Une chanteuse de goualante populo-funk, un critique rock sourdingue, un couple de junks romantiques, deux tueurs sclérosés, quelques rappeurs timides, un contrôleur déserteur, une ex-star du porno, une petite orpheline, un grand méchant loup et quelques 100 000 zoulous débarquent dans la ville bourgeoise, normal, Bourges, pour le vingtième anniversaire du Printemps.
Vingt ans, ça suffit ! L'ordre moral regimbe, les ligues de vertus se rebiffent, et un ex-mercenaire découvre que Bourges vit de l'industrie du canon.
Peut-on s'imaginer la vie d'un homme qui aurait décidé de ne servir à rien, de passer son temps à être inutile ? Benoît Ponque a disparu, et le héros-narrateur est chargé par sa famille de le retrouver. Mais comment faire, et où aller ?
Le héros s'engage dans une véritable enquête et va croiser toutes sortes de « zéros excentriques » : une artiste pondeuse d'œuf, une mère-enfant collectionneuse d'objets obsolètes, des voisins délurés, un amour comme une promesse, des vrais cadavres et un faux fantôme. Car il y a aussi tous ceux qui refusent le "cynisme du vide", les garants d'une société-machine, qui ont peur des inutiles, qui s'acharnent à les utiliser, les répertorier pour les réinsérer. C'est peine perdue, car "un inutile ne sert à rien. On ne remplace pas ce qui ne sert à rien. Donc un inutile est irremplaçable".
Éditions Grasset
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L'écriture de Prudon est une recherche du sens caché des mots. Nous retrouvons ici l'humour et la dérision propres à cet auteur, sa gloutonnerie des mots, l'alchimie des expressions revisitées : toute la jouissance du langage mise au service du désespoir.
Un homme est fragile et le Poulpe est un homme. Le macho chameau moche éméché à la Chimay en chie, chôme et chiale. Facile en fait de fourrer son nez dans les affaires des autres, mais se retrouver le nez dans le caca parce qu'on a laissé mourir un ancien pote devenu SDF, c'est intolérable.
Le Poulpe endosse les habits du clodo défunt et va voir au Maroc around the clock ce que cache d'incommunicabilité une agence de communication. Sniff, sniff, notre héros n'arrête pas de se lamenter sur sa vie de privilégié. Dans le confort, les cons sont forts, pense l'intouchable, qui n'a plus envie d'être héroïque. Heureusement, il y a Cheryl dont l'oreille est hardie...
Hervé Prudon est né en décembre 1950 à Sannois en France. Il fait des études supérieures à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 et obtient une maîtrise en Lettres en 1974. Grand voyageur, il séjourne ensuite en Australie, au Népal et dans divers pays européens. « De retour à Paris, il échoue à l'agrégation et travaille comme manutentionnaire, accessoiriste de théâtre, déménageur, pigiste ».
Il publie son premier roman Mardi gris dans la collection Série noire en 1978. Jean-Patrick Manchette salue « sa furia et sa maestria », mais ses audaces stylistiques et ses univers déglingués le marginalisent.
Après ses deux premiers romans, il collabore à divers journaux : Le Monde, Libération, Le Nouvel Observateur, Cosmopolitan. Il travaille aussi comme nègre littéraire, une « expérience qu'il raconte dans "Plume de nègre" (1987) ».
Il revient à la Série Noire en 1995 avec "Nadine Mouque", couronné par le prix Louis-Guilloux, qui raconte les pathétiques aventures d'un vieux garçon chômeur et alcoolique de la banlieue parisienne, et deux autres romans l'année suivante. Depuis, il a publié chez Grasset et Flammarion des romans et récits qui s'éloignent du genre policier. "Ze big Slip" (2006) appartient toutefois au roman policier humoristique, tout comme Ouarzazate et mourir (1996), un épisode du Poulpe.
Il a également signé des scénarios pour des courts métrages, des adaptations théâtrales pour la radio et, en 1998, la pièce "Comme des malades", une expérience théâtrale très remarquée avec le comédien Jacques Bonnaffé.
L'assassinat d'un paisible marchand de bonbons d'origine française, en Espagne, en plein hiver, relève sans doute moins des excès en tous genres que connaissent les côtes espagnoles en période estivale que du règlement de compte politico-crapuleux.
Et le Poulpe se retrouve face à des tentacules dont il se serait bien passé : celles des restes de la politique algérienne de la France, du rôle de l'Espagne en la matière, avec réseaux de réfugiés, activisme terroriste, liens occultes ou explicites avec le Front National et le Groupe parlementaire des droites européennes et... trésor de l'OAS. Un sacré bourbier, dont certains sortiront malpropres.
Mariano Sanchez Soler est né en mai 1954 à Alicante (Espagne). Il est titulaire d'une licence en Sciences de l'information de l'Université Complutense de Madrid et d'un doctorat de l'Université d'Alicante.
En tant que journaliste, il a travaillé dans la rédaction de journaux et d'hebdomadaires renommés.
