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29 novembre 2011

Vika devient superstitieuse

de Cornil Marcus

 

Vika devient superstitieuse de Cornil Marcus
(1965)

Un coucou lança ses deux notes mélancoliques. Vika tressaillit. N'était-ce pas un signal ?

 

« Il était à ma droite quand il chantait. À droite, c'est la route, la campagne. Le Midi. Non, c'est absurde ! »

 

Mais le dicton, elle le connaissait depuis son enfance : Le coucou du Midi est le coucou de la mort. Elle se retourna, alarmée. Ce bruit ? Elle ne bougea plus. Au loin, un ronflement de moteur, qui allait croissant. C'était Norman. Le désir lui vint de courir vers la route. Ce bois soudain, lui faisait peur

 

Elle obliqua à droite. Le coeur lui battait vite et fort. « J'aurais dû garder l'automatique pour moi,» se reprocha-t-elle. Elle chercha, dans sa bourse, le pistolet à air comprimé. Elle n'eut pas le temps de s'en saisir. Avec un rugissement contenu, Blix se ruait sur elle, le poing levé.

 

Librairie des Champs-Élysées

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29 novembre 2011

Les crustacés d'Armor

de Cornil Marcus

 

Les crustacés d'Armor de Cornil Marcus
(1962)

René Kerninon voulait mourir parce que celle qu'il aimait avait péri dans un accident d'avion. Plus rien ne le retenait dans un monde où il se sentait étranger à tous, où chacun lui était étranger.

 

Son fils François manquait désespérément des qualités qu'un père souhaite rencontrer chez son successeur, sa belle-fille Sabine ne l'aimait pas en dépit de la tendresse qu'il lui avait toujours témoignée, son frère Yves le haïssait. Enfin, sa petite usine de conserves de crustacés ne l'intéressait pas au point de le retenir dans un monde où il estimait n'avoir plus rien à faire.

 

C'est pourquoi, à Pascoet, nul ne fut surpris d'apprendre que René Kerninon avait mis fin à ses jours. Par contre, on s'étonna qu'il ait choisi une aussi vilaine façon de mourir : se noyer dans le vivier aux homards dont les terribles pinces...

 

L'affaire aurait été classée pour ne point porter préjudice à une vieille famille bretonne très attachée aux choses de la religion, si l'inspecteur Pierre Masson qui, anonymement, fouinait dans le coin à propos d'une histoire d'espionnage, ne s'était mis de la partie.

 

Librairie des Champs-Élysées

29 novembre 2011

Cette gourde de Vika !

de Cornil Marcus

 

Cette gourde de Vika ! de Cornil Marcus
(1963)

En 1961, lors d'un congrès de psychologie, à Los Angeles, un savant suédois, le docteur Bertil Gustafsson, attira l'attention de ses collègues sur les dangers qui pourraient résulter de l'utilisation du tricyano-amino-propène dans un régime policier ou totalitaire.

 

Or, certains groupes songent à employer ce produit, dans le dessein d'asseoir leur domination sur le monde. Le savant est enlevé.

 

Mais la police de sécurité se met de la partie. Parisot, écrivain français invité par le riche Nils Engström, se trouve malgré lui entraîné dans le tourbillon des événements.

 

Et dire qu'il venait en Suède pour y passer de paisibles vacances !

 

Librairie des Champs-Élysées

29 novembre 2011

Avec les salutations de Vika

de Cornil Marcus

 

Avec les salutations de Vika de Cornil Marcus
(1963)

Le blessé murmurait un nom qui ressemblait à Karl. À moins que ce ne fût Carole. Penchée sur lui, l'infirmière écoutait de toutes ses oreilles.

 

L'infirmière ? Kirill devait bientôt découvrir qu'elle appartenait à la police de Sécurité et que, si elle avait reçu en baptême le nom d'Elvy Fagerlund, elle était connue aussi sous celui de Vika.

 

Une jeune personne fort active, que cette Vika ! Après Kirill, Eidar allait le constater à ses dépens. Mais elle était aussi d'une grande affabilité et ne manquait jamais de se rappeler au bon souvenir de ses ennemis, aussi bien qu'à celui de ses amis les plus chers !

 

Librairie des Champs-Élysées

29 novembre 2011

Le secrétaire et Vika

de Cornil Marcus

 

Le secrétaire et Vika de Cornil Marcus
(1965)

Karin Mellvig eut un geste d'incompréhension.

 

— Atteinte de surdité ? répéta Stahmer, forçant la voix.

 

—Jamais de la vie ! répondit elle. Et je vous le défends bien !

 

— Surdité ? cria-t-il.

 

— J'ai bien compris crudités ! Je ne tolère pas qu'on m'en serve !

 

— Vous êtes donc sourde comme un pot ?

 

— Quel impôt ?

 

— Sourde ? hurla-t-il.

 

— Gourde vous-même !...

 

Cette fille déconcertait Stahmer, tout comme elle avait déconcerté Urdin, directeur d'une singulière agence matrimoniale, et Teichert, son inquiétant secrétaire. Et d'autres encore apprendraient bientôt à la connaître : le colonel Daubercy, la pétulante et vindicative Birgitta, et... Brienne !

 

Librairie des Champs-Élysées

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29 novembre 2011

Une île si paisible

de Ray Lasuye

 

Une île si paisible de Ray Lasuye
(1974)

Je demeurai un instant immobile, essayant de fouiller l'ombre du regard, puis m'avisai que, planté comme je l'étais au milieu de la chaussée, je formais une très belle cible.

 

Je m'en avise trop tard. Au moment où je vais me jeter dans l'ombre, une voix m'ordonne de rester sur place. Elle vient de quelque part sur ma gauche, c'est-à-dire de la lisière de la forêt que la lune frappe obliquement. Je tourne les yeux dans cette direction.

 

Et, de nouveau, je le vois. Long et maigre, vêtu d'un pantalon et d'un chandail, il se dresse entre deux pins, à quelques pas de moi, et me menace d'un pistolet au canon duquel l'astre nocturne accroche un froid et dur éclat.

 

Librairie des Champs-Élysées

29 novembre 2011

Un parfum de citronnelle

de Ray Lasuye

 

Un parfum de citronnelle de Ray Lasuye
(1970)

Je projetais de regagner Mers-les-Bains pour y reprendre possession de ma voiture. "Une heure de travail" avait estimé le garagiste, après un rapide examen. La réparation devait être terminée. En pressant le pas et, cette fois, sans avoir à lutter contre un vent défavorable, je pouvais arriver chez lui en un quart d'heure.

 

Mais ce projet ne se réalisa pas. Quelqu'un - homme ou femme, je n'aurais su le dire - y mit obstacle. Je me souviens seulement que c'était au sortir de l'impasse et que, une fraction de seconde avant de recevoir un coup violent au-dessus de l'oreille droite, une bouffée de parfum, se mêlant à l'odeur d'iode et de varech apportée par le vent du large, me parvint aux narines.

 

Un parfum que je percevais pour la seconde fois et qui me rappelait la citronnelle.

 

Librairie des Champs-Élysées

29 novembre 2011

Sachez vous défendre !

de Ray Lasuye

 

Sachez vous défendre ! de Ray Lasuye
(1972)

L'inconnu paraissait avoir recouvré sa maîtrise. Nous l'entendîmes murmurer un instant, sans saisir la moindre de ses paroles, auxquelles répondait brièvement Queniart.

 

Puis se succédèrent, un bruit de pas, l'ouverture d'une porte.

 

— Ce sera bientôt votre tour, chuchota la jeune femme. Courage, monsieur Wattebled !

 

Je lui jetai un regard de surprise.

 

— II est très dur. Sachez vous défendre !

 

Librairie des Champs-Élysées

29 novembre 2011

Retour de baptême

de Ray Lasuye

 

Retour de baptême de Ray Lasuye
(1975)

Le meurtrier venait d'éteindre la lampe quand il lui sembla percevoir un bruit de pas, le long de la façade. Il se sentit blêmir.

 

Quelques instants plus tôt, il avait cru surprendre un bruit semblable, mais à présent ?... Plus rien. Sauf l'impression d'une présence derrière le mur, et le pressentiment que s'il sortait...

 

À tâtons, il se dirigea vers l'escalier, qu'il gravit rapidement. Il entra dans une pièce, dont la fenêtre était ouverte, s'approcha de cette dernière, jeta un regard furtif, recula aussitôt après. Là en bas, il y avait quelqu'un. Un homme revêtu d'un imperméable clair...

 

Éditions Librairie des Champs-Élysées

29 novembre 2011

Maintenant, fermez la fenêtre !

de Ray Lasuye

 

Maintenant, fermez la fenêtre ! de Ray Lasuye
(1954)

...Frenchie tendit le pistolet par le canon, en souriant. " Reprenez votre bien je vous prie. Cela peut servir quelquefois. Je vous remercie pour l'aide que vous m'avez apportée."...

 

Il s'inclina devant elle, puis enjamba le châssis et se laissa glisser dans l'allée. Quand elle se pencha au dehors, elle ne distingua rien. La nuit de mars était noire. Elle repoussa la fenêtre, une fenêtre à la mode française qui s'ouvrait à deux battants.

 

Elle pensa que si sa chambre n'avait été éclairée que par les bonnes vieilles fenêtres anglaises qui ne s'ouvrent qu'en coulissant de bas en haut, le visiteur nocturne n'aurait pu s'introduire chez elle aussi facilement. Mais c'était de sa faute, après tout, avec sa manie de dormir la fenêtre ouverte. Elle tira les rideaux, alluma la lampe, regarda autour d'elle et se mit à douter de la réalité.

 

Elle se demanda si elle n'avait pas rêvé. Mais non, elle était bien debout, un peignoir sur les épaules, son pistolet inutile posé sur la table.

 

Librairie des Champs-Élysées

29 novembre 2011

Les dollars coûtent cher

de Ray Lasuye

 

Les dollars coûtent cher de Ray Lasuye
(1971)

 - Qu'est-ce que c'était ? s'informa le shérif.

 

 - Chlorure d'éthyle. Rien de grave. Les doses n'ont pas été trop fortes.

