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7 février 2014

Voiture 6, compartiment 10

de Jean-Charles Aschero

 

Voiture 6, compartiment 10 de Jean-Charles Aschero
(1986)

- Quelle place avez-vous ? m'a demandé Joubert sur le quai.

 

- Voiture 6, compartiment 10...

 

- Ah ?... Quelle coïncidence... Je serais vous, je ferais attention: selon l'homme que nous avons eu au téléphone (un fou, un mythomane, sûrement !...) c'est dans le compartiment 10, voiture 6, que doit avoir lieu le crime, cette nuit...

 

Éditions Fleuve Noir

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7 février 2014

Porte-bonheur

de Jean-Charles Aschero

 

Porte-bonheur de Jean-Charles Aschero
(1986)

Elle avait traîné un moment du côté de Pigalle. Puis elle était entrée dans ce bar, au hasard. Un petit bonhomme brun, souriant de toutes ses dents écartées, avait vite joué au poisson venant tourner autour de l'hameçon.

 

- Je peux faire quelque chose pour vous, mademoiselle ?

 

- Oui... Je cherche quelqu'un qui pourrait m'aider... Ça peut être dangereux, mais il y a beaucoup d'argent à gagner...

 

Et puis elle s'est lancée:

 

 - Je suis la garde-malade d'un vieux monsieur qui a beaucoup d'argent dans son coffre...

 

Éditions Fleuve Noir

7 février 2014

L'unique témoin

de Jean-Charles Aschero

 

L'unique témoin de Jean-Charles Aschero
(1986)

L'homme a poussé la femme dans le vide. Longue chute du corps le long de la paroi du haut immeuble...  C'est en se redressant qu'il a aperçu le gamin, dans l'appartement d'en face.

 

L'enfant, tout seul, cette nuit, dans le grand appartement de la grande cité...  L'unique témoin du crime.

 

Éditions Fleuve Noir

7 février 2014

Plus que tout au monde

de Jean-Charles Aschero

 

Plus que tout au monde de Jean-Charles Aschero
(1987)

On n'y voyait pas grand-chose. Sinon le mouvement en saccade du dos nu de l'homme se soulevant et s'abaissant rapidement. Et puis on a entendu les gémissements mêlés de l'homme et de la femme. Les râles de celle-ci, rythmant son bonheur, sa jouissance, invitant à "encore, encore, et plus fort encore". Et ce salaud, accélérant le mouvement, l'amenant avec lui à l'abandon complice.  

 

C'est pourtant l'autre qui a crié le plus fort. Celui qui tenait le couteau bras en l'air tendu. Et le râle de celui qui se déchirait s'est terminé dans la souffrance de la lame qui transperçait la peau, passant entre les côtes, atteignant le poumon.

 

Celui-là a juste eu le temps de jouir, puis de mourir !...

 

Éditions Fleuve Noir

7 février 2014

Folies

de Jean-Charles Aschero

 

Folies de Jean-Charles Aschero
(1987)

Plus tard, lorsque les policiers sont arrivés, ils ont découvert le spectacle horrible du jeune homme à la tête fracassée, baignant dans son sang. La hache était restée plantée dans le visage, billot macabre, manche en l'air, ouvrant le crâne en deux lames partageant le front à hauteur des yeux...  

 

Horreur, qui donna un haut-le-coeur à Joubert, pourtant habitué à en voir depuis longtemps...

 

Quand à la fille, enfuie, on la retrouva en peu plus tard dans Paris, traînant sa folie, hagarde, perdue loin d'elle, bête sauvage au regard apaisé redevenu doux, pleine d'incompréhension devant cette énigme, elle-même, cette inconnue...

 

Éditions Fleuve Noir

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7 février 2014

Rendez-vous

de Jean-Charles Aschero

 

Rendez-vous de Jean-Charles Aschero
(1987)

Dans le train qui l'emmenait vers Paris, il se souvenait de ce rendez-vous fixé trente ans auparavant. Se revoyait jeune homme... Et d'abord, la colère de son ami:

 

- Je te hais profondément, et pour toujours !

 

- Si c'est pour cette fille, crois-moi, elle n'en vaut pas la peine, a-t-il tenté de se défendre. Je n'y tiens pas, c'est idiot, tu peux la reprendre.

 

- Mais comment tu es devenu !  Tu te rends compte de ce que tu dis ?  Si tu n'y tenais pas, il fallait la laisser tranquille, nous laisser tranquilles !...

