Un cercle est une surface plane limitée par une courbe dont tous les points sont à égale distance d'un point fixe intérieur appelé centre.
Mais c'est aussi un endroit fermé et réservé à une minorité de privilégiés. C'est un lieu défendu par les tabous et par l'argent. Et la société tout entière est une superposition de cercles concentriques de plus en plus étroits devant lesquels piétine la foule des jeunes gens aux dents longues, des jeunes loups qui cherchent à pénétrer dans le cercle par tous les moyens - même par le crime.
Et le crime lui-même est un cercle. Le dernier cercle. Le cercle sans issue, dans lequel le criminel est condamné à tourner, inexorablement, jusqu'à sa propre destruction.
La dague, enfoncée exactement entre les deux omoplates, à gauche des vertèbres, était bien la sienne. Elle avait été enfoncée de main de maître, juste au point anatomique utile pour que la pointe touche le coeur.
Autour, la maison silencieuse dormait avec ses belles bibliothèques, ses pipes. la grande cheminée où les braises noircissaient. Et le chat, couché, immobile, qui le regardait de ses yeux d'or...
Le commissaire divisionnaire Lucien Napoléon Paolini avait une qualité singulière. Il était obstiné. En outre, il possédait une intuition parfois déconcertante.
Alors, quand il suivait la piste qui menait au repaire du Grand Méchant Loup, mangeur de Petits Chaperons Rouges, il fallait beaucoup plus qu'un ministre en exercice, beaucoup plus que les menaces et même les tentatives d'assassinats pour lui faire lâcher prise...
Dans le Paris à la fois mordoré et pluvieux du début d'automne, Paolini, enrhumé comme à l'accoutumée, va découvrir, peu à peu, le crime le plus surprenant de sa carrière - et le plus habile.
Sous l'ardent soleil de cet été-là, la petite ville gasconne dormait au bord de sa rivière, cernée par les côteaux où grimpaient les vignes.
Castel Loupiac s'étirait avec son église romane du XIIIe, sa halle de bois du XVe, ses chais où brunissait le vieil armagnac, son stade où chaque dimanche l'équipe de rugby à XV de deuxième division rameutait la foule hurlante de ses supporters, sa grande rue tranquille et ses deux fontaines.
Cet été devait être un été comme les autres, orageux et paisible. Mais la Mort était là...
Le métier de camionneur est fatigant. On a souvent des idées bizarres, vers deux heures du matin, quand on conduit un quinze tonnes depuis douze heures.
Mais voir surgir, dans les phares, une fillette nue comme la main, fardée et parée de bijoux comme une idole, ça fiche un coup !
Surtout quand, par la suite, on retrouve la gamine noyée dans une rivière...
C'est forcément une surprise pour un jeune juge d'instruction, nommé à son premier poste, de découvrir qu'en plein XXe siècle, en France, sous les yeux des braves gens, des filles sont "marquées", torturées et assassinées par des proxénètes.
Et quand il découvre que le juge qui doit "dire" la loi a la plus grande difficulté à le faire...
Question: pourquoi un O.P. modèle, un vieux flic exemplaire à quelques mois de la retraite, décide-t-il, soudain, de monter le "casse" du siècle ?
C'est-à-dire de voler, dans son sous-sol, blindé et défendu par le Système de Protection le plus sophistiqué du monde, "L'Homme au Casque d'Or" de Rembrandt, la perle de la Collection Gugenheim ?
Réponse: parce que, avec l'amour, la haine est la force qui mène le monde...
Pourquoi un honorable P.D.G. éprouve-t-il le besoin de fouetter de jolies blondes ? Et pourquoi, un beau soir, entre-t-il, un couteau à la main, dans la chambre d'une jeune femme ?
Et pourquoi le retrouve-t-on assassiné ?
C'est à ce genre de questions que doit répondre un jeune commissaire divisionnaire de la P.J., mais tout se complique quand la jeune femme violée est la femme qu'il aime...
Un vieux hobereau de quatre-vingts ans, multimillionnaire et célibataire, qui vit avec ses bonnes dans son castel gascon bourré de merveilles et noir de crasse, et qui s'intéresse encore aux femmes, ça risque de mal finir.
Le crâne éclaté, par exemple, sous une décharge de plomb, au cours d'une chasse à la Palombe...
Une blonde, très jeune et très belle, qui sort d'un ascenseur, couverte de sang, la gorge ouverte, et qui vient mourir dans vos bras, avouez-le, ce n'est pas un spectacle ordinaire...
Que les jeunes gauchistes aiment faire exploser des bombes au nom des Grands Principes de la Libération des Peuples Opprimés, nul ne l'ignore. On se croirait même, ces derniers temps, à Guatemala-City ou à Bogota !
Mais qu'ils aillent, au nom de "la violence révolutionnaire objectivement nécessaire", assassiner à coups de matraque un des plus importants P.D.G. d'Europe, c'est une tout autre affaire.
Et c'est ainsi qu'un beau jour, le commissaire Napoléon Paolini va devoir se pencher sur le mécanisme d'une bombe à retardement d'une fabrication tout à fait singulière, une bombe qui n'en finit pas d'exploser, pulvérisant un petit monde refermé sur lui-même et arrachant les masques.
On trouve des tas de choses le long de la Bièvre, cette charmante petite rivière de Seine-et-Oise qui reçoit le long de ses rives, chaque dimanche, la horde des Parisiens "pique-niqueurs" des papiers gras, des boîtes de conserve, des bouteilles vides, des journaux et des emballages de plastique.
Mais on y trouve rarement une ravissante blonde, nue comme la main. Surtout si ladite blonde a été tuée à l'aide d'une aiguille enfoncée en plein coeur et si elle porte un triangle rectangle encadré de trois lettres majuscules tatouées sur l'épaule gauche...