Au milieu d'une meute d'animaux abandonnés et recueillis par une séduisante amie des bêtes, le cadavre d'une vieille femme égorgée.
Et qui croyez-vous qu'on trouve mêlés à cette sale histoire ?
Votre serviteur, Serguïe Djerbitskine, dit Machin, journaliste et son compère, maître Pascal Delcroix. Il n'y a pas à dire, on mène une vie de chien avec nos "copains", les gitans des Sablons.
Certes, les arcans, du chou, ils en ont, comme tout le monde, mais c'est du chou débile. C'est du moins ce que le présent et édifiant ouvrage tend à insinuer.
Parce que réussir sans bavure un merveilleux casse "P.T. Tesque", pour finir dans la baille, après avoir été allumé par les poulets d'une part, les Yougos de l'autre et les "collègues" de la troisième, eh bien, ça ne s'explique pas uniquement par la cerise ou les bisbilles entre frangins flingueurs...
Le dieu ricanait cruellement en faisant tomber ses ténèbres sur la ville.
Les flics iraient à la caravane de Mario, ils trouveraient une perruque d'un beau noir de jais, des nichons en plastique, un revolver d'ordonnance qui avait servi, il y a pas longtemps, dans un terrain vague.
Ils iraient aussi chez Pascaline qui ne pourrait pas leur indiquer un bon coin de pêche, mais raconterait bien des choses.
Et, ils relâcheraient Toto, Toto qui s'en irait de sa démarche otarine, une grande paix dans le coeur, Toto sous le soleil de cuivre rouge du crépuscule qui prendrait la route du midi, vers un pays où les appareils photo coûtent cent sous, où les putes se donnent sans rechigner pour une poignée de sable...
Est-ce que le dieu cruel lui laisserait une chance ?
J'ai dit qu'elle était plutôt moche, mais ça n'est pas complètement vrai, disons qu'elle se fagotait toujours comme une angliche dans des pantalons informes et des pulls avachis, mais, elle avait des yeux bleus extraordinaires et un sourire éclatant, même si ses dents n'étaient pas d'un alignement parfait et, pour peu qu'elle arrangeât sa coiffure de chien fou et qu'elle fût maquillée, elle eût pu figurer dans le Livre des Raccords.
« Nous, bien sûr, on est des Berrichons, d'entre Chateauroux et Bourges, on n'a pas la grosse cote avec les Parisiens, qu'on serait lourds, méfiants, un peu retardés, pour tout dire pleins de croyances obscures.
Seulement, on a quand même la télévision et les hippizes, on sait ce que c'est ! Des jeunes qui se droguent et qui prêtent leurs femmes à tout le monde.
Alors, quand on les a vus débarquer...
Éditions Gallimard
🎥Adaptation au cinéma par Georges Lautner sous le titre "Quelques messieurs trop tranquilles" (1974)
Haute surveillance. Il n'était pourtant pas un homme dangereux malgré qu'on dise qu'il ait tué.
On tue beaucoup plus parce qu'on a peur, presque jamais par méchanceté pure.
D'ailleurs, les assassins de naissance n'étaient pas en prison et ne connaîtraient jamais l'enfer. Juste les panthéons et les arcs de triomphe. Il savait qu'il lui faudrait s'évader pour aller jusqu'au bout de sa défense, pour jouer la conservation de tout ce en quoi il avait cru.
« Mon papa et moi, on forme une bonne équipe: arnaques maison, braquages en tout genre, un peu de viande froide à l'occasion... Bref on fait notre petit cahin-caha de chemin dans l'existence.
Et, comme on a de la psychologie, il y a belle flinguette qu'on a compris que le Mitan, c'est donneurs, vacheries et cie.
Paddy O'Flaherty et Pickwick-Pickwick Kadigbaku sont deux gardiens de la Barrière anti-dingos, dans le Grand Never-Never land du Nord australien.
L'un est un Blanc désenchanté, l'autre un énigmatique Aborigène et, lorsqu'ils découvrent qu'un quintuple meurtre a été commis dans leur secteur, qu'on les en accuse et qu'ils ont contre eux la police du coin, une tribu en proie à toutes les tentations et un glacial gros propriétaire terrien, les deux hommes ne savent plus à quel kangourou se vouer.
D'autant qu'une mystérieuse et ravissante routarde européenne se jette dans leurs bottes, que le désert ardent et ses phénomènes météorologiques s'en mêlent, que les gros camions s'envoient en l'air et qu'une créature échappée des pires cauchemars ados semble mener la danse au pays du Jamais-Jamais.
Mais Paddy et Pickwick-Pickwick sont des rudes gars du bush et, compagnie minière ou tribu belliqueuse n'ont qu'à bien se tenir face à leur virile complicité...
Une sorte de hideux iguane avec des pinces coupantes de homard et à l'abdomen visqueux se promenait sur mon corps nu et remontait lentement vers mon visage.
Je ne pouvais m'en débarrasser pour la raison que je me trouvais au centième étage d'un building oscillant, et que mes mains étaient occupées à maintenir un équilibre précaire. Quand il arriva sur mon visage, il leva sa tarière répugnante et déposa dans ma bouche entrouverte une kyrielle d'oeufs sucrés et de toute évidence, vénéneux comme des boules de sureau.
- Il est bien moche, ton pays d'adoption, ai-je dit à Machin qui m'attendait, tout fiérot, à l'aéroport de la Tontouta.
« J'ai bien vu que je faisais de la peine au gros journaliste (qui avait d'ailleurs sensiblement maigri), mais j'étais dans une humeur de chien, dans ce petit matin grisé de Nouvelle-Calédonie qui n'évoquait pas du tout la carte postale exotique. »
Vingt-six heures, coincé dans une bétaillère baptisée indûment, du nom d'avion, des escales à piétiner devant un bar fermé (Bahrein), des boutiques qui n'acceptent pas l'argent français (Singapour) ou dans une annexe de La Mecque (Djakarta) où la salle d'attente était transformée en lieu de prière.
« J'ai d'abord cru que ma profession de fabricant de polars me flanquait des hallucinations.
Ma garce de femme que je rencontre inopinément chez un vieux politicard vicelard. Des meurtres qui me paraissent gratuits, et qu'on me colle sur le dos. Est-ce que je vis ou est-ce que je rêve un roman de mon invention ?
Et quand j'ai compris, enfin, que je portais le chapeau pour une histoire de chantage politico-truandesque, il était presque trop tard. »
Un enterrement en achélème, ça serait plutôt rigolo, un côté hâtif préside à la cérémonie, laquelle prend de ce fait une allure de déménagement.
Le corps de Marité avait été rendu à Grogembre qui n'en avait pas voulu dans l'appartement, l'avait laissé en dépôt à la morgue de l'hôpital, mais on sait pourquoi le matuche tenait à ce qu'on fasse un crochet par son immeuble, histoire sans doute de montrer aux voisins qu'il faisait dans les règles et d'atténuer le furtif de l'affaire.
C'est bien connu, on enterre toujours les assassinés discrètement, comme s'ils s'étaient rendus coupables d'une indélicatesse grave à l'encontre de la famille, un manque de savoir-vivre, justement.