 

- Mon pauvre vieux, benêt et naïf comme tu es...  Si tu ne changes pas, ton avenir n'est pas gagné !

 

- Je verrai bien, a dit le plus jeune, c'est mon affaire...

 

- N'empêche que j'aimerais bien nous revoir dans vingt ou trente ans... Voir ce que nous sommes devenus...

 

Bah! Imbécile, c'est sûr que l'autre ne viendrait pas. Aurait oublié. Il faisait ce voyage (dangereux pour lui...) pour rien !

 

Éditions Fleuve Noir

7 février 2014

Déserteur

de Jean-Charles Aschero

 

Déserteur de Jean-Charles Aschero
(1987)

Alors, puisque l'armée ne voulait pas lui rendre son fils, puisque ce gradé ne voulait rien comprendre, qu'ils voulaient faire de ce garçon doux et pacifique un guerrier, l'enfermer, en faire un homme petit, comme il y en a dans les petits appartements des villes ou les cachots des casernes, le vieux, à qui on ne laissait pas le choix, a sorti l'objet de sa poche.

 

Le lieutenant-colonel a pâli.  Mais bêtement est resté sur place, assis pétrifié derrière son bureau alors que l'autre serrait la grenade dans ses doigts noueux et secs, paysans, et passait l'index de sa main droite dans l'anneau, prêt à tirer:

 

- Maintenant vous téléphonez qu'on libère mon fils, sinon...

 

Éditions Fleuve Noir

7 février 2014

Poudreuse

de Jean-Charles Aschero

 

Poudreuse de Jean-Charles Aschero
(1987)

Le jeune juge ne pouvait plus rien contre Soldani accusé, sans preuve hélas, de se livrer à un énorme trafic d'héroïne. Il allait devoir relâcher le bandit, alors que tout le monde savait bien... Alors que Georges, le frère du petit juge, mourait à l'hôpital d'une overdose !...

 

Alors puisqu'on ne pouvait plus rien dans le cadre de la loi, on allait mener autrement le combat: il allait tuer Soldani. En imaginant pour cela un incroyable moyen...

 

Éditions Fleuve Noir

7 février 2014

Fonds de miroirs

de Jean-Charles Aschero

 

Fonds de miroirs de Jean-Charles Aschero
(1988)

Je me suis demandé soudain ce que je faisais là. Dans cette ville, loin de chez moi, avec cette fille que je ne connaissais pas le matin même, et qui sniffait tranquillement sa cocaïne. Cette étrangère à ma planète, alors... 

 

J'allais pour partir, lorsqu'on a frappé fort contre la porte.

 

- Ouvrez, police ! a gueulé une voix d'homme.

 

Ils sont entrés en force. Ont trouvé dans cet appartement suffisamment de drogue pour pouvoir nous emmener, la fille et moi. Moi aussi... qui n'y étais vraiment pour rien, en plein cirage...  

 

Tellement, que je ne me suis même pas rendu compte que ce n'étaient pas de vrais flics.

 

Éditions Fleuve Noir

7 février 2014

Pulsions mortelles

de Jean-Charles Aschero

 

Pulsions mortelles de Jean-Charles Aschero
(1988)

Il a arrêté sa voiture en plein milieu des Champs-Élysées. De chaque côté, montée, descente, les automobilistes étaient nombreux...  Calmement, il a commencé à se déshabiller. Et lorsque les agents de la force publique ont voulu intervenir, il s'est défendu comme un beau diable, les frappant avec la manivelle du cric...

 

Une autre fois, autre pulsion, il a tout balancé par la fenêtre de sa maison. Tout jeté dans la rue... Alors c'est qu'il était fou.  De cette folie prévue à l'article 64 du Code pénal qui déclare irresponsables et déments les meurtriers qui ont agi sous l'emprise d'une pulsion criminelle.

 

C'est qu'il était fou... ou alors ?...

 

À propos, il était marié, et il avait une maîtresse !...

 

Éditions Fleuve Noir

7 février 2014

Délit de fuite

de Jean-Charles Aschero

 

délit de fuite de Jean-Charles Aschero
(1988)

L'homme, le géant fort comme un boeuf, qui avait traversé la forêt, de nuit, portant sur son dos ce fardeau minuscule: sa femme morte, s'est arrêté arrivé à la route.

