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14 août 2011

Franco est mort jeudi

de Maurice Gouiran

 

Franco est mort jeudi  de Maurice Gouiran
(2010)

Le 20 novembre 1975, Franco meurt au petit matin à Madrid. Lorsqu’Élisa, réfugiée espagnole, apprend la nouvelle à la Manufacture des Tabacs de la Belle de Mai, c’est son passé, tragique et douloureux, qui ressurgit brutalement.

 

L’été 1936 à Madrid, l’hiver 1938 à Barcelone, la Retirada — cette longue cohorte de désespérés, cette horde de vaincus, de malades, de blessés fuyant l’Espagne et parqués sur la plage glaciale d’Argelès — la mystérieuse disparition de Ramon, son père, alors officier dans l’Armée Populaire Républicaine… Une foule d’images et de vieux fantômes submergent alors ses jours et ses nuits…

 

35 ans plus tard, Élisa n’est plus et l’Espagne met fébrilement à jour les charniers du Franquisme. C’est Manu, son fils, un looser, un peu voyou, un peu paumé, qui, en recevant d’Espagne une lettre destinée à sa mère, va permettre à ce terrible passé de remonter à la surface. Mais Manu n’aurait sans doute pas été bien loin si sa route n’avait croisé celle de Clovis Narigou…

 

Clovis, qui de Marseille à Madrid démêle l’écheveau et tente de percer les mystères entourant la famille espagnole de Manu. Clovis qui enquête, pare les coups et pénètre le Barcelone de la grande époque, celui de Dali et de Picasso… Clovis qui découvre, ahuri, le camp de Karaganda et les horreurs de la guerre civile…

 

Éditions Jigal

 

__________

 

C’est cette fois du côté de l’Espagne et des Pyrénées que Maurice Gouiran va puiser la chair et le sang de son nouveau roman : l’Espagne de la guerre civile, l’Espagne de la dictature, l’Espagne de toutes les horreurs… Mais également les Pyrénées, donc la France, puisque c’est là, du côté d’Argelès, que vont s’échouer et mourir par centaines les réfugiés républicains en déroute.

 

Le décor est posé — terrible, inhumain, cruel —, mais Maurice Gouiran trouve l’art et la manière — le talent — de nous rendre ce récit émouvant et très attachant. Émouvant grâce aux hommes et aux femmes, qui habitent son roman, Élisa, Manu, Fabiola, Pedro, Luiza, Ramon et quelques autres… ce peuple d’anonymes, ces militants qui luttent pour leur survie, ces mômes hagards qui suivent le mouvement, ces femmes qui aiment, protègent et espèrent, ces hommes qui souffrent et tombent au combat…

 

Et si sous l’intrigue les mots sont si denses, c’est parce que ce sont ceux de l’Histoire. Maurice Gouiran nous offre encore une fois un roman à mettre entre toutes les mains, et surtout dans celles de nos enfants, parce que, comme à son habitude, sous ses atours d’écrivain remarqué de polars, il rend possible et accessible un éclairage salutaire sur cette terrible période.

 

__________ 

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