Les chimères du crépuscule
de Pierre Lucas
Il en avait déjà tué quatre, toutes de la même façon, chacune à un an d'intervalle.
Griffon le savait parce qu'on avait retrouvé les cadavres. Il ne savait rien d'autre, sauf que l'assassin draguait aux petites annonces. Ce devait être un particulier très méticuleux.
Mais il n'y avait pas que ça. Autour, il y avait le reste, les mauvais cons, les truands, les enfants de putains, les pervers, les filles faciles et les hommes désespérés. Un tueur peut toujours en cacher un autre et un flic courir deux lièvres à la fois.
II y avait aussi Alex Gribovitch et Lionel Savary qui faisaient salement un sale boulot que personne d'autre ne voulait faire. Au milieu des embrouilles, le sexe est accessoire. Ça n'empêche pas le facteur d'apporter le courrier ni la cervelle de salir la moquette.
Éditions GÉRARD DE VILLIERS
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Un « commando spécial », surtout à la Police des Moeurs, c'est très utile pour régler au mieux et discrètement les affaires « très » délicates.
On l'appelle Belzébuth, Astaroth, Satan ou Démon. Pour les uns, c'est le Diable, pour d'autres, le Malin. Beaucoup le craignent encore, mais certains et certaines lui ont voué un culte pervers.
Il était apparu un jour en Asie, venant de nulle part, et derrière les multiples identités qu'il empruntait, chacun avait oublié son véritable nom.
Personne,finalement, ne connaissait vraiment Mona Cocherelle.
Une main dépassait du drap, et Lionel Savary eut un choc. Les doigts du cadavre avaient été écrasés au marteau. ce que le mec avait pu raconter à ce moment-là ne l'avait pas empêché d'être buté après. C'étaient les méthodes du pays, fallait faire avec.
Max était mort. C'était du moins ce que tout le monde croyait. Tout le monde, sauf les deux tueurs qui le recherchaient avec une froide application.
Au début, tout le monde avait pensé qu'il s'agissait d'un de ces imbéciles qui font des plaisanteries ineptes au téléphone. Car qui pourrait imaginer sérieusement de lever une rançon sur les prostituées de Paris en menaçant d'en tuer une chaque soir si les filles, les souteneurs et les hôteliers ne se cotisaient pas pour payer ?
Que peuvent bien avoir en commun Bruno Ménitré, trafiquant d'armes et de renseignements de son état, et Agnès Ligsdorff, call-girl de haut vol, à qui ses talents étonnants ont valu une brillante réussite ? Rien. En principe. Et pourtant...
Il peut se passer des choses surprenantes dans une grande ville.
Un chef d'État africain qui taille une prostituée à coups de rasoir, un futur ministre qui se laisse séduire par un minet avant de se laisser acheter par une firme étrangère, une jeune fille de bonne famille qui s'initie à la drogue en compagnie d'un play-boy.
Pourquoi deux tueurs cherchent-ils Caroline Fontan ? Pourquoi s'acharnent-ils à retrouver cette jeune femme, barmaid dans un club très spécial et dont, curieusement, personne ne sait rien de la vie privée ?
Le fait que Caria Harrington s'intéresse à un certain Richard Pleumeur - mort depuis plus de vingt ans - semble préoccuper pas mal de gens, en particulier Anne de Barbet, attachée de presse de son métier, le richissime homme d'affaires Emmanuel Launs, sans oublier Alix Balaguier, bras droit du précédent.
Lorsque, comme Luigi di Silvestrini, on a appris à manier la gâchette aux États-Unis et que l'on a occupé un poste de cadre supérieur au sein de la Horsch, la multinationale du sexe, la tentation est grande de créer sa propre petite entreprise: les donzelles prêtes à emballer ne manquent pas et les clients fortunés amateurs de chair fraîche et rose sont légion du côté des puits de pétrole de l'Arabie heureuse.