Biographie
Yoann Barbereau est né en juin 1978 à Nantes. Il étudie la philosophie à l'université de Nantes, puis à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne où il entreprend une thèse sur l’esthétique du philosophe américain John Dewey (L’art comme expérience). En 2003, il s’installe en Russie et contribue à fonder l’Alliance française de Rostov-sur-le-Don. Il organise des rencontres littéraires et artistiques, il monte une troupe de théâtre.
De retour en France, il donne des cours d’histoire de l’art et d’histoire de la littérature, « il signe des textes pointus dans des revues exigeantes ». Il a collaboré notamment avec Art Press, la Revue d’esthétique, la revue Nu(e), Place de la Sorbonne, Place publique.
En 2011, il est nommé directeur de l’Alliance française d’Irkoutsk, en Sibérie orientale. Il devient alors contractuel du ministère des Affaires étrangères.
Le 11 février 2015, la vie de Yoann Barbereau bascule. Victime d’un kompromat, il est arrêté brutalement chez lui par dix agents cagoulés du FSB sous les yeux de sa fille et de son épouse russe dont il est en train de divorcer.
Faussement accusé d'avoir commis des actes pédocriminels et d'être un conjoint violent, il est torturé puis incarcéré à la prison centrale d'Irkourtsk où il reste 72 jours. Plus tard, il sera interné durant 3 semaines en hôpital psychiatrique, dont la direction, malgré les pressions du FSB, conclura à l'absence de besoin d'un traitement. Il est par la suite assigné à résidence sous contrôle d’un bracelet électronique.
Malgré les assurances de l'ambassade de France en Russie et du ministère des Affaires Étrangères français qui assurent que le procès sera annulé, Yoann Barbereau reçoit à l'inverse de ses relations amicales et contacts russes des informations l'invitant à la prudence.
En février 2016, il se rend compte par hasard que son bracelet électronique peut être neutralisé grâce à une enveloppe métallique comme l'aluminium placé autour.
En juin 2016, malgré les affirmations rassurantes des autorités françaises, son procès est ouvert par la justice russe et se déroule à huis clos. Conscient des risques, il se présente comme la victime d'une machination et en dénonce le fonctionnement. En effet, le parquet russe gagne 99% de ses procès qu'il engage contre les accusés.
Le dimanche 11 septembre 2016, il prend la décision de disparaitre de sa résidence surveillée en prenant soin de placer son portable dans un bus à destination de la Mongolie pour égarer ses éventuels poursuivants. Il parvient à gagner l'ambassade de France à Moscou où il reste enfermé pendant une année entière. Les autorités russes sont informées par le Quai d'Orsay de sa présence.
Le 15 décembre 2016, la justice russe le condamne par contumace à 15 ans de camp de travail.
Le 5 novembre 2017, il quitte l'ambassade de France et le 7 novembre 2017, il parvient à l'aide d'une ressortissante russe à franchir de nuit, à pied et dans des conditions difficiles, les 10 kilomètres qui séparent la frontière estonienne de la Russie. Il est alors repéré par les autorités estoniennes qui le placent en détention pendant 48 heures.
Le 9 novembre 2017, il est interrogé par Élise Lucet sur le plateau de l'émission Envoyé spécial au lendemain de son retour en France et ce grâce à l'enquête à son sujet du journaliste Tristan Waleckx qui s'intéresse à son cas malgré les avertissements du Quai d'Orsay. De nombreux reportages lui sont consacrés dans les semaines et les mois qui suivent.
Le 11 février 2020 paraît l'ouvrage Dans les geôles de Sibérie. Le livre connaît une large couverture médiatique et une des meilleures réceptions critiques de la rentrée littéraire de janvier 2020. Traduit dans plusieurs langues, il rencontre un large public (Livres Hebdo le classe parmi les « phénomènes de vente ») puis sort en poche chez Gallimard en 2021. Quelques mois plus tard, les éditions Joca Seria publient le Journal de prison du poète russe Igor Gouberman, traduit par Yoann Barbereau lors de sa détention.
En avril 2020, le tribunal administratif condamne l’État français à indemniser Yoann Barbereau pour les préjudices qu'il a subis, faute d'avoir assuré la protection de son agent en l'absence de faute personnelle de celui-ci.
Après son évasion de Russie, Yoann Barbereau est visé par une notice rouge d'Interpol, que l’organisation de coopération policière internationale annule en août 2020, relevant le caractère politique et manipulatoire de la procédure judiciaire russe.
Le livre audio Dans les geôles de Sibérie, lu par l’auteur, paraît au mois de février 2021[26]. Une version Folio (Gallimard) paraît en avril 2021[27].
Dans un arrêt du 20 juillet 2021, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) condamne la Russie et constate la violation de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales dans la procédure opposant Yoann Barbereau à l’État russe.
(Source: Wikipedia)
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Roman
- Dans les geôles de Sibérie (Éd. Stock - 2020)
kompromat:
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litt. « matériel compromettant » en français) est un terme russe désignant des documents compromettants, authentiques ou fabriqués (c'est le cas le plus courant) qui sont utilisés pour nuire à une personnalité politique, un journaliste, un homme d'affaires ou toute autre figure publique[1], généralement un service de renseignement. Concernant la police, on parle de provocation policière.
Le terme « kompromat » est utilisé pour désigner l'affaire judiciaire causée par la diffusion d'un document compromettant, ou bien le scandale public généré par celui-ci. Exemple : « Le kompromat qui visait le procureur russe Iouri Skouratov a été imaginé et conduit par Vladimir Poutine, alors chef du FSB, dans le but de protéger le président Eltsine accusé de corruption »
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