Le détective privé parisien Nestor Burma reçoit un courrier d'un vieux copain, Abel Benoit, qui l'informe qu' "un salaud mijote des saloperies".
Intrigué, il se rend au rendez-vous et apprend que Benoit est mort, des suites d'une mystérieuse agression. Abel Benoit, c'est toute la jeunesse de Burma, les années trente, l'adolescence fauchée. Burma logeait alors au Foyer végétalien de la rue de Tolbiac, avec les anarchistes.
Dans ses souvenirs, il y a aussi l'attentat, jamais élucidé, du pont de Tolbiac. La mort de Benoit trouverait-elle son explication dans ce lointain passé ?
Le héros central des romans de Léo Malet est Nestor Burma, détective de choc qui se proclame lui-même « l'homme qui met le mystère knock-out ». C'est un personnage assez inhabituel dans le roman policier français. Non-conformiste, individualiste forcené dans un monde qui se « robotise », c'est un enquêteur privé, en général démuni de « phynance », et qui part le matin — ou le soir — à la recherche de sa subsistance quotidienne, à travers la jungle de la grande ville.
Sa spécialité est la découverte de cadavres, plus ou moins parvenus à maturation. Il en trouverait dans une blague à tabac. Il collectionne aussi les coups de matraque sur la tête, ce qui semble lui stimuler l'intellect. Sensible au charme féminin, on a dit de lui que « bohème, cynique, jovial, canaille et sentimental à la fois, c'était un dur au coeur tendre, employant une langue savoureuse pour raconter ses tribulations ». Nestor Burma, il l'avoue lui-même, « adore mordre dans le nylon et la lingerie froufroutante».
Avec Natacha et Sonia, les deux Russes blanches au passé trouble, qui tiennent un magasin de luxueuses frivolités, boulevard Haussmann, il est servi. Gaines, soutiens-gorge, slips arachnéens, diamants, lapidaires, cuisinier chinois, cosaque djiguite, blonde dans un placard, squelette unijambiste, c'est un lot, c'est une affaire, un vrai bric-à-brac pour l'Hôtel Drouot. Avec Nestor Burma, « mordez dans le nylon ».
C'était vraiment un drôle de corps, cette Janine ! Et qui, pour une pensionnaire, s'y entendait bigrement, rayon visions d'art !
Debout, raide comme un piquet, si droite qu'elle en paraissait plus grande, immense, elle était sur ses bas et, à part ces bas mêmes, le noir porte-jarretelles qui les maintenait bien tirés, et un slip bordé de dentelles, elle n'avait rien d'autre.
Rien d'autre... sauf, dans sa main crispée, le coupe-papier dont elle me menaçait, moi, Nestor Burma, détective de choc !
Lorsque, par cette belle nuit de mai, après plus de trente ans d'absence, je débarque dans ma ville natale pour tâcher d'y élucider le mystère de la disparition d'une jeune fille, ça me fait tout drôle. J'éprouve la pénible sensation d'affronter un monde étranger et hostile.
C'est que, depuis l'époque où je traînais mes guêtres d'adolescent sur le fameux Œuf de la place de la Comédie, il a dû y avoir du changement. Et il parait, si j'en crois un vieil employé d'hôtel rétrograde, que «c'est plein de fortiches, maintenant. »
Ces fameux fortiches ne tardent pas à se manifester et entreprennent de me jouer une fameuse... comédie, précisément, dans l'intention délibérée de me prendre pour un... oeuf.
Mais avec Nestor Burma, détective de choc, il y a maldonne.
On a beau s'appeler Nestor Burma et être "détective de choc", je suis comme tout le monde : mon rêve serait de "passer à la télé".
Eh bien, j'y ai fait mes débuts, dans ce sacré milieu... et, cela, grâce à une blondinette nommée Françoise, speakerine de son état. Une môme qui n'était pas un mauvais cheval, mais qui courait moins vite et comprenait encore plus lentement, et qui m'entraîna dans une aventure comme il n'en advient qu'à moi, semée de gnons et de cadavres.
Ouvrez le bouquin et rendez-vous compte. En direct... et en "directs".
Éditions Fleuve Noir
Publication originale en feuilleton dans "Télé 7 jours" sous le titre "6,35 contre 819" d'avril à fin août 1962
"Nestor Burma ne ressemble en rien à Sherlock Holmes, a écrit, naguère, un journaliste. Il n'est pas assez sérieux... C'est un bon vivant et un joyeux compère à ses heures."
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Dans Nestor Burma et le Monstre, le (désormais) bien connu "détective de choc" se conforme exactement à ce portrait, qu'il s'agisse de son attitude à l'égard de l'éblouissante Catherine, ou de sa double lutte, d'abord contre un coriace concurrent, ensuite contre un être mystérieux, criminel multiple qui sème le poison dans la ville.
C'était une jolie "poupée", rayée, à la fleur de l'âge, du nombre des vivants, par un boucher qui avait usurpé le titre de chirurgien. Les époux Bonomy, de Montillon (Hauts-de-Seine) (quelque part entre Montrouge et Châtillon), voulaient, trois ans après le drame, que je la venge.
C'était une entreprise insensée, vouée à l'échec. Mais ces pauvres vieux étaient si sympathiques...
Si j'avais su qu'accepter de les aider ferait de moi un maître chanteur à la petite guitare, me conduirait à buter, de-ci, de-là, sur quelques décoratifs macchabées, ferait s'épancher dans mon gilet une ivrognesse au sein coupé, amènerait un adjoint du commissaire Faroux à m'empoisonner l'existence, si j'avais su tout cela l'aurais-je fait quand même ?
