La dame de Birmanie
de Pierre Lucas
Elle était belle et apparemment très riche. Tout le monde appréciait son intelligence, son goût, son humour et sa classe. Quelques personnes, celles qui partageaient ses penchants, connaissaient aussi son inclination pour les soirées très spéciales.
Et ce fut seulement quand elle mourut, assassinée par un tueur professionnel, au cours d'une orgie particulièrement soignée, que l'on s'aperçut qu'en fait personne ne savait vraiment qui elle était ni d'où elle venait.
Un mystère qui devait entraîner le commissaire Griffon et son équipe dans une enquête insensée que compliqueraient singulièrement la perversité sexuelle des uns, la férocité des autres et, pis que tout, l'innocence de certains.
Éditions GÉRARD DE VILLIERS
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Tout avait commencé avec la mort mystérieuse de Fabienne Domnon, prostituée de haut vol retrouvée avec un pic à glace dans le dos dans cet appartement de Los Angeles.
Entre Lille et Denain, entre Maubeuge et la frontière belge, les Dingues du Hainaut, écument la province.
Gâtée, la belle flic Claire Montardon, pour ses débuts à Paris: Inspecteur à la Criminelle, elle doit faire équipe avec les Moeurs, les grands rivaux.
Maxime et Benoît étaient amis depuis toujours. Ensemble ils avaient fait de brillantes études. Ils avaient partagé l'argent, les petits boulots, les soirs de cafard comme ceux de joie. Maintenant, ils continuaient.
Un lieu dit « Le jardin des délices », un miroir brisé, un cadavre inopportun et un banal accident de voiture vont lancer le commissaire Griffon et son équipe dans la plus étrange enquête de leur carrière.
Les Birmans n'étaient pas loin. Ils s'étaient arrêtés en route pour boire et pour baiser les gamines qu'ils avaient emmenées avec eux. On leur est tombé dessus le lendemain à l'aube. Il en est resté huit au tapis, les autres se sont tirés.
II y a Bart, que tout le monde croit mort et qui, dans l'ombre, place ses pions.
Meurtres...kidnappings...viols...traite des blanches...
Gribovitch et Sophie Leclerc désignèrent le sachet plastique où gisait l'agenda partiellement détruit et ensanglanté.
Plantée dans l'embrasure de la porte, Suzette tripotait négligemment un couteau de cuisine dégoulinant de sang frais.
Les mannequins qui déambulaient à l'écran en tenue légère étaient tous maquillés de la même façon : visage d'une blancheur de poupée japonaise et grosse larme dorée sur la joue droite.
Une affaire bien juteuse que cette agence très spéciale dirigée par un industriel du vice, offrant sur catalogue aux P.D.G. argentés en quête d'âme soeur des proies aussi juvéniles que consentantes. Une productivité en progression explosive en cette période d'austérité.
Une princesse balkanique qui n'est sans doute qu'une aventurière... Une aventurière française qui est peut-être une femme du monde... Un fonctionnaire international qui monnaie son influence... Un dégénéré libérant ses pires instincts sadiques... Des pantins dérisoires ou sanglants dont Hans Gurtner, trafiquant homosexuel vieillissant, tire les ficelles pour se prouver qu'il est encore lui-même...
Lancée à pleine vitesse, Roberte chuta lourdement sur la glace. D'un coup d'oeil effaré, elle vit ses deux partenaires s'écrouler à leur tour. L'un d'eux, emporté par son élan, fonçait droit sur elle, glissant sur le dos, pieds en avant. Les fers acérés de ses patins griffaient la piste où fusaient des gerbes d'étoiles neigeuses... Ce fut sa dernière vision.