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27 août 2014

Les pavés de l'enfer

de Dominique Ponchardier

https://www.gallimard.fr/var/storage/images/product/a8f/product_9782070251612_195x320.jpgCe que "Week-end à Zuydcoote" est au drame de Dunkerque, ce que "Le caporal épinglé" est à la captivité, Les pavés de l'enfer le sont à la Résistance. C'en est à la fois le roman, l'épopée, le raccourci saisissant, la transcription à l'usage de ceux qui ne l'ont pas vécue, aussi bien que le témoignage vrai, sincère, devant l'Histoire.

Dominique Ponchardier, alias Elizabeth, Beaujard, Prevost, Prevert, le Docteur, etc., considéré par la Gestapo comme un terroriste très dangereux toujours armé et qu'il fallait abattre, raconte dans ce récit, en grande partie autobiographique («Je ne veux pas tricher sur la marchandise, ce ne sont pas des mémoires», dit l'auteur dans sa postface), ce que fut la véritable clandestinité – celle de gens de l'ombre, les bonshommes de la première heure. Scènes étonnantes, dramatiques, tragiques, portraits extraordinaires, impossibles à résumer, qu'on lit avec angoisse et passion.

L'exécution au couteau du traître Durand par Dominique, le meurtre par son frère Pierre de la prostituée qui «vendait» les agents alliés, le suicide imposé au Saint-Cyrien lâche, le sabotage des locomotives, la bagarre inouïe dans la boîte de nuit, peut-être ces tableaux se détachent-iIs particulièrement avec la vigueur de Goyas sur un fond de passages clandestins de frontières, de filatures, d'évasions, d'arrestations, de tortures, d'immenses peines, fatigues et horreurs, d'un lyrisme aussi bien sombre ou tendre, qui vous attache infiniment. Aussi émouvantes sont les leçons que l'auteur tire de ces expériences exceptionnelles.

Éditions GALLIMARD

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