Oui, même en ignorant que planait sur toute l'affaire l'ombre maléfique d'une autre "poupée", parée comme une châsse.
Nestor Burma contre C.Q.F.D. est, chronologiquement, la deuxième aventure du bien connu détective de choc. Elle se situe en 1942, dans un Paris camouflé, soumis aux alertes et aux restrictions.
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À côté des personnages habituels de la «saga nestorienne», c'est-à-dire Burma lui-même, sa secrétaire Hélène, l'inspecteur Faroux (pas encore commissaire) et le journaliste-éponge Marc Covet, évoluent un bon-bourgeois-à-surprises, un nain-à-complexes, un maître-chanteur-un-peu-trop-sûr-de-lui, un assassin-adroit... sans oublier les quelques cadavres indispensables à ce genre de récit... et la mystérieuse Lydia dont le charme met en échec le cynisme — peut-être de façade — de Nestor Burma.
Éditions Fleuve Noir
📻 Diffusion à la radio dans l'émission "Les Maîtres du Mystère" (1959)
Avec ses rochers de granit rose, sa flore quasi tropicale et son climat agréable, l'île de Men-Bahr avait tout pour plaire.
D'autant qu'au hasard des promenades, on découvrait dans le décor les deux ou trois cadavres nécessaires à toute enquête menée par Nestor Burma, détective de choc. Mais il y avait quelqu'un de bien vivant: une blonde pulpeuse, une belle bête qui semblait n'avoir froid nulle part, pas plus aux yeux qu'ailleurs.
Cette île de Men-Bahr, une véritable île au trésor, pour Nestor.
Un acteur célèbre, sentant sa vie menacée, a engagé Nestor Burma, jeune détective privé débutant, pour lui servir de garde du corps durant le tournage d’un film en studio.
De retour dans sa loge après le filmage d’une scène, l’acteur s’écroule mort, empoisonné.
Burma se lance alors dans la recherche de l’assassin, ce dernier se trouvant obligatoirement encore dans les studios. Il découvre vite que l’acteur, homme à femmes sans scrupule, était détesté de beaucoup et que nombreux sont ceux ayant des motifs pour commettre ce crime.
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Hélène en danger
Paris 1944. Hélène, la secrétaire de Nestor Burma, est arrêtée par la Gestapo, une lettre anonyme de dénonciation envoyée à l’occupant la désignant comme résistante.
Faisant jouer des relations auprès de la "Propagandastaffel", Burma parvient à la faire libérer. Une semaine plus tard, un homme se rend à l’agence Fiat Lux de Burma, mais c’est pour y mourir juste devant le bureau d’Hélène sans avoir eu le temps de dire un mot. L’homme a été empoisonné.
Burma décide alors d’enquêter sur ce meurtre et comprend petit à petit qu’il n’est peut-être pas sans lien avec l’arrestation d’Hélène.
« Bravo, songeai-je. Ça va chauffer. » Je ne croyais pas si bien dire.
Dans le temps que je formulais mentalement cette banalité, le tac-tac d'un choeur de pistolets automatiques faisait retentir les échos. Jetant ma valise en avant, je m'allongeai prestement sur le sol, à côté d'un adolescent à tête de voyou qui avait effectué la même stratégique manoeuvre. Alentour les balles crépitaient.
Chaude réception ! Elle promet à Nestor Burma de bonnes vacances à Cannes.
Un homme était étendu, des liens aux poignets et aux chevilles, les vêtements souillés... M. Maillard en personne, raide comme un morceau de bois.
La sourde avait raison. Pour une rue tranquille, c'était une rue tranquille. Je ne connaissais même véritablement que la Morgue pour rivaliser de tranquillité avec cette rue.
L'une était auburn, l'autre platinée. Même poids, même taille, même catégorie. Mêmes jolis visages, mais tordus par la fureur. L'une tira sur le peignoir de l'autre et la dévêtit entièrement. Ce qui apparut dans sa totale et magnifique nudité aurait désarmé un adversaire masculin.
...Une répugnante sueur froide me dégoulina le long de l'échine. Elle était là, notre petite fugueuse !
Plus que nue, dans le désordre suggestif d'une nuisette transparente, allongée sur un plumard bouleversé, son visage exsangue se détachant sur la masse rousse de sa chevelure éparse, elle semblait bonne pour la morgue. Le bras qui pendait, inerte, se prolongeait d'un revolver dont le canon affleurait la descente de lit... À trois mètres à peine du cadavre de l'autre cornichon.
Burma avait pris ces huit mois de captivité en Allemagne comme de longues vacances.
Libéré en 1941, il regagne Paris et son agence « Fiat lux », en sommeil depuis le début de la guerre. Pas pour longtemps. À la halte de Lyon, une fusillade éclate et son ex-collaborateur Colomer est abattu sous ses yeux. Il lance dans un dernier cri : « Patron !... 120, rue de la Gare... ». Adieu la morne tranquillité du stalag !
D'où Colomer, éternel fauché, tenait-il le fric retrouvé sur lui ? Comment connaissait-il Montbrison, une star du barreau réfugié en zone libre ? Que faisait sur les lieux cette jeune femme en trench-coat, sosie de l'actrice Michèle Morgan ?
Dès sa toute première enquête, Nestor Burma apparaît tel qu'il deviendra légendaire : trop humain, désavoué par la police, drôle et flegmatique, rêveur et toujours génial dans ses déductions.