Harlowe, petite ville rurale du New Hampshire non loin de Boston, est un coin tranquille où tout le monde se connaît et où chacun a sa place : Fanny, avec sa voix insipide et son regard vide, est juchée sur son perchoir derrière le comptoir du magasin d’alimentation générale ; John passe la niveleuse ou le chasse-neige, au choix, lorsque la commune le lui demande ; la femme pasteur prononce son sermon tous les premiers dimanches du mois.
Mais cet ordre paisible est petit à petit amené à changer à compter du jour où Perly Dunsmore fait son apparition. Ce commissaire-priseur au charme indéniable, globe-trotter averti, raffiné, poli et instruit, atterrit sans qu’on sache trop pourquoi à Harlowe où, avec l’aide du chef de la police locale, Bob Gore, il commence à organiser des ventes aux enchères dans le but d’améliorer la sécurité et de faire prospérer la petite communauté. Les habitants jouent plus ou moins le jeu, et font don de choses et d’autres remisées à la grange, à la cave ou au grenier, et dont ils n’ont plus vraiment l’utilité.
Puis, lorsque les demandes se font de plus en plus pressantes et que les refus sont poliment écartés, les choses commencent peu à peu à déraper. Que souhaite réellement ce Perly Dunsmore, qui se présente comme le sauveur désintéressé de ce petit bout de campagne qui n’a pourtant lancé aucun appel à l’aide ? Et jusqu’où est-il prêt à aller pour l’obtenir ?
Éditions Monsieur Toussaint Louverture
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Roman sur les rouages infernaux de la dépossession des plus pauvres et des menaces des forces de l’ordre, cette fiction à mi-chemin entre le thriller, le "nature writing" et le grand roman américain est un conte sensible et terrifiant sur la perte d’identité et le vol des âmes, l’effondrement de la morale face à la loi des marchés et la peur de ceux qui ne possèdent rien ou très peu, qui les conduisent à une forme déroutante de soumission. Et, ultimement, il pose au lecteur l’essentielle mais angoissante question : jusqu’où, exactement, peut-on céder ?
Joan Samson est née en septembre 1937 en Pennsylvanie (États-Unis). Elle a fréquenté le Wellesley College de 1955 à 1957, ses années de premier cycle étant interrompues par un mariage et son départ pour Chicago avec son mari. Elle a terminé ses études à l'Université de Chicago (B.A. 1959) et a enseigné à l'école primaire à Chicago (1959-1960). Peu de temps après, son mariage s'est achevé.
Elle a ensuite enseigné en Angleterre et c'est là, que le 27 mai 1965, elle a épousé Warren C. Carberg, Jr., administrateur de bibliothèque. Ils ont vécu quelques années en Europe avant de retourner dans le Massachusetts. Elle est retourné étudier à l'Université Tufts (MA 1968), a enseigné dans une école de campagne à Brookline, Massachusetts, en 1968-1969, et a travaillé comme secrétaire de rédaction pour la revue "Daedalus" de 1973 à 1975.
En 1974, elle écrit un premier livre, "Watching the New Baby". Basé sur la naissance de sa fille, c’est un récit destiné aux futurs parents qui s’apprêtent à accueillir un nouveau membre dans leur famille.
Elle décide, en 1975, bien qu’elle ne se soit jamais essayée à la fiction, d’écrire une nouvelle d’une dizaine de pages sur l’arrivée dans un village du New Hampshire d’un étranger venu de la ville. L’idée lui serait venue d’un cauchemar.
Après avoir fait lire la nouvelle à son mari, celui-ci l’encourage à en faire un roman, et c’est grâce à Pat Myrer, agent littéraire de chez McIntosh and Otis avec qui elle avait collaboré, que Joan Samson parvient rapidement à publier son texte. Le livre, "The Auctioneer" ("Délivrez-nous du bien"), parait en janvier 1976, et en peu de temps se hisse sur la liste des meilleures ventes.
(Source: Wikipedia / )
Joan Samson meurt le 27 février 1976d'un cancer du cerveauquelques semaines après la parution du roman
Ce matin-là, mercredi 28 mars 1934, M. Normand, commissaire central de Marseille, avait fait appeler son collaborateur, Maurice Levert, muté depuis peu dans la cité phocéenne, « pour le mettre au courant d’une affaire ».
Depuis cinq ans, le jour du Vendredi saint, un personnage important est mystérieusement assassiné.
Le meurtrier fixe une carte sur la poitrine de ses victimes, à l’aide d’une épine de rosier, sur laquelle est inscrit : « JE VENGE MON DIEU ».
Les martyrs viennent d’horizons divers et ont pour seul point commun leur décès brutal.
Jusqu’ici, aucun indice n’a permis de comprendre de quelle façon le coupable avait agi et encore moins de trouver son identité.
Crimes mystiques ? Crimes de psychopathe ? Toujours est-il que le commissaire Levert n’a que quarante-huit heures pour éviter un nouveau drame et pour mettre la main sur le tueur des « morts du Vendredi saint »...
Martigues, commune bordée par l’étang de Berre, surnommée « La Venise provençale », est un lieu où il fait bon vivre, un sanctuaire accueillant les peintres de tous horizons, avides du calme, de la lumière et du paysage local.
Mais l’horrible mort de Miss Gildchrist, une Anglaise excentrique et généreuse, dévorée, dans sa demeure, par ses deux gros chiens, trouble la nonchalance usuelle des Martégaux.
Le commissaire Levert, chargé de l’enquête, s’empresse volontiers de conclure à un accident même si un jeune touriste, bien trop curieux et étrangement malin, se met à fureter sur la scène de crime et à pointer des éléments discordants dans l’hypothèse mise en place par l’officier.
Et si l’accident n’en était pas un ? Et si le touriste se révélait bien plus qu’un simple badaud ? Et si toute l’affaire cachait un mystère et des risques qu’aucun fonctionnaire de police n’est préparé à surmonter ?
Midi !... C’est l’heure où la Canebière grouille plus qu’à n’importe quel moment de la journée.
Sur la terrasse du Café Glacier, le colossal Marius Césari, maître-portefaix connu et craint de tous, gère ses affaires, attablé devant un Pernod, grignotant, comme à son habitude, quelques fruits secs. Soudain, le gros homme se lève, le visage affreusement rouge, presque violet, portant ses mains à son cou avant de s’écrouler.
Les serveurs, le patron du bar, des clients, se précipitent... en vain ; Marius Césari est mort.
« Une crise d’apoplexie ! Cela devait lui arriver », crient les uns. « Faut voir ? » dit un autre.
Le commissaire Levert, récemment venu de Martigues, est chargé de cette enquête a priori simple...
A priori, car les résultats de l’autopsie ne tardent pas à tomber : Marius Césari a ingéré des amandes à la strychnine, mais il est décédé d’une injection d’acide cyanhydrique, un produit à effet quasi immédiat.
Problème : personne n’a approché la victime dans les minutes précédant le drame et aucune trace de piqûre n’est visible sur le corps...
Et puis, comment expliquer ce double empoisonnement ?...
« Monsieur le commissaire, cria le brigadier, il serait bon que vous veniez, car il y a encore un mort chez M. Malroger !... »
C’est par cette apostrophe que le brigadier Reboul bouleversa ma vie et celle de mon ami le commissaire Levert, un esprit brillant, amoureux de son métier, mais qu’un manque d’ambition et un refus de solliciter une faveur avaient conduit à prendre poste aux Martigues et à y demeurer malgré le fait qu’il ne s’y passât jamais rien.
Jamais ? Presque ! Puisque depuis quelques décennies, des étrangers, pour de mystérieuses raisons, se suicident, les soirs de pleine lune, sur la terrasse de la ferme de Canteperdrix, où l’ancien propriétaire avait été assassiné au siècle dernier par son petit-fils.
Ce nouveau « mort » allait permettre au commissaire Levert et à moi-même de vivre la plus folle et dangereuse des aventures et de connaître, enfin, l’explication de tous ces événements tragiques…
Petit matin, sur le Vieux-Chemin d’Istres, une voiture freine brutalement.
À bord quatre personnes, trois militaires de l’École d’Aviation et la femme de l’un d’entre eux, revenant d’Avignon après une soirée de festivités.
Couché en travers de la route, sur le dos, les bras en croix, le cadavre d’un homme bien habillé.
Les gendarmes, que les jeunes gens ont été chercher, ne tardent pas, sur les conseils d’un médecin les accompagnant, à faire appel au Parquet, l’individu a été assassiné.
L’inspecteur Manicacci, en arrivant sur les lieux, ne se doute pas que l’affaire en apparence simple qui lui a été confiée va se révéler plus complexe et dangereuse que prévu…
Trente-cinq ans de bons et loyaux services, l'Astrolabe, un bon vieux cargo de la Compagnie d'Armements Transocéaniques qui sillonne le Pacifique, être désarmé, mis au rencart avant la destruction.
Retour à Marseille où la Compagnie confie la garde du navire à son plus vieux marin : Toussaint Rampal. Il devient ainsi l'amiral du vaisseau mort.
Se constituant un nouvel équipage surprenant, Toussaint Rampal revit l'histoire mouvementée de l'Astrolabe. Mais le vieux marin va peu à peu décrocher de la réalité..
La faille, un vrai chef-d’œuvre. L'histoire de la lutte psychologique entre deux agents de la police secrète et leurs suspects racontée avec vivacité, imagination et une habileté technique exceptionnelle.
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Un jeune homme est arrêté par la police secrète de l’Etat : on l'a trouvé en conversation dans un café avec un individu suspect au régime. Le roman est le récit des deux jours qui suivent son arrestation au cours desquels on veut le forcer à se confesser ou à trahir sa culpabilité par ses actes.
Est-il innocent ou coupable ? Et s'il est coupable, de quoi l'est-il ? L'Etat a t il mis sur pied un plan quasi parfait pour le briser. Le plan se développe graduellement. Mais, peu à peu, imperceptiblement, une étrange transformation se produit.
Quelque chose arrive au plan : il y a une faille.
D'une magistrale économie de moyens, ce roman diaboliquement fait est plus qu'un roman à suspense. Il montre des hommes pris au piège de la prétendue réalité - laquelle n'est qu'un trucage -comme nous tous.