 

Lorsqu'il a entendu le bruit du moteur, aperçu la lueur des phares, il a soulevé à nouveau ce corps frêle à bout de bras. Ainsi, on l'aurait crue vivante, debout.  

 

Maintenant, il allait falloir attendre le bon moment pour détendre les bras d'un coup en lâchant prise, envoyer valdinguer son ballot sur la route juste au moment où la voiture arriverait...

 

Éditions Fleuve Noir

7 février 2014

Béa, triste

de Jean-Charles Aschero

 

Béa, triste de Jean-Charles Aschero
(1988)

L'homme qui la suivait depuis le matin, est entré vite dans l'appartement. Il avait un visage de fou et avançait vers elle les poings en avant, menaçant.  Elle a crié tout en assenant le lourd candélabre sur la tête de l'homme.  

 

Elle a crié pour se donner plus de force, pour libérer sa peur et son énergie. Et le sang a jailli, et l'a éclaboussée sur son joli chemisier déboutonné, sur son soutien-gorge, sur ses seins et sur sa peau blanche, douce et délicate.

 

Alors Béatrice s'est évanouie.

 

Éditions Fleuve Noir

7 février 2014

À tue et à trois

de Jean-Charles Aschero

 

À tue et à trois de Jean-Charles Aschero
(1989)

- Nous sommes certains que votre mari a disparu de son plein gré, a dit le commissaire.

 

- Pourquoi ? a-t-elle demandé avec une toute petite voix, elle, qui savait bien que non.

 

- Parce qu'il est richissime, maintenant. Le tabac de la place se souvient parfaitement que le ticket gagnant du Loto qu'il a validé est celui de votre époux. Le jour de sa disparition, votre mari a mis le ticket dans la poche intérieure de sa veste. Tirage le soir même: un milliard six cents millions de centimes. Vous allez dont forcément le voir reparaître... pour encaisser ses gains.

 

- Forcément, a-t-elle dit faiblement, en songeant au cadavre dans la forêt.

 

"Un peu gros", a pensé l'amant complice. Dorénavant les policiers allaient les surveiller.  Ainsi, s'il allait déterrer le corps pour retrouver un hypothétique trésor, il leur fournirait la preuve du meurtre...  

 

Oui, mais s'il ne s'agissait pas d'un piège ?  Un milliard six cents millions de centimes...

 

Éditions Fleuve Noir

7 février 2014

Chaleurs

de Jean-Charles Aschero

 

Chaleurs de  Jean-Charles Aschero
(1989)

Il était en train de buller, tranquille, allongé sous un arbre qui lui faisait de l'ombre, lorsqu'il a aperçu la voiture montant rapidement jusqu'ici, au sommet de la colline. Il a bien vu ensuite, l'énergie insensée sous une telle chaleur, mise en oeuvre par le jeune type sortant du coffre de l'auto le cadavre de la fille blonde, puis l'enterrant dans cette terre trop sèche...

 

Du coup, ce fainéant, dont même le fait de penser constituait un effort, a imaginé l'idée du siècle ! Bien sûr, il a fallu s'agiter un peu, mais alors, le repos éternel assuré !...

 

"À peu de chose près, un crime parfait !", fut contraint d'avouer Joubert.

 

Éditions Fleuve Noir

7 février 2014

Tilt

de Jean-Charles Aschero

 

tilt de Jean-Charles Aschero
(1989)

- Hé ! dis donc, a râlé le basané, tu pourrais au moins t'excuser.  Regarde, tu m'as fait faire TILT alors que j'allais avoir ma partie.

 

Le visiteur de passage qui avait pas mal bu déjà afin d'oublier un peu de ses emmerdes, étranger lui aussi dans cette petite bourgade franchouillarde, ne parvenant pas à trouver une réponse bien sentie et péremptoire, s'est contenté de fermer le poing, sauf un doigt: le majeur brandi en l'air !  Ça a déplu, forcément...

 

- Dis donc, toi, refais ça pour voir !...

 

Alors là, ça n'était pas le moment ! Pas le moment de chercher des noises à un type qui venant d'apprendre son infortune, avait tué sa femme, puis, en vue d'un plan formidable, balancer le tout, voiture et cadavre dans un ravin, était venu jusque dans ces montagnes... mais s'était fait, il y a peu, voler l'auto et son macabre chargement.

 

Pas le moment, pour un, en plus, qui était violent...

 

Éditions Fleuve Noir

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