 

Les deux hommes disparurent. Jim, assis à côté de Molly, la soutenait avec une douce fermeté. Il lui tapota l'épaule en demandant si elle se sentait mieux.

 

- Oui, je crois, murmura-t-elle.

 

Sam, qui allait se retirer, vint se planter devant eux.

 

- Qui est-ce qui a fait le coup ?

 

- Je ne sais pas, je n'ai rien vu, répondit la jeune femme sans lever les yeux. Quelqu'un derrière moi m'a appliqué un paquet de coton sur le visage.... Elle eut une nouvelle nausée et gémit: laissez-moi tranquille, pour l'amour de Dieu ! Je voudrais être morte !

 

Librairie des Champs-Élysées

29 novembre 2011

Les chevaux de Dalecarlie

de Ray Lasuye

 

Les chevaux de Dalecarlie de Ray Lasuye
(1960)

Le Paris-Scandinavie Express vient à peine de s'ébranler que Raoul Séverin se voit souhaiter un bon voyage par un chinois des plus polis. Et, bien sûr, de sérieux ennuis ne tardent pas à se manifester. On s'intéresse fort à lui dans ce train : Schneider, Fabienne, Monika, Van Kemmel...

 

Quand il leur tire sa révérence, c'est tout de même avec un regret au coeur pour Monika. Parce qu'elle est très belle, cette suédoise. Ou plutôt, elle le serait si un désolant strabisme ne rendait son regard insaisissable. Et puis, elle met tant de douceur dans ces mots : "jag älskar dig", qu'on ne peut y rester insensible.

 

À Stockholm aussi, on s'intéresse fort à lui. Il est juste de préciser qu'il n'est pas venu en Suède dans un but touristique, mais pour prendre livraison d'une paire de chevaux dalécarliens. Le plus difficile n'est pas d'en prendre livraison mais bien de les exporter frauduleusement.

 

L'amour ne lui rend pas la tâche plus aisée.

 

Librairie des Champs-Élisées

29 novembre 2011

Les bons comptes

de Ray Lasuye

 

Les bons comptes de Ray Lasuye
(1957)

S'il tient à s'épargner des ennuis, un détective privé ne doit pas se charger d'un cambriolage, même pour le compte de la police.

 

Dès les premiers pas, Antoine s'aperçoit que tout va de travers. Il devait monter jusqu'au troisième : il ne va pas plus loin que le second. Il pensait faire la connaissance de Mme Pollet : il rencontre Amandine.

 

Une brune piquante, Amandine, surtout quand elle manie une scie à pain ! Et plus attirante qu'un aimant. Rien qu'à la voir marcher, les messieurs seuls se découvrent une soudaine envie de lui faire des confidences. Elle ne les décourage pas. C'est un bon coeur, avec une belle silhouette autour.

 

Aussi brune que Gilberte est blonde. Parce que, naturellement, et malgré Antoine, Gilberte entre dans l'histoire. Au fond, il n'aura pas à s'en plaindre, pas plus que l'inconnu d'Ostende, aux dépens de qui, cependant, elle mettra en pratique le proverbe : "Les bons comptes font les bons amis."

 

Librairie des Champs-Élysées

29 novembre 2011

Le visiteur du crépuscule

de Ray Lasuye

 

Le visiteur du crépuscule de Ray Lasuye
(1971)

Bien qu'il eût envisagé précédemment l'hypothèse d'un guet-apens, il ne renonçait nullement à rentrer chez lui. Mais il s'y présenterait l'arme au poing et prête à cracher le plomb, en cas de nécessité !...

 

"Onze heure moins douze" lut-il au cadran de sa montre, avant de mettre pied à terre. Ce fut la dernière chose dont il se souvint.

 

L'instant suivant, sur un coup très sec, porté à la nuque par le tranchant d'une main, il s'écroulait sur le sol, sans même avoir entrevu son agresseur, et sombrait dans l'inconscience.

 

Librairie des Champs-Élysées

29 novembre 2011

Le passager de la "fouine"

de Ray Lasuye

 

La passager de la "fouine" de Ray Lasuye
(1970)

Quelques autos circulaient encore sur la route du bord de mer, et leurs feux de croisement, en dépit du brouillard qui en réduisait la portée et l'éclat, permirent à Jef de se reconnaître. Il s'approcha lentement de sa voiture, prêt à répondre à toute nouvelle agression et à cogner dur, s'il avait enfin la chance de trouver Willy à portée de son poing.

 

Prêt à toute éventualité, sauf à celle qui se présenta. Une automobile, garée non loin de la sienne, tous feux éteints, dont il venait seulement de remarquer la présence, l'éclaira de ses phares soudains allumés. Il recula précipitamment tandis qu'une jeune femme mettait pied à terre.

 

II reconnut en elle sa propre femme, Rachel, partie la veille sans la moindre explication, et se trouva bientôt contraint de penser que cette apparition inattendue, à peu de distance de l'endroit où l'on venait d'attenter à sa vie, témoignait peut-être d'une criminelle complicité.

 

Librairie des Champs-Élysées

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