Exorcisme
de Carlo Gébler

Le 22 mars 1895, on retrouve dans un village du comté de Tipperary, le corps carbonisé d'une jeune paysanne, Bridget Cleary.
L'enquête révèle vite ce que tout un chacun savait: victime d'un coup de froid, la belle Bridget a été "soignée" par le sorcier du coin, qui officie avec la bénédiction plus ou moins tacite de l'Église, elle aussi obsédée par les affaires du "Démon".
Et ce sont les siens, tous ceux qu'elle aime - son mari, sa tante, sa cousine - qui vont prêter la main, plusieurs jours durant, à cet exorcisme barbare, longue séance de torture pratiquée sur un corps réputé "impur", à l'issue de quoi l'infortunée Bridget finira transformée en torche vivante, sous le regard horrifié et fasciné de témoins rendus complices.
Éditions PHÉBUS
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Ils sont quatre. Vaguement paumés, copains mal assortis, mais bien décidés à vider les coffres d'un lointain cousin, banquier de son état. Un coup facile qui devait rapporter gros.
Monique et Sylvie sont copines, copines d'usine parce que voisines sur la chaîne. Quand leur entreprise est délocalisée, elles sont avec les autres ouvriers devant les grilles pour crier leur colère.
Hélène mène une vie étriquée. Entre son compagnon, poète du dimanche obsédé par la dégradation de son quartier, son amant qui aime la voir défiler en petite tenue et un voisin envahissant atteint d'un délire sécuritaire contagieux, Hélène s'ennuie.
C'est fascinant de voir sa vie défiler en 90 minutes. De réaliser qu'une existence et tant de morts tiennent en si peu de temps.
Le business ne s'est jamais embarrassé de moralité. Aujourd'hui, le rapatriement des sans-papiers a remplacé les petits trafics d'hier, avec toujours la même règle: se faire du pognon.
C'est l'histoire d'un mec un peu naïf qui avait juré pouvoir partir sans se retourner. Un jour, sa route croise celle de l'Histoire.
" Evidemment, si j'avais su qu'en entrant dans mon couloir, ils allaient retourner ma maison, bouleverser mon âme, compromettre le déséquilibre social et pire : m'obliger à supprimer la télé, alors évidemment, je me serais dit " Ma petite Sylvie, fais la morte ou l'aveugle ", mais là, je ne me suis pas méfiée, pensez, c'étaient des gosses. Des beaux. Avec des jolies raies dans leurs jolis cheveux. Et chez nous, dans le Nord, on ne se méfie jamais des jolis enfants. Enfin, heureusement, il me reste le chocolat, et la culture prolétaire que m'a léguée ma maman ".
" Je suis depuis si longtemps coincé entre une grenade et une kalachnikov que la violence de leurs aciers est devenue la mienne, au point de me faire perdre la noblesse de mon fil et mon identité. Et déjà, je suis bien... "
C'est l'histoire d'une rencontre entre générations dans un non-lieu, mais surtout la tentative de comprendre où le fil de la mémoire s'est rompu au long du parcours.
Août 1990, sur la route de Nuoro en Sardaigne, un jeune couple est sauvagement assassiné, les deux corps sont “joliment allongés” à côté de leur voiture immatriculée à Bologne.
Nous sommes à Rome pendant la campagne de Silvio Berlusconi. L’inspecteur Ruben Massei fait ce qu’il a toujours fait, consciencieusement. Il classe, il recoupe, il reconstitue les faits, enfermé dans un univers méthodique et froid.
Au cours d'une partie de chasse, le corps d'une enfant est retrouvé dans un bois : un doigt est enduit d'huile, l'autopsie révélera un avortement subi récemment. Ines Ledda est la quatrième fillette de Nuoro à avoir disparu en deux ans ; toutes fréquentaient la même école.
Sur le chantier d'un immeuble en construction, un cadavre couvert de sang, mais sans impact de balles, semble narguer le juge Corona et le jeune commissaire Sanuti, fraîchement débarqué du Continent.