« C'est une délicieuse blonde aux yeux bleus, elle ne peut se passer de moi et elle me suit partout... sauf la fois où j'ai refusé de l'emmener au bal. Mais ce n'étaient pas les princesses que nous voulions emballer, Chalise, Eddie le Deuil et moi; c'étaient leurs diams. Et pour endormir les belles, pas besoin de baguette magique; une bonne bouffée de gaz innervant et à nous les "joyaux des couronnes"... À propos, j'oubliais de vous dire: la blonde, c'est ma fille et elle a sept ans. »
En taule, Brady Jordan n'avait qu'une idée en tête: une fois libéré, prouver son innocence dans l'assassinat de Joanne Kyle, la femme du metteