Durant un court instant, Alberti tint le couteau suspendu au-dessus du flot noir. Il devina plus qu'il ne l'entendit le bruit discret que fit l'arme en s'enfonçant dans l'eau. Un soupir venu du plus profond de son être libéra sa poitrine du poids qui l'oppressait.
- Eh ! Monsieur ! dit soudain une voix derrière lui.
Alberti ne broncha pas, mais tout en lui sursauta, se hérissa. À sa gauche, projetée sur le parapet, se dessinait l'ombre d'un képi d'agent de police. Une sueur froide lui inonda le visage, coula le long de sa colonne vertébrale. Il n'osait bouger. D'où sortait-il celui-là ?...
Absorbés par le virage qui précède la grande descente de Viarmes, les feux de la Gordini venaient de disparaître. Projetée par une accélération foudroyante à la limite de sa vitesse de pointe, la Mustang dévala la pente à son tour, rejoignit la Renault et se maintint à sa hauteur. L'arme cracha une longue rafale qui ne s'acheva qu'avec l'épuisement du chargeur.
— Il a son compte, dit le tueur après avoir constaté par la lunette arrière les effets de son tir. Monsieur Germain sera satisfait.
Têtes lacérées, pare-brise éclaté, la petite voiture fit une embardée, oscilla, se redressa et, avec un élan accru, se précipita vers le talus…
Les traits convulsés par l'effroi, le visage livide, Mathias Albérique les regardait et, dans ses yeux, se lisait la peur atroce de celui qui va mourir.
Comme s'ils étaient subjugués par l'horrible spectacle de cet homme qui usait ses faibles forces dans un combat inégal avec l'océan, les autres n'intervenaient pas. Seul, Ferry parvint à s'arracher à l'emprise de cet étrange envoûtement et à esquisser un geste vers la barre, dans le dessein de faire virer de bord le bateau, mais une poigne solide l'en empêcha.
_ Laisse ! ordonna Vasseur d'un ton brutal. Surpris, Ferry le dévisagea et hurla :
_ On ne va toute de même pas le laisser se noyer !
_ Si.
Déjà, la tête d'Albérique n'apparaissait plus que comme un minuscule point noir que menaçaient de toutes parts les vagues à la crête écumeuse. En silence, les quatre hommes gardèrent les yeux braqués dans cette direction longtemps après que la grande houle du Pacifique eut à tout jamais englouti la frêle existence de l'aventurier boiteux.
Georges Laroche-Moret, riche et vieil industriel Rennais au tempérament autoritaire, passe les mois d'été dans sa propriété de Saint-Lunaire, station balnéaire située non loin de Dinard.
Veuf et sans enfant, il y séjourne entouré de ses plus proches parents.
Une atmosphère étrange règne au sein de cette famille dont chacun des membres semble avoir dans sa vie un secret qu'il ne souhaite pas voir étalé au grand jour. Un malaise cardiaque incite le vieillard à rédiger son testament.
Peu après, se produit un événement tragique, le premier d'une longue série...
Il fait nuit dans la forêt de la Bourdonnaie, une douce nuit de mai éclairée par la pleine lune qui se reflète sur l'étang Noir. Un SDF dort paisiblement dans un bosquet non loin de là. Soudain des coups de feu claquent... Un corps tombe lourdement au sol... Un homme se penche...
L'enquête ne s'annonce pas facile pour Josselin Brissac, lieutenant fraîchement nommé à Vannes au groupement de gendarmerie du Morbihan. C'est que les cadavres sortent des placards, réveillant des affaires enterrées... mais pas pour tout le monde !
Heureusement, la belle Judith Carmaux, juge d'instruction, lui apportera une aide... pas tout à fait désintéressée.
Une nuit de décembre, alors qu'il brave le gros temps à quelques milles nautiques de Belle-Ile, Tanguy Le Héno, marin-pêcheur indépendant trouve la mort dans le naufrage de son bateau, le "Deo Gratias". Tijean, son fils, un adolescent de quinze ans, est alors recueilli par son grand-père maternel et élevé dans le culte du père.
Devenu marin à son tour, il pratique la pêche hauturière à bord d'un chalutier appartenant à un armateur de Lorient. Un jour, alors qu'il fait escale au nord de l'Irlande, il apprend un fait troublant : son père ne serait pas mort par accident. Il aurait été éperonné volontairement.
Dès lors, Tijean n'a plus qu'une idée en tête : trouver, où qu'il se trouve, dans les mers dangereuses du Nord et les tempêtes glaciales de la mer de Sibérie, le bateau tueur et son capitaine.
