Félicie est là
Pourquoi a-t-on assassiné chez lui Jules Lapie, dit Jambe-de-Bois, qui passait une vieillesse paisible dans sa nouvelle maison des environs de Poissy ?
Maigret pressent que Félicie, la bonne de Lapie, sortie faire des achats au moment de l'assassinat, sait quelque chose, mais elle reste muette; son comportement irrite et intrigue le commissaire qui ne la quitte guère au cours de son enquête. Cette jeune fille aux abords revêches se révèle en fait très sensible, mais, peu choyée par l'existence, elle transpose dans la réalité les rêves et les fantasmes issus de ses lectures.
Maigret devine rapidement que Félicie est amoureuse de Jacques Pétillon, neveu de la victime, qui a naguère vécu six mois chez son oncle. Or, Jacques, depuis l'assassinat, erre à Paris, à Rouen, comme s'il cherchait quelqu'un. A bout de résistance, il est sur le point de parler au commissaire, lorsqu'on tente de l'assassiner place Pigalle. Grièvement blessé, Jacques ne parlera pas, mais l'enquête progresse: reconstituant les faits et gestes de Félicie, Maigret comprend qu'elle a vu Jacques près de la maison le jour du crime.
Persuadée de la culpabilité du jeune homme, elle s'est tue et a caché les indices compromettants; pendant quelques jours, elle a été une héroïne, comme dans les feuilletons qu'elle lisait... Jacques n'est pourtant pas l'assassin, mais il a été victime de ses fréquentations douteuses.
Éditions ÉDITO-SERVICE S.A.
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Édition originale: Éd. Gallimard (1944)
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Vers 1928, le commissaire Maigret voit arriver au Quai des Orfèvres, un jeune journaliste très sûr de lui, et même passablement arrogant, qui s'appelle George Sim. Et qui n'hésite pas à publier un peu plus tard, à grand renfort de publicité, un roman le mettant en scène, lui, Maigret, sous son vrai nom !





Mme Maigret, qui écossait des petits pois dans une ombre chaude où le bleu de son tablier et le vert des cosses mettaient des taches somptueuses, Mme Maigret, dont les mains n’étaient jamais inactives, fût-ce à deux heures de l’après-midi par la plus chaude journée d’un mois d’août accablant, Mme Maigret, qui surveillait son mari comme un poupon, s’inquiéta :




