Juste avant l'aurore
de André Besson

Été 1944 dans un paisible village du Haut Pays.
Jusqu'alors préservée du tumulte de la guerre, la communauté villageoise de Grande-Roche voit soudain s'installer chez elle une unité nazie. Les Allemands attaquent bientôt l'important maquis retranché dans la montagne toute proche.
L'offensive est un échec cuisant; de nombreux soldats y laissent la vie et, surtout, le commandant du détachement tombe aux mains des maquisards. Les habitants de Grande-Roche plongent dans la cruelle réalité de l'époque quand en représailles, l'institutrice, le curé, le maire du village sont arrêtés.
Pierrette Tournier, jeune étudiante en médecine et fille du maire, est chargée par les Allemands de porter un ultimatum aux maquisards: si l'officier n'est pas libéré aux premières lueurs du jour, les otages seront exécutés. S'engage alors une course contre la mort...
Éditions FRANCE-EMPIRE
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S'appuyant sur des faits réels, ménageant le suspense jusqu'à la dernière ligne, André Besson signe ici l'un de ses meilleurs romans. L'amour, la haine, la peur, l'espoir, l'abnégation s'y côtoient, donnant à l'ensemble les apparences d'une tragédie grecque.
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La Banque de France est bien gardée. La Reine d'Angleterre aussi. II ne viendrait à l'idée de personne de s'emparer de l'une ou de l'autre. De personne. Sauf de Reiner.
Raner s'arrêta net. Seul dans la salle souterraine, au centre de la piste nue, venait d'apparaître le clown le plus funèbre de toute l'histoire du cirque. Le feldmaréchal claqua les talons et son bras se tendit.
De tous les dangers que l'humanité ait pu connaître, celui-là était le plus terrifiant. Le péril biologique. Un seul homme pouvait arrêter le fléau et stopper la dégénérescence des chromosomes.
Reiner se pencha sur le premier. Il était mort, les vertèbres avaient crevé la peau et formaient un angle droit avec la masse Iranienne, il n'eut pas à perdre de temps à lui faire les poches, l'homme n'en avait pas.
Même le plafond de la cellule était carrelé. Les trois gardiens entrèrent et Reiner s'adossa au mur froid et lisse. Le plus costaud marcha vers lui: 110 kg de muscle, à vue de nez, il était torse nu, sentait la sueur et ses pectoraux roulaient à chaque pas. Les deux autres attendaient près de la porte, la mèche de leur fouet de cuir serpentant sur le sol.
Les trois plaques blindées isolaient le sous-sol de la banque, de la chambre des coffres. Quatre-vingt-quinze centimètres d'épaisseur (acier détrempé à l'oxygène avec alliage de molybdène, cobalt et vanadium).
Huit jours que les frontières de l'État étaient bouclées depuis que Reiner l'avait sorti du pénitencier.
Rico souleva ses 147 kilos. Derrière lui, les trois gardes du corps attendaient, immobiles.
Laurence frappa le visage du tueur, mais il ne parut pas s'en émouvoir: il glissa sa main entre la peau et l'étoffe et, d'un seul coup, déchira le slip. Violée et noyée, pensa Laurence. Un beau doublé. Elle partit sur la gauche et vit la main déformée par les eaux s'abattre sur sa gorge.