Éditions Lucien Souny
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Après Le Bois aux corbeaux et La Dame du Mont Perdu parus chez le même éditeur, André Fargues nous donne là bien plus qu'un roman d'aventures. Il nous entraîne contre vents et marées en quête d'une terrible vérité.
Hippolyte Trégastin, vieux paysan en semi-retraite, règne en maître absolu sur la Borne Blanche. Abandonné par sa femme, Albertine, bien des années auparavant, il a élevé seul sa progéniture.
Son fils aîné, Fernand, aidé de son épouse, Gisèle, accomplit les tâches nécessaires à la vie de la ferme. Céleste, la plus jeune de ses enfants, est trisomique et vouée à une mort prochaine. C'est sans doute la raison pour laquelle le vieil homme, réputé pour son caractère difficile, s'attendrit sur le sort de sa "petiote".
Lorsqu'il apprend l'infidélité de sa bru, Hippolyte, qui se considère comme le dépositaire de l'honneur familial, entre dans une violente colère. Cependant, sans pouvoir s'expliquer pourquoi, il ne parvient pas à en vouloir à la coupable.
De même, personne, dans son entourage, ne peut soupçonner le mystérieux motif qui l'incite à sauvegarder un petit bois de pins sans intérêt, le Bois aux Corbeaux.
Trente-quatre ans après en être partie, Marie Vendôme revient sur le lieu de son enfance, le village où son père fut autrefois instituteur.
Plus que par sentimentalité, ce retour est motivé par le désir d'en savoir davantage sur l'accident de voiture ayant coûté la vie à ses parents et dont elle-même, unique survivante, doit à un coma de soixante-douze heures d'avoir perdu partiellement le souvenir.
Cachant sa parenté avec les deux victimes, elle rencontre, tantôt parce qu'elle en prend l'initiative, tantôt par le fait du hasard, des personnes qu'elle juge susceptibles de lui fournir des éclaircissements sur ce drame déjà ancien. C'est ainsi qu'elle gagne la sympathie d'un vieil Espagnol, dans le temps ami de son père, qui lui avoue avoir été témoin du tragique événement.
Cependant, Marie sent intuitivement qu'il ne lui dit pas tout. Parfois aussi, des circonstances imprévisibles lui font quelque peu oublier sa préoccupation première, comme le cas de ce berger, attardé mental et handicapé physique, sur le destin duquel elle va influer un peu malgré elle.
À la recherche de la vérité, La Dame du Mont Perdu, femme à la fois forte et vulnérable, va aller de surprise en surprise.
Mais, parviendra-t-elle à surmonter la souffrance morale que lui inflige l'énoncé d'une stupéfiante révélation la concernant personnellement ?
André Fargues est né en 1929 en Algérie. Il connaît une enfance sans histoire et à 20 ans, il quitte son pays natal pour Paris où il vit durant plus de trente ans, avant de partir sur Lyon où s'achève son parcours professionnel au sein d’une importante firme française de l’Industrie chimique. À la retraite, après avoir hésité avec l'Auvergne, il s'installe définitivement à Sarzeau (Morbihan) et décide de se remettre à l'écriture, une passion fugitive à laquelle il s'est consacré pendant les années 60-70, quelques années de succès sous le pseudonyme d'André Saint-Briac .
Sous ce pseudonyme, il publie donc pour la première fois un court roman d'espionnage, "Bonjour Philippines" en 1960 aux Éditions Librairie de la Cité dans la collection "Le Caribou"; il entreprend ensuite une série de 9 romans policiers parus aux Éditions Librairie des Champs-Élysées dans la collection du Masque, entre 1968 et 1976. L'un d'entre eux, Secrets de famille lui vaut de remporter le "Prix du Roman d'Aventures" - 1971.
Pendant 20 ans, André Fargues n'écrit plus, allant jusqu'à renier sa production littéraire sous le nom d'André Saint-Briac, puis à la retraite, se remet au travail, écrit trois romans régionaux: Le Bois aux corbeaux paraît en 1999, suivi de La dame du Mont Perdu en 2001 et Tijean en 2003, publiés aux Éditions Lucien Souny.
En 2007, il renoue avec le genre policier avec L'étang noir était rouge chez Liv’Éditions, dernier roman publié d'André Fargues. Il décède en 2017 à Firminy.
Citrus County ne devrait pas exister. Les premiers émois de l'adolescence devraient être difficiles, mais pas si difficiles.
