Le sergent Bertrand
- Portrait d'un nécrophile heureux -
ou
Dans la division 47 : les restes de François Bertrand, un homme dont la tombe n’est plus visible depuis longtemps. Il s’agit du sergent Bertrand, qui se rendit tristement célèbre au milieu du XIXe siècle et qu’on appelait « le vampire », le mot « nécrophile » n’étant pas encore employé. En 1849, un conseil de guerre le condamna à un an de prison pour violation de sépulture. Ce tribunal n’avait pas voulu regarder le sergent comme aliéné, mais les médecins qui examinèrent avec intérêt ce cas singulier, affirmèrent que ce jeune homme, qui avait suivi des études de philosophie et de théologie avant de s’engager dans l’armée, n’avait nullement son libre-arbitre.
« Une pointure »
François Bertrand a sévi dans plusieurs cimetières parisiens ou de province. La nuit, il escaladait les murs, exhumait des cadavres - féminins de préférence - puis s’adonnait à des pratiques nécrophiles et/ou seulement - si l’on peut dire - nécrosadiques.
Concrètement : les cadavres étaient atrocement mutilés… Déjà, dans son enfance dans un village de la Haute-Marne, Bertrand avait souvent vécu en pensée ce genre d’actes et mutilé des corps d’animaux en se masturbant.
Éditions Albin Michel
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Michel Dansel a reconstitué ce qu’a vécu le nécrosadique après sa libération de prison en 1850. Il vécut d’abord deux ans en Algérie : il s’était engagé comme simple soldat au 2e bataillon d’infanterie légère d’Afrique. Bertrand rejoignit ensuite Le Havre.
Il s’y maria avec Euphrasine Delaunay, une couturière, eut des enfants, occupa divers emplois et changea souvent de domicile. Pendant ces années, des profanations de sépultures et mutilations de cadavres eurent lieu à Sainte-Adresse (1864) et à Graville (1867).
La responsabilité du sergent Bertrand dans ces actes n’a pas été prouvée mais, pour Michel Dansel, pas de doute : c’était bien signé Bertrand ! À propos de l’affaire de Sainte-Adresse, il écrit dans le livre précité : « Seul un nécrophile de la pointure de Bertrand, suffisamment madré en matière de nécrosadisme, pouvait être l’auteur de cette profanation ».
François Bertrand est mort en février 1878 à son domicile de l’impasse Sarde (Saint-Nicolas) et sa veuve à l’hospice général, rue Gustave-Flaubert, en 1907.
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