1992

Fils de bonne famille, Ron, 25 ans, est incarcéré à San Quentin, Californie, pour trafic de stupéfiants. Dans la cour de la prison, il se fait remarquer par les milliers d'yeux avides de sa jeunesse et de sa beauté. 

 

Mais Earl, un briscard quadragénaire, le prend sous sa protection... Earl est un membre influent de la Fraternité, confrérie de prisonniers protégeant les taulards blancs contre les autres. Pour Ron, c'est un moyen de se faire des alliés.

 

Earl va lui apprendre la survie à San Quentin, l'un des plus durs pénitenciers au monde, où l'on ne peut se passer de solidarité entre détenus. 

 

Petit à petit, les deux hommes se lient d'amitié et Ron découvre chez Earl des qualités d'intelligence et de spiritualité qu'il n'aurait jamais cru trouver dans cette jungle où la violence exacerbée s'exerce outrageusement...

 

Éditions Rivages

Bunker n'est certes pas le premier qui écrit sur l'emprisonnement, mais il le fait avec beaucoup de brio et de finesse, et un accès de vérité sans doute dû à ses années d'incarcération... Un récit poignant dont on ne lève pas le nez avant la dernière page ...

Nicolas Mesplède

13 avril 2008

Aucune bête aussi féroce

de Edward Bunker

 

 

Aucune bête aussi féroce de Edward Bunker
1991

Le discret Mister Blue de "Reservoir Dogs" eut une vie avant d'étaler son faciès vérolé sur le grand écran...

 

Bunker, le bien nommé, était l'auteur d'un traité post-carcéral sans égal, publié en 1973 et alors épuisé outre-Atlantique. La chair, les os, les tripes suffisent à faire de ce roman noir, un aller simple pour l'enfer d'une vie toute tracée dès le berceau.

 

Un parcours horriblement classique, balisé et implacable: problèmes familiaux, délinquance juvénile et au bout une succession de séjours "au château"...

 

Rien de vraiment neuf, si ce n'est la violence aride, impitoyable, voire clinique, avec laquelle Edward Bunker décrit le quotidien du taulard en liberté conditionnelle et, surtout, l'impossibilité de modifier, voire seulement de rectifier une destinée ou de réécrire ce scénario...

 

Son héros Max Dembo (Bunker lui-même, évidemment), s'applique ainsi consciencieusement en sortant de prison à ne pas s'engouffrer dans les culs-de-sac de son passé... Mais le milieu et la prison sont des aimants dont on n'interrompt pas l'attraction à coup de rédemption... La cavale se fait alors allégorique, avec un terminus on ne peut plus kafkaïen.

 

Éditions Rivages

Aucune bête aussi féroce confirme que le roman noir demeure un genre idéal pour sonder l'esprit humain. Dostoïevski ou Chandler s'en doutaient bien;  Bunker n'eut qu'à confirmer...

Marc Zisman

13 avril 2008

Edward Bunker

1933 - 2005

 

Biographie

 

Edward Bunker est né en 1933 à Hollywood (Californie) où son père exerce le métier de régisseur et sa mère joue dans des revues: des parents qui se disputent très souvent sous l'emprise de l'alcool, ils finissent par divorcer alors que le jeune Ed n'a que cinq ans. C'est un enfant intelligent, mais perturbé, qui se retrouve dans un internat, sa mère ne se sentant pas capable de l'élever seule. S'y sentant très malheureux, l'enfant s'enfuie très vite et commence alors une longue suite de fugues, de remises en foyers, puis dans des institutions de plus en plus draconiennes. Ed est déjà considéré comme un rebelle et se retrouve soumis à une discipline stricte. Après une nouvelle fugue, il est envoyé dans une maison de correction (ou redressement) où il subit alors les pires pressions et s'enfuie à nouveau quelques mois après. Ed est rattrapé quelques 400 miles plus loin, et la vie du jeune garçon devient celle d'un "malfrat"...

