Le commissariat de Vigata reçoit une lettre anonyme postée depuis la ville voisine de Montelusa. Rédigée en lettres capitales au stylo à bille, elle contient un avertissement très clair : un certain Annibale Verruso a découvert que sa femme, Serena Peritore, est infidèle, et il a l'intention de la faire assassiner. L'auteur anonyme conclut en mettant la police face à ses responsabilités si le drame venait à se produire.
L'histoire commence lorsque Antonio Cosentino, un professeur de français excentrique exerçant au lycée local de Vigata, se présente au commissariat. Passionné d'astrologie, d'occultisme et de sciences divinatoires, le professeur affirme avec le plus grand sérieux qu'il a "vu" la mort imminente de l'un de ses collègues, un homme qu'il déteste profondément.
Pour justifier sa démarche, Cosentino tente de citer à Montalbano une œuvre du XVIIIe siècle, Le Diable amoureux de Jacques Cazotte. À sa grande surprise, le commissaire interrompt le professeur : homme de grande culture et grand lecteur, Montalbano connaît déjà parfaitement l'ouvrage ainsi que les anecdotes ésotériques qui l'entourent. Malgré cette complicité intellectuelle fortuite, Montalbano reste un flic de terrain : il rejette fermement les prédictions et renvoie le professeur, classant l'affaire comme une simple bizarrerie locale.
L'histoire commence par une tragédie intime pour le commissaire : Calorio (de son vrai nom Livio Zanuttin), un sans-abri érudit, est retrouvé assassiné. Cet homme excentrique mais profondément digne vivait paisiblement à l'intérieur du relitto d'une vieille embarcation échouée sur la plage de Marinella, non loin de la maison de Montalbano.
Calorio n'avait aucun ennemi connu en ville. Montalbano le connaissait très bien et l'appréciait beaucoup ; le commissaire s'arrêtait régulièrement sur la plage pour discuter longuement avec lui de grands romans et de littérature classique.
L'histoire débute par la découverte d'un mort dans une carrière. Cet assassinat rallume immédiatement les tensions historiques à Vigata entre deux familles mafieuses rivales de longue date : les Cuffaro et les Sinagra.
Ces deux clans partagent une règle tacite mais stricte de vengeance, un principe d'équité absolue (par condicio) : chaque meurtre commis par un camp doit être suivi par l'élimination d'un membre de l'autre camp, laissant alterner les cadavres de manière parfaitement équilibrée. Or, un jour, cette alternance méticuleuse semble se briser, et l'une des deux familles paraît ignorer la règle.
La mère de Michela Prestia se présente au commissariat de Vigata pour signaler la disparition prolongée de sa fille. Michela est une jeune femme d'une beauté remarquable qui, issue d'une famille extrêmement pauvre, avait fui sa maison dès l'âge de quinze ans pour tenter de trouver une vie meilleure. Son passé a été marqué par des traumatismes et une période de prostitution.
Cependant, la vie de Michela a radicalement changé lorsqu'elle a rencontré Saverio Moscato, le comptable de la cimenterie locale. Ils sont tombés éperdument amoureux l'un de l'autre, et Michela a enfin trouvé auprès de lui une existence stable et respectée. Ce départ soudain semble donc totalement inexplicable et inquiète profondément ses proches, d'autant plus que Michela a cessé d'envoyer l'argent qu'elle donnait régulièrement à sa mère.
- Une géante au sourire gentil
L'intrigue se concentre sur le Docteur Saverio Landolina, un gynécologue de Vigata âgé d'une cinquantaine d'années, réputé pour son sérieux, son éthique irréprochable et son grand professionnalisme. Landolina est marié à une femme d'une stature physique particulièrement imposante, toujours d'une humeur égale et douce, que tout le monde surnomme affectueusement la "géante au sourire gentil".
C'est précisément en raison de la présence de cette épouse imposante et de la réputation de droiture du médecin que la très stricte et conservatrice famille de la jeune Mariuccia (vingt ans) accepte de lui confier le suivi médical de leur fille. Le gynécologue précédent, le professeur Gambardella (90 ans), vient en effet de mourir subitement d'un infarctus en pleine consultation.
- Un journal intime de l'année 1943
Tout commence à Vigata lors de la démolition d'un vieux silo à grains de l'époque fasciste. Au milieu des décombres et de la poussière, on découvre un petit carnet caché : le journal intime de Carlo Colussi, un adolescent de quinze ans, rédigé au cours de l'été 1943.
Le directeur d'école, le très cultivé professeur Burgio, apporte le document à Montalbano. En parcourant les pages jaunies, le commissaire découvre les pensées d'un jeune homme profondément endoctriné par l'idéologie fasciste de l'époque. Mais une note précise, datée de l'immédiat après-8 septembre 1943 (jour de l'armistice de Cassibile), glace le sang du policier : le jeune Carlo y confesse à demi-mot avoir commis un acte terrible, lié à la planification d'un attentat contre les soldats américains tout juste débarqués en Sicile.
L'histoire commence de façon intime : Montalbano partage un repas avec son amie, la vieille maîtresse d'école paralytique à la retraite, Clementina Vasile Cozzo. Au cours de la discussion, Clementina confie au commissaire une inquiétude majeure concernant sa propre ancienne institutrice, Antonietta Fiandaca, une femme aujourd'hui âgée de 95 ans.
La très vieille dame, qui vit seule, est terrorisée. Elle affirme avec conviction que le diable hante régulièrement sa maison à la nuit tombée, manifestant sa présence terrifiante par une insupportable odeur de soufre et de fosse septique.
L'histoire commence alors que le commissaire Montalbano doit impérativement se rendre à Rome pour affaires. Malheureusement, en raison d'une double grève surprise des avions et des ferries, il n'a d'autre choix que de prendre le train de nuit au départ de la gare de Palerme.
Pour couronner le tout, il n'a pu obtenir qu'une couchette en seconde classe dans un compartiment pour deux personnes. L'idée de devoir passer une nuit entière confiné dans un espace aussi minuscule avec un parfait inconnu le met d'une humeur exécrable.
L'histoire débute le matin du 28 du mois de manière très surprenante : Pepè Rizzo, le propriétaire d'un magasin de chaussures situé sur la très fréquentée via Roma de Vigata, s'apprête à ouvrir sa boutique. Il transporte avec lui une mallette. Deux hommes à bord d'une voiture surgissent, le bousculent à l'intérieur de son magasin et lui dérobent brutalement la valisette.
Cependant, le vol tourne immédiatement au ridicule : la voiture des braqueurs refuse de démarrer. Profitant de cette panne stupide, Pepè Rizzo sort de sa boutique armé d'un pistolet, tient les voleurs en respect et les force à lui restituer sa mallette avant qu'ils ne parviennent à prendre la fuite à pied. Interrogé par la police, Rizzo minimise l'affaire, refuse de porter plainte et prétend que la mallette ne contenait que des papiers sans importance.
Alors qu'il se déplace dans la ville, Montalbano est victime d'un pickpocket qui parvient à lui dérober son portefeuille. Agacé d'avoir baissé sa garde en tant que policier, il s'apprête à faire les démarches nécessaires.
Cependant, le véritable mystère commence lorsqu'il retourne à son hôtel : le réceptionniste du hall lui remet son portefeuille. En l'ouvrant, le commissaire constate avec stupeur que le portefeuille est totalement intact ; rien n'a été volé, ni son argent, ni ses papiers d'identité, ni ses cartes.
Un jeune homme de bonne famille du village, Nenè Scòzzari, tombe éperdument amoureux de la magnifique acrobate. Profitant de l'absence momentanée du mari et du frère, la jeune femme invite Nenè dans son camping-car pour une nuit passionnée.
Cependant, les deux hommes reviennent plus tôt que prévu et surprennent le jeune homme. Au lieu de déclencher une violente bagarre, ils conçoivent une vengeance particulièrement cruelle, perverse et théâtrale pour lui faire payer son audace. Ils l'agressent, le ligotent en secret et font disparaître sa voiture.
L'histoire se concentre sur Carlo Memmi, un habitant de Vigata qui mène une vie paisible de chasseur et de pêcheur après avoir revendu son salon de coiffure. Son père, Antenore, était un barbier connu pour être un fasciste notoire à Parme, où il s'était montré particulièrement cruel envers ses opposants politiques durant la guerre. Après la chute du régime, le père s'était réfugié en Sicile pour refaire sa vie, avant de mourir assassiné des années plus tard lors d'un retour nostalgique dans sa ville natale, éliminé par ceux qui n'avaient pas oublié ses actes.
Un vieil immigré italo-américain retourne dans sa ville natale de Vigata pour découvrir que son nom de naissance y est inscrit sur le monument aux morts. Malgré l'intervention du commissaire Montalbano auprès de la bureaucratie locale, le poids du déracinement et de l'oubli pousse finalement le protagoniste au suicide.
L'histoire débute au milieu de la nuit, vers deux heures et demie. Alors qu'il rentre chez lui en voiture, le commissaire Montalbano croise une femme âgée marchant seule, tranquillement. Elle est vêtue d'une manière très élégante mais singulièrement désuète, arborant des vêtements noirs, des talons hauts et un chapeau d'un autre temps. Intrigué et un peu inquiet pour sa sécurité, Montalbano s'arrête et lui propose de la raccompagner. La vieille dame accepte avec grâce ; elle se présente sous le nom d'Angela Clemenza et frappe le policier par la pâleur irréelle de ses yeux bleus.
- Ce que racontait Aulu-Gelle
L'histoire commence sous une météo exécrable. Montalbano revient d'un entretien particulièrement tendu avec le nouveau préfet de Montelusa. Alors qu'un violent coup de vent s'engouffre dans sa voiture dont le chauffage est en panne, le commissaire, transi de froid et de mauvaise humeur, décide de faire une halte. Il s'arrête dans une petite taverne isolée sur la route de Fiacca, recommandée par un ami : la taverne de Filippo. Dans une salle vide, l'ambiance se réchauffe vite autour d'un excellent plat de poulpes à la napolitaine.
L'histoire commence au cœur de la nuit lorsque Romildo Bufardeci, un ancien garde de nuit à la retraite, surprend le vieux Orazio Genco. Genco est une figure bien connue à Vigata : c'est un cambrioleur "à l'ancienne", un "svaligiatore" d'appartements d'un autre temps, qui n'a jamais abandonné son métier malgré son âge avancé.
Bufardeci l'aperçoit distinctement en train de sortir par la fenêtre d'une villa de vacances, actuellement vide de ses propriétaires. Persuadé de tenir un coup fumant, l'ancien gardien accuse immédiatement Genco de vol et alerte le commissariat de police.
La routine de la petite localité est bousculée par l'arrivée d'un petit cirque itinérant et misérable. Malgré le manque de moyens flagrant de la troupe, les collègues de Montalbano ne cessent de lui vanter l'attraction phare du spectacle : une prestigieuse voyante capable de deviner le passé et l'avenir des spectateurs à coup sûr. Piqué par la curiosité et un brin sceptique, le jeune vice-commissaire décide d'assister à une représentation.
Comme chaque année lors de la réouverture de leur maison de campagne située à Cannatello, le journaliste de télévision Nicolo Zito (l'un des rares véritables amis du commissaire) et son épouse Taninè invitent Montalbano à partager un repas dominical. Après avoir savouré la cuisine improvisée et généreuse de Taninè ainsi que de gigantesques cannoli, le commissaire s'isole pour s'accorder une sieste digestive bien méritée.
Le commissaire Montalbano déjoue une intrigue machiavélique où un prétendu suicide en fauteuil roulant s'avère être une mise en scène macabre orchestrée pour faire accuser le frère de la victime. L'enquête révèle que le riche orfèvre handicapé a planifié sa propre mort dans les moindres détails pour se venger définitivement de son cadet.
- L'homme qui suivait les enterrements
L'histoire commence par la découverte d'un crime odieux à Vigata : Pasqualino Cutufa, un homme d'une cinquantaine d'années doux et sans histoires, est retrouvé assassiné d'un coup de pistolet dans la tête
Pasqualino était une figure bien connue et pittoresque du village : depuis qu'un grave accident sur un chantier de construction l'avait laissé handicapé et inapte au travail, il s'était trouvé une unique et étrange occupation : assister scrupuleusement à tous les enterrements de la région, marchant systématiquement en tête de cortège pour pleurer les défunts, même s'il ne les connaissait pas.
