Les "habits d'ombre", ce sont ceux des bannis. Certainement pas des enfants de choeur, non, mais des apatrides. Ceux qui ont perdu et sont condamnés à l'errance, à n'en plus finir d'expier l'échec de leur rêve.
Des clandestins cernés par les trahisons et la pression d'un monde parfaitement organisé pour sa conservation. Des coupables parfaits, fragiles pour certains, méconnus, tâchés de tout le sang qu'on leur mettra sur les mains. Des gens manipulables. Des victimes idéales, pour d'impressionnantes manoeuvres souterraines visant à d'autres buts que d'établir une justice. Loge P2, mafia, services secrets et politiques...
À Paris, quelques uns de ces soldats essaient d'oublier. Claudio est de ceux-là. Il revient du Mexique. Il ne veut plus se battre. Quelques jours après son retour, un homme est déjà mort.
« L'ennui, c'est que je ne suis pas un immigré, mais un bizarre réfugié politique sans statut, un résidu des "années de plomb", condamné à devenir en échange d'un carré bivouac sur le territoire français...
Mais le pire de mes ennuis, c'est que j'ai un pote trop curieux, et qu'à force de mettre son nez dans l' Histoire, surtout quand cette Histoire concerne la collusion du Parti Communiste Italien avec les pouvoirs occidentaux les plus réactionnaires, je n'ai plus la moindre chance de rester pépère dans mon bivouac ... »
Cesare Battisti est né en 1954 à Cisterna di Latina, au sud de Rome, dans une famille d'ouvriers profondément enracinée dans le communisme. En 1968, il entre au lycée d'orientation littéraire Alessandro Manzoni, et il ne tarde pas à entrer dans la contestation étudiante, bien que très jeune encore. Il fait ses premiers séjours en prison dès 1971, pour de menus larcins, puis progressivement plonge dans la délinquance et est arrêté et condamné à 6 ans de prison pour vol à main armée en 1974. La prison lui fait connaître des militants d'extrême-gauche qui vont largement influer sur ses idées politiques. Il est libéré, poursuivi à nouveau, il rejoint alors la clandestinité et la lutte armée dans le cadre d'un groupuscule "Prolétaires Armés pour le Communisme" (le PAC), organisation peu structurée qui va commettre des hold-ups et des meurtres, qu'elle revendique. Les tireurs sont identifiés et condamnés en 1981.
Cesare Battisti se défend d'avoir participer à ces assassinats, ayant quitté l'organisation dès 1978, mais il est tout de même arrêté et condamné en 1981, pour appartenance à une bande armée. Aidé par des membres du PAC, il s'évade et se réfugie au Mexique. L'arrestation d'un des chefs du mouvement remet en question l'implication de Cesare Battisti dans ces meurtres et l'Italie le condamne en 1988, par contumace pour un double meurtre et deux complicités d'assassinat.
Au Mexique, où il s'est installé, il vit de petits boulots, travaille dans des restaurants, puis crée une revue littéraire en 1986, participe à la création du "Festival du Livre" de Managua et organise la première "Biennale d'Arts Graphiques de Mexico". Il commence à écrire, poussé dans cette voie par le romancier Paco Ignacio Taïbo II et il collabore à plusieurs journaux.
En 1985, le Président Mitterrand s'est engagé, dans ce qu'on appelle "La doctrine Mitterrand" à ne pas extrader les anciens activistes italiens qui ont rompu avec la violence. Cesare Battisti se décide à rentrer en France en 1990, il est cependant arrêté à la demande de l'Italie, mais relâché après cinq mois de prison, la demande d'extradition de l'Italie ayant été rejetée. Il s'installe alors à Paris, prend un travail de gardien d'immeuble, continue ses aventures littéraires et commence sa carrière d'écrivain. En 1993, paraît son premier roman, Les habits d'ombre, chez Gallimard dans la Série Noire, puis en 1994, l'ombre rouge et en 1996, Buena onda, toujours chez le même éditeur. Cesare Battisti a choisi le roman noir, qui lui permet d'exprimer tous ses thèmes favoris, la politique, l'action, la lutte armée, l'engagement... la révolution , il écrit en italien, mais surveille de près les traductions et parfois, dans certains de ses romans mélange l'italien et le français.
En 2000, un de ses romans majeurs paraît chez Rivages, Dernières cartouches, il situe l'action dans son Italie natale, celle des Années de plomb, poursuit avec Avenida Revolución en 2001 puis écrit J'aurai ta Pau, une aventure du Poulpe, toujours en 2001. La vie qu'il s'est construite avec femme et enfants, la production littéraire qu'il accumule toutes ces dernières années lui ont presque fait oublier qu'il était un exilé protégé par la promesse de la France depuis 1991, la Préfecture de Police de Paris lui ayant même délivré une carte de résident valable jusqu'en 2007. C'est sans compter sur la justice italienne qui le condamne après un ultime appel, pour assassinat. En 2004, il est de nouveau arrêté pour être extradé, c'est le début de "l'Affaire Battisti": artistes de tous bords, écrivains, personnalités politiques et publiques protestent, des écrivains de polars forme un collectif avec à sa tête, l'auteure Fred Vargas qui le défend dans un livre, paru chez Viviane Hamy, "La vérité sur Cesare Battisti". Le Conseil de Paris vote alors un résolution, soutenant Cesare Battisti, il est alors remis en liberté surveillée, mais un jugement de la Cour d'Appel de Paris rend une décision favorable à son extradition, des batailles juridiques et des polémiques s'engagent...