Les garçons comme Toby devraient causer des problèmes, mais pas autant. La lune devrait briller doucement et protéger les enfants endormis, à l'abri dans leurs lits douillets. Les oncles, dans leur rocking-chair devraient être gentils avec leurs neveux. Les professeurs devraient donner l'exemple. L'air ne devrait pas sentir le marécage.
Shelby devrait devenir une vraie héroïne. Elle devrait sauver sa soeur séquestrée sous terre, sauver Toby de sa propre folie...
Éditions DU MASQUE
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Un portrait pince-sans-rire et féroce de la suburbia américaine, où les apparences sont décidément bien trompeuses et où les adultes sont devenus incapables de jouer leur rôle de garde-fou.
John Brandon a grandi en Floride. Son passe-temps favori, quand il n'écrit pas, est de regarder les matchs de football américain universitaires. Ses nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues comme "Oxford American", "McSweeney's", "Quarterly Concern", "Mississippi Review". Auteur d'un premier récit "Unchained" paru en 2001, il est l'auteur de trois romans à ce jour: "Arkansas" publié en 2008, "Citrus County" en 2010.
C'est en tant que "résident" à l'Université du Mississippi à Oxford, où il enseigne, qu'il écrit son troisième roman "A million heavens" publié en 2012.
Par une froide matinée d'octobre, Owen McCall et son fils Luke, 16 ans, quittent leur chalet du Michigan pour aller chasser dans les bois. Et l'accident se produit. Owen laisse derrière lui Kate, une veuve éplorée mais désormais riche d'une vingtaine de millions, et un ado perdu, qui part à la dérive.
C'est alors que resurgit Jack, l'ancien amour de jeunesse de Kate. Évidemment, l'appât du gain n'y est pour rien ! Mais les trois petites frappes qu'il traîne dans son sillage sauront - sans trop de mal - trouver les arguments pour le ramener à la raison.
Le pire est à craindre. Le pire arrive. Et ça déclenche le rire !
Même si certains vont mourir.
Éditions L'ARCHIPEL
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<< Un art consommé de l'intrigue, des personnages fiévreux... Peter Leonard a trouvé sa place dans l'univers du noir ! >>Michael Connelly
Détroit, Michigan. Karen, mannequin d'une trentaine d'années, s'est fait flouer par Samir, un prêteur sur gages -accessoirement son ex.
Pour récupérer ses 299 560 dollars, elle décide d'employer la manière forte et engage trois petites frappes, à qui elle fait miroiter une fortune.
Bizarrement, le cambriolage part en vrille. Samir se fait molester, son cuisinier est abattu. Seul point positif, ils ont récupéré le coffre. Mais quand ils l'ouvrent: il est vide !
N'ayez crainte, l'argent ne sera pas perdu pour tout le monde...
Éditions L'ARCHIPEL
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Un scénario habilement construit, des scènes, des dialogues et des personnages hilarants... Avec ce roman déjanté, le fils d' Elmore Leonard fait une entrée remarquée dans l'univers du polar.
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<< Bon ADN ne saurait mentir ! Et, incontestablement, Peter a hérité des gènes de son père. >>Carl Hiaasen
Peter Leonard, fils du romancier Elmore Leonard, est né en 1952 et a grandi dans la ville de Détroit dans le Michigan. Il vit aujourd'hui à Birmingham, dans le même État. Pendant trente ans, il exerce la profession de concepteur rédacteur au sein d'une agence de Publicité qu'il codirige. Depuis 2009, il se consacre entièrement à l'écriture.
Un détenu violent parvient à se faire admettre dans une unité psychiatrique de l'hôpital de Villejuif. Il projette ses pulsions meurtrières sur un couple formé d'un médecin et d'une journaliste.
« Viens, Agnès, viens ! L’hiver à Briançon, les Parisiennes comme toi descendent hardiment les pistes de Serre-Chevalier, il est possible de rejoindre les sommets, à deux mille mètres, depuis un œuf qui part de la ville basse. Les massifs enneigés à l’année ne rendent pas toujours les cadavres, je pourrai t’emmener là où est enseveli celui du militaire qui n’a pas été retrouvé. Tu feras de jolies photos ... »
Éditions L'Âge D'Homme
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Dans ce second roman, Philippe Paulino, psychiatre, conduit le lecteur vers la perception « du dedans » d’un déséquilibré, avec, sous-jacente, transposée dans un contexte moderne, la vision rousseauiste de l’aliénation.