Le commissaire Montalbano doit enquêter avec la plus grande discrétion sur des accusations de comportements déplacés visant un maître d'école à Vigata. Grâce à son analyse psychologique et à sa patience, il parvient à disculper l'enseignant tout en protégeant l'enfant d'une rumeur infondée
L'histoire trouve ses racines dans la jeunesse du commissaire. En 1968, alors qu'il avait 18 ans, le jeune Salvo Montalbano participait activement aux mouvements étudiants de contestation. Au cours d'une manifestation violente qui avait dégénéré en affrontements directs avec les forces de l'ordre, il s'était retrouvé aux côtés d'un camarade de classe particulièrement intrépide.
Ce jeune homme, surnommé "Le Yack" (ou Yak) en raison de son caractère farouche, sauvage et solitaire, s'était illustré en allumant un cocktail Molotov face aux policiers avant de disparaître dans la confusion.
- Les deux philosophes et le temps
L'intrigue commence par une agression violente à Vigata : une prostituée locale est retrouvée sauvagement rouée de coups. Très vite, les soupçons se portent sur un suspect idéal : un marin du port, un homme rustre mais curieusement qualifié de "philosophe" par Montalbano en raison de sa manière d'analyser la vie. Les premiers éléments laissent penser qu'il aurait commis cet acte barbare dans le seul but pervers de ressentir une forme d'excitation ou de plaisir sadique.
- Cinquante paires de chaussures cloutées
L'histoire remonte à l'été 1943, lors du débarquement allié en Sicile. Profitant du chaos général et de la fuite de l'armée italienne, un chevrier nommé Michele Borruso pille un magasin militaire abandonné. Au milieu du matériel, il s'empare d'un trésor inattendu : cinquante paires d'indestructibles brodequins militaires cloutés.
Des décennies plus tard, son fils, Gaetano Borruso, a hérité des terres et du troupeau de son père, ainsi que de quarante-huit paires de ces fameuses chaussures, toujours stockées et intactes. Gaetano est un berger paisible, mais il subit la loi d'un malfrat local, le chef de bande Casio Alletto, qui passe son temps à le harceler et à lui voler ses chèvres en toute impunité.
Une des enquêtes les plus insolites et farfelues du commissaire Montalbano. L'intrigue prouve qu'un œil de lynx peut déceler un trafic international majeur derrière un détail insignifiant
L'histoire commence sous le signe de la détente. Suivant les recommandations enthousiastes de son adjoint et ami Mimì Augello, Montalbano décide d'emmener sa fiancée éternelle, Livia, passer une journée de vacances loin de tout.
Leur destination est une minuscule crique sauvage, isolée et déserte, située à trois kilomètres après le phare de Capo Russello. Pour atteindre ce havre de paix préservé du monde, le couple doit accomplir une véritable traversée en bateau, chargés d'un grand sac réfrigérant rempli de sandwiches et de bières fraîches. En débarquant sur cette plage splendide, Livia s'extasie immédiatement et s'écrie : « Quel coin de paradis ! »
L'histoire se déroule pendant les fêtes de fin d'année. Alors qu'il avait prévu de refuser toutes les invitations pour passer un réveillon du Nouvel An tranquille et solitaire, Montalbano est terrassé par une très forte crise de fièvre.
C'est précisément cette nuit-là qu'un drame éclate à l'hôtel où il réside. Le mari de la directrice et co-propriétaire de l'établissement, Rosina Liotta Locastro, est retrouvé assassiné par arme à feu dans l'une des chambres.
Le commissaire Montalbano se trouve en déplacement à Palerme (ou en congrès à l'extérieur selon les versions) pour participer à une grande conférence officielle. Pour le commissaire, cet événement est une véritable épreuve psychologique : grand timide face aux foules, il redoute par-dessus tout de devoir s'exprimer en public, une situation qui le fait invariablement bégayer et trembler de nervosité. Pour s'isoler et apaiser ses angoisses avant l'événement, il s'accorde un bon repas dans une trattoria près du port, puis entame une lecture tranquille à son hôtel
- Mobile à double tranchant
L'histoire commence par la découverte macabre du corps d'Attilio Gambardella, un vieil homme infirme aux yeux strabiques et à la bouche tordue, retrouvé sauvagement assassiné d'une trentaine de coups de couteau à son domicile.
Le suspect idéal apparaît immédiatement : le fils de la victime. Une voisine — une femme imposante qui terrifie Montalbano par sa stature — affirme avec certitude l'avoir entendu menacer violemment son père peu de temps avant le drame. Elle accuse ouvertement le fils, affirmant que le mobile du crime est tout simplement l'héritage.