C'est alors de nouveau l'exil pour Cesare Battisti, "la cavale", recherché par la police française, il fuit au Brésil où il est arrêté en 2007, après que la Cour de Justice Européenne qui a été saisie de l'Affaire statue sur l'irrecevabilité de la plainte déposée par l'auteur en 2006. La Presse se fait l'écho des échanges entre la justice brésilienne et italienne, les polémiques dans les journaux sont quasi quotidiennes, les signatures s'accumulent sur les listes de soutien, mais Cesare Battisti, après plusieurs mois d'attente dans les prisons brésiliennes, est extradé... L'auteur, pour autant n'a pas cessé d'écrire, soutenu en cela par des éditeurs et tous ceux qui l'aident, au travers d'un Collectif de défense et en 2006, deux livres paraissent: L'eau du diamant chez Rivages et "Ma cavale" chez Grasset. De nombreuses rééditions de ses ouvrages voient le jour cette même année, une aide financière précieuse pour Cesare Battisti et sa famille.
En 2011, Cesare Battisti est sorti de la prison de haute sécurité de Papuna près de Brasilia où il était incarcéré depuis quatre ans, après que la Cour suprême du Brésil a rejeté son extradition vers l'Italie.
🛑Mise à jour:
[ Arrêté en 2019 en Bolivie, il est transféré à la prison d'Oristano en Sardaigne pour purger une peine de prison à vie, pour laquelle il a été condamné par contumace. Le 25 mars 2019, il reconnaît sa responsabilité dans quatre assassinats, responsabilité pour laquelle il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1988. Il présente ses excuses aux familles des victimes et déclare : Tout ce qui est écrit dans le jugement est la vérité. J'ai commis quatre homicides, j'ai tué Santoro et Sabbadin et suis responsable aussi de la mort de Torregiani et Campagna. J'ai blessé trois personnes, j'ai commis des vols pour me financer. Je me rends compte du mal que j'ai fait, et je demande pardon aux familles des victimes.
Il avoue avoir trompé les intellectuels et politiques de gauche qui l'ont soutenu, déclarant : Je n’ai jamais été victime d’une injustice. Je me suis moqué de tous ceux qui m’ont aidé, je n’ai même pas eu besoin de mentir à certains d’entre eux.
Le 19 novembre 2019, après l'appel de la défense demandant de commuer la peine de réclusion à perpétuité en 30 ans de prison rejeté par la cour d'assise d'appel de Milan, le 17 mai 2019, la Cour de cassation rejette de nouveau l'appel, ce qui rend définitive la peine. ]
(Sources: Wikipédia / liberation / 20minutes )
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Elleon a retenu:
« Lorsque j'écris une histoire, ce qui m'intéresse le plus, c'est de comprendre les hommes et les femmes qui en font partie, les raisons profondes de leurs actes, noirs ou roses... »
Helga Rolfe a épousé soixante millions de dollars... et un très vieux mari, ce qui ne va pas sans certaines contraintes. Et si ces conditions ne sont pas respectées, pour elle, finie la belle vie.
Mais il n'est pas toujours facile de résister, et quand elle rencontre Larry, un jeune Américain, beau et charmant, elle pense pouvoir faire ses fredaines sans courir aucun risque. Comment pourrait-elle imaginer dans quel guêpier elle va se fourrer ?
L'insouciance fait bientôt place à l'inquiétude, puis à la terreur tandis que monte un climat de tension intolérable, digne des plus grands romans de James Hadley Chase.
- On nous offrira plutôt un coup de masse d'armes sur le coin de la tronche.
Cette enquête à surprises fait passer Malloy par toute la gamme des émotions: bigames, élégants gardiens de résidences somptueuses, mannequins, acrobates aux yeux bridés, paralytiques, maîtres-chanteurs...
C'est dans ce milieu étrange et hétéroclite que se dénoue l'énigme...
Avec les héros, c'est comme avec la Bourse, il faut être prudent. Mallory, par exemple, était-il un vrai héros ?
Tête brûlée, d'une audace folle, certes. Mais n'avait-il pas livré, sous la torture, les autres membres de son groupe de Résistants ?
Comment en être sûr, se demandèrent les survivants, qui n'avaient plus que l'idée fixe de venger leurs copains disparus, à moins d'aller le chercher chez lui. Et la meute s'élança, s'égara, se divisa...
Ce renard-là avait un avantage: il connaissait ses chasseurs comme s'il les avait faits.
Parmi les trésors prêtés par le Musée de l'Ermitage de Leningrad et exposés à Washington, figure l'icône de la Grande Catherine, d'une valeur de plusieurs millions de dollars.
Un gang, spécialisé dans le vol d'oeuvres d'art, réussit à faucher l'icône, mais l'acheteur exige qu'elle lui soit livrée à Zurich. Et là, l'inénarrable Lepski, le super-flic de Paradise City, qui se rend pour la première fois en Europe, va tenir, à son insu, un rôle dans le transport clandestin de ce chef-d'oeuvre...
Mais si tout le monde est refait, ce n'est vraiment pas de sa faute...
« L’homme au complet brun écarta les rideaux d’un coup d’épaule et fit un pas en avant. Vif comme l’éclair, il passa la cordelière par-dessus la tête de la fille et la serra autour de son cou. Lui appuyant un genou au creux des reins, il la projeta en avant, à quatre pattes. Il se laissa alors tomber sur elle, et la maintint au sol. La cordelière mordit dans la chair, transformant le hurlement d’angoisse en un gémissement presque imperceptible. Il accentua la pression de son genou entre les omoplates et l’étreinte de la cordelière. Il mâchait toujours régulièrement son chewing-gum. »
— Ainsi, dit Kit, vous allez prendre cette pauvre fille comme bouc émissaire. C'est elle que les flics accuseront du vol. Et s'ils la rattrapent ? Ils la feront parler. Ils se rendront compte immédiatement qu'elle n'est pas coupable. Alors ?
— Ils ne la rattraperont jamais, fit Calvin. Ils la retrouveront, mais elle ne sera plus en mesure de... parler.
Kit frémit, se raidit.
— Après tout, dit Calvin, vous le voulez, cet argent, oui ou non ? Moi, oui. Et rien ne m'arrêtera.
Jerry Stevens, acteur de second plan en chômage, se voit proposer un engagement de 1000 dollars par jour pour incarner John Ferguson, un des types les plus riches du monde. Pas à l'écran, mais dans la vie.
C'est afin de permettre à l'homme d'affaires de conclure un marché en secret, sans être harcelé par ses concurrents et les journalistes. Stevens accepte ce rôle de « doublure ». Mais le fabuleux cachet cache la pilule. S'il entre dans la peau du personnage, il sombre en même temps dans un cauchemar d'intrigues, de meurtres, et risque de perdre la vie sous l'identité d'un autre.
Petit rôle, on n'est pas grand-chose, soit, mais quand même !
On avait effacé la maman, descendu son coquin, étranglé sa fille. Quant au papa, qui était banquier, on lui avait fourni une fille en toc pour remplacer la vraie. Comme il ne la connaissait pas, il ne risquait pas d'avoir des doutes.
Bref, du gâteau ! Les portes de la chambre forte nous étaient quasiment ouvertes. Et il a fallu que ça foire. Nous, les petits assassins, on n'a vraiment pas de veine.
Un trio édifiant. Le premier était un assassin, un nazi, un raté et un pas beau.
Le second, lui, était un fort joli garçon. II était également assassin. Et disciple du marquis de Sade.
Quant à la troisième, c'était le genre épave. Voleuse, mais elle gâchait le métier. Et complètement sourde, avec ça.
Avec cette fine équipe, on pouvait s'attendre à tout. Même à ce qu'ils choisissent, pour théâtre de leurs violences et de leurs folies, une paisible demeure de la verte campagne anglaise.
Éditions Gallimard
Édition originale en anglais et français sous le nom de Raymond Marshall: Éd. du Scorpion (1950)
Lui, un ancien prof de tennis, il tuait le temps en regardant le petit écran: il était paralysé à la suite d'un accident. Quant à elle, la belle garce, elle préférait les jeux de mains aux miracles de l'électronique.
II était jaloux, elle était chaude, j'étais disponible. En plus, ils étaient riches.
Alors, quand elle me proposa de l'aider à pratiquer une certaine euthanasie...
Cooper alla répondre au téléphone dans la pièce voisine et la blonde me murmura à l'oreille :
— Magne-toi, Toto ! Ce vieux dégoûtant m'a promis un collier de perles ! Des fois qu'il changerait d'idée.
— Vous bilez pas !
Je me mis au travail et, en moins de deux, j'ouvris le coffre-fort. Sur trois rayons s'entassaient des billets de cent dollars. La blonde se pencha. Son haleine me chatouilla le cou.
— Oh ! Funérailles ! s'écria-t-elle. Qu'est-ce qu'on attend pour se servir ?
"Alors, la vieille, faudrait peut-être songer à passer l'arme à gauche un de ces jours. On est patients, mais tout de même..."
Voilà ce que pensaient les trois personnes qui formaient l'entourage immédiat de la richissime Mme Morely-Johnson. Son chauffeur, Bromhead, anglais distingué et faussaire de génie, Sheila Oldhill, sa dame de compagnie, charmante et dévouée, enfin le séduisant Patterson, son banquier qui s'était fait piéger en beauté dans cette combine.
Mais il existe des gens assez dingues pour ne pas aimer l'argent. Et des vieilles dames qui ont la vie dure.