 

Pendant une de ses fugues, il commet un vol à l'étalage et d'autres menus larcins qui lui valent d'être enfermé dans un autre centre pour délinquants, "Juvenile Hall" où il se retrouve parmi des grands délinquants beaucoup plus âgés que lui, et plus endurcis. Bien qu'Edward soit  plus jeune, il est beaucoup plus intelligent, (son Q.I sera estimé à 152) et il parvient très vite à se forger une carapace  pour cacher sa peur, le plus sûr moyen de survivre dans cet environnement.  Et surtout, c'est à cette époque que commence son intérêt pour la lecture... De nouvelles fugues, des problèmes toujours plus graves  avec les représentants de l'ordre et de la justice contre lesquels l'adolescent se rebelle, il se retrouve dans un hôpital psychiatrique, d'où il est libéré sur parole et envoyé chez sa tante.  Edward a alors 14 ans, mais il est déjà trop tard pour le sortir de ce milieu, cassé par le "système" et tous les mauvais traitements qu'il a subis, censés le "récupérer".

 

À 16 ans, il est de nouveau arrêté et envoyé à la prison du Comté de Los Angeles, et se retrouve au milieu de grands  criminels. Edward a compris depuis longtemps qu'il vaut mieux être le prédateur que la proie;  il poignarde  un gardien, gagnant ainsi le respect des autres détenus et cette réputation d'un être implacable, asocial, qui ignore la différence entre le bien et le mal. Certains vont jusqu'à penser qu'il n'a plus toute sa tête, mais dans un de ses ouvrages, "Mr Blue: Memoirs of a renegade", l'auteur affirme que c'était alors pour lui le plus sûr moyen d'empêcher les autres de l'approcher. En 1951, à 17 ans, devenu le plus jeune prisonnier du pénitencier de St Quentin, il se retrouve voisin de Caryl Chessman, condamné pour meurtre et viol, qui passe son temps à écrire. Celui-ci lui donne le premier chapitre de  "Cell 2455, Death Row" à lire. Une révélation pour "Bunk" qui décide d'écrire après avoir tant lu, dans tous les établissements, les prisons où il est passé, où il a découvert et "dévoré" Hemingway, Faulkner, Dostoïewski, Villon, Sartre et Camus... Il écrit alors ses premières nouvelles, puis un premier manuscrit: des ouvrages dans lequels il raconte ses expériences.

 

Quelques années plus tôt, "Bunk" (le surnom qu'on lui a donné) a fait la connaissance de Louisa Wallis, ancienne star du cinéma muet et épouse du producteur Hal B. Wallis. Une réelle amitié les lient toujours et il lui fait lire son  manuscrit; celle-ci, bluffée par les écrits de son protégé, les fait lire à des amis qui reconnaissent un réel talent à l'écrivain, mais le livre est jugé  "impubliable"... (Il s'agit en fait du manuscrit qui sera publié plus tard sous le titre "No beast so fierce"). À nouveau libéré sous conditionnelle en 1956, Bunk se retrouve incapable de se réadapter à une vie normale, il essaie pourtant pendant près de 4 ans, avec l'aide de Louisa Wallis qui lui présente des gens comme Jack Dempsey, Tennessee Williams, Aldous Huxley  et d'autres... Malheureusement sa bienfaitrice décède en 1962, son mari a déjà chassé certains de ses "amis" depuis le début de sa maladie, et Bunk retombe dans la criminalité. Il organise un casse auquel il ne participe pas lui-même, imite des signatures, et vit d'activités "hors-la-loi". Arrêté pour un délit mineur, il est de nouveau envoyé dans un centre de semi liberté, d'où il s'évade très rapidement. Devenu un fugitif, il reprend ses attaques à main armée, qui le ramènent devant la justice, échappe à la prison en simulant la folie... De nouveau la liberté, les casses, les faux et usage de faux, et se retrouve sur la liste des 10 personnes les plus recherchées par le FBI. Il se lance dans le commerce de la drogue, arrêté à nouveau, il risque 20 ans de réclusion; les quelques amis influents qu'il a conservés interviennent, il est condamné à seulement 5 ans.

 

De nouvelles années qu'il passe à lire, écrire, accumulant les manuscrits et finalement en 1973, son premier roman "No beast so fierce" (Aucune bête aussi féroce) est enfin publié, les droits cinématographiques achetés par Dustin Hoffman, le scénariste Alvin Sargent propose  à Bunk de travailler ensemble sur le scénario, le film "Straight Time" ( Le récidiviste), réalisé par Ulu Grosbart, sort en 1978, trois ans après la libération "définitive" d'Edward Bunker.

 

En 1975, Bunk a passé 18 ans de sa vie derrière les barreaux, il alors 40 ans et il commence à gagner sa vie avec l'écriture et la profession de... comédien. Après cette petite apparition dans "Straight Time", tout concourt  pour qu'il rentre dans le droit chemin, même si le film ne rencontre pas le succès commercial escompté. Un second roman, "Animal factory" (La bête contre les murs) est publié en 1977 et accueilli très favorablement par les critiques; cette même année, il épouse une jeune avocate, Jennifer (qui lui donnera un fils, Brendan  en 1994).  Puis en 1981, troisième opus de ce qui compose une trilogie, "Little boy blue" (La bête au ventre) paraît, un livre largement inspiré de sa vie de jeune délinquant. Tous ses livres sont d'ailleurs basés sur cette expérience du milieu criminel et carcéral  et du système policier et juridique, ce troisième  ne remporte qu'un succès d'estime et Edward Bunker ne publie plus rien pendant 14 ans, se consacrant au cinéma.

 

Edward Bunker écrit le scénario de "Runaway Train" d'André Konchalowsky (sorti en 1985), puis il a un rôle dans "The running man", "Fear", "Miracle Mile", "Tango and Cash", etc... En 1992, il joue "Mr Blue" dans "Reservoir dogs" de Quentin Tarentino, un rôle qui marque à jamais le public. Le succès de "Reservoir Dogs" en Europe relance sa carrière d'écrivain et il publie en 1995, "Dog eat dog" (Les hommes de proie), puis il écrit le scénario de "Animal factory", adapté de son second livre, et ce, grâce à l'acteur Steve Buscemi. Le film sort en 2000 sous le titre original du livre, Bunk y a encore un petit rôle, mais le film pêche par la distribution mal organisée hors des États-Unis.

 

Cette même année, Edward Bunker publie un cinquième ouvrage, "Education of a felon", (L'éducation d'un malfrat), largement autobiographique, il y expose sa vie, sa destinée, son parcours depuis l'âge de 5 ans, de l'enfermement jusqu'à la liberté.  Au total, en 2005, Bunk a joué dans quelques 22 films, des petits rôles (qui lui ont permis de conserver une couverture sociale... selon ses propres mots), et sa carrière d'écrivain se résume à sept livres publiés, dont six d'entre eux ont été traduits en français, aux Éditions Rivages, grâce à James Ellroy qui le fait découvrir à François Guérif. 

 

Le septième et dernier roman, Stark est publié en 2006, à titre posthume, Edward Bunker s'en est allé en juillet 2005, souffrant depuis longtemps de diabète, il n'a pas survécu à une intervention chirurgicale. En France, Stark est publié en 2008, James Ellroy en a signé la préface.

 

(Sources: Wikipedia / www.lire. / imdb. / lexpress. / crimetime. )

 

__________

 

Romans

 

  1. Évasion du couloir de la mort (Éd. Rivages - 2012)
  2. Les hommes de proie (Éd. Rivages - 1997)
  3. Stark (Éd. Rivages - 2008)

 

***

 

La trilogie de la bête

 

  1. Aucune bête aussi féroce (Éd. Rivages - 1991)
  2. La bête contre les murs (Éd. Rivages - 1992)
  3. La bête au ventre (Éd. Rivages - 1993)

 

12 avril 2008

Le projet Conscience

de Michael Cordy

https://storage.canalblog.com/32/69/365364/128822307.jpeg90% des crimes sont commis par des individus de sexe mâle.  Pourra-t-on détruire en chacun d'eux le gène de la violence afin de créer un nouveau type d'homme ?

2008 : le projet Conscience, mis sur pied par un grand laboratoire, soutenu par des hommes de loi, des responsables politiques et l'ensemble de la communauté scientifique, voudrait faire disparaître l'insécurité qui règne sur notre planète.  Une thérapie génique est mise au point, et les résultats des premiers tests effectués sur un échantillon de meurtriers sont prometteurs...

Mais les deux femmes responsables du projet ont gardé secret leur véritable objectif.  Traumatisées par une expérience personnelle dramatique - l'une et l'autre ont subi de graves sévices dans leur enfance -, elles ont tout simplement projeté d'éliminer de la surface de la Terre la totalité des hommes parvenus à l'âge adulte. 

Luke Decker, profileur de génie, et Kathryn Kerr, brillante généticienne, parviendront-ils à mettre au point un antivirus capable de neutraliser cette opération criminelle ?

Éditions ROBERT LAFFONT

12 avril 2008

Résurrections

de Michael Cordy

https://products-images.di-static.com/image/michael-cordy-resurrections/9782221085134-475x500-1.jpgQuand un cerveau de la génétique et une confrérie religieuse criminelle s'affrontent puis s'unissent dans une terrible course contre la mort...

Stockholm, le 10 décembre 2002, minuit.  Le docteur Tom Carter quitte la cérémonie de remise des prix Nobel avec sa femme et sa fille. Un coup de feu retentit... Sa femme s'effondre, morte.  Le bras armé de la "Confrérie du Second Avènement" a manqué sa cible: l'éminent généticien qui a osé se mettre au-dessus de Dieu...

Quand Carter découvre que sa fille de neuf ans est condamnée par une tumeur au cerveau, sa vie s'enfonce un peu plus dans le cauchemar. La médecine est impuissante. Il a désormais besoin d'un miracle. Un miracle que seul peut permettre son pire ennemi, la "Confrérie du Second Avènement". 

Un homme de science et les hommes de Dieu s'associent alors pour retrouver les gènes du plus grand guérisseur de tous les temps: le Christ.

Éditions ROBERT LAFFONT

12 avril 2008

Michael Cordy

Biographie

 

Michael Cordy est britannique mais est né en 1961 à Accra, capitale du Ghana; il passe une grande partie de son enfance en Afrique de l'est et de l'Ouest, aux Indes  et Cyprus. Sa famille rentée en Angleterre, il suit ses études secondaires à "King's School" à Canterbury et fait ses études universitaires à Leicester et Durham. Il travaille pendant 10 ans dans la Publicité et le Marketing puis devient écrivain, encouragé par son épouse. Il vit à Londres avec sa famille.

 

Son premier roman, un thriller génétique, "The miracle strain" (rebaptisé "The Messiah Code"),(Résurrections en français) paraît en 1997, se retrouve en 5ème place sur la liste des Best-Sellers du "Sunday Times", comparé aux meilleurs thrillers scientifiques de Michael Crichton, les studios "Disney" en achète les droits cinématographiques. Il recontre un succès international, publié dans 25 langues et vendu dans quelques 40 pays. En 1999, paraît le second, "The crime code"(rebaptisé "Crime Zero") traduit en France sous le titre Le projet Conscience, l'auteur << persiste et signe un roman au suspens terrifiant.>>

 

Il est l'auteur en 2011 de six romans, dont les 2 premiers sont publiés en France aux Éditions Robert Laffont, La Source aux Éditions Le Cherche Midi en 2009. Il travaillerait actuellement sur la scénarisation de son livre "Crime Zero" ("The crime code") dont les droits ont été achetés par la "Warner Bros".

 

(Sources: Éd. Robert Laffont / en/Wikipedia /.fantasticfiction. /)

 

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Romans

 

  1. La source (Éd. Le Cherche Midi - 2009)
  2. Le projet Conscience (Éd. Robert Laffont - 2002)
  3. Résurrections (Éd. Robert Laffont - 1999)

 

12 avril 2008

Voyage maudit

de Laurent Coos

https://http://localhost//images/I/41MYR9S11BL._SX305_BO1,204,203,200_.jpgVingt et un ans ! Et un rêve dans la tête, celui de découvrir son Amérique !

Mathias Péridaut veut vivre une aventure.

Aussi part-il vers ce continent qui lui fera d'abord découvrir ses propres illusions. Aux dures réalités de l'existence s'ajoutera aussi une certaine malédiction.

Le rêve américain ne sera alors qu'un long cauchemar qui l'accompagnera jusqu'à mettre sa vie en péril.

Éditions LA BRUYÈRE 

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Réédition: Éd. Publibook/Société des Écrivains (2010)

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