Du rififi au Brésil (Escadron de la mort)
Dans le noir, le couteau à cran d'arrêt d'Olivio fit entendre son imperceptible déclic... L'indic laissa échapper un râle court. Olivio lui avait planté son couteau dans le dos. Juste entre les croisillons formés par les pattes de la salopette.
Ramon ne poussa pas un soupir. Attaqué par derrière, surpris, il n'eut pas le temps de comprendre. Benson lui avait bloqué la gorge de son avant-bras et, s'aidant du genou enfoncé dans les reins, il lui avait brisé la nuque, en arrière.
Les deux corps s'affaissèrent en même temps au sol comme deux sacs vides…
Éditions PLON
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Édition originale: Éd. Plon (1968)
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À l'intention de l'agent Mike Coppolano: le 17 mai le Rio Grande, un cargo battant pavillon panaméen a dérivé, par suite d'avarie, dans les eaux territoriales égyptiennes. Arraisonné, il a été trouvé porteur d'une cargaison d'armes destinée, paraît-il, à l'État d'Israël. L'équipage a été interné, la cargaison saisie.
Les dents de Mike grincèrent. C'était duraille de balancer la sauce dans une telle circonstance. De sang-froid. Comme un vrai tueur. Son doigt frémit sur la gâchette.
Bontemps se précipite, le calibre à la main. Trop tard. On s'écarte de lui. Le portier de l'hôtel à tout hasard derrière un taxi. La peur. Par terre, allongée, une silhouette. Un cadavre. Cette fois, le patron du gang du bétail y est allé trop fort.
Il s'accroupit auprès du tueur dont le corps cassé en deux sur la table basse avait la tête qui effleurait le sol déjà rougi. Les lunettes avaient sauté du nez du bandit et gisaient dérisoires dans une flaque de sang.
À droite, était la jungle épaisse du Pérou, à gauche, celle du Brésil et devant et derrière de l'eau, de l'eau, de l'eau.
Le bijoutier leva les yeux vers la holdopeuse. L'arme à sa hanche, en position de tir, elle lui siffla d'une voix aiguisée par la colère:
Le contremaître avança d'un pas:
Le jeune tueur menaça Francine de son arme:
Le Jean-Marie, bon bougre timide et doux, transpire dans son lit. Rêvant du petit corps écartelé de sa dernière victime. Une nouvelle crise s'abat sur lui... Il faut qu'il tue encore une fois. Maintenant.
Le juif polonais lança un bout de filin au naufragé en train de se débattre dans la mer déchaînée. L'homme s'y cramponna à deux mains avec toute la frénésie que donne l'envie de vivre.
- Fais pas le con, l'Élégant. Ici, c'est Bontemps des Anti-gangs. Dis au Teuton d'allumer les feux de son zinc et descendez tous les deux, mains sur la tête.
— Les poulets sont à New-York, balbutia P'tit Marcel. Bontemps en personne ! Je l'ai vu.
Se dissimulant dans la foule bigarrée, Paul Bontemps couvait du coin de l'oeil la jeune marchande.
Ah Miu retroussée jusqu'à la poitrine, son slip de dentelle noire déchiré par la main impatiente de Ko Nin, se livrait pendant qu'à deux mètres, de l'autre côté de la cloison, l'eau pourrie engorgeait lentement les poumons de Po Yée dont la pointe des pieds raclait désespérément le bois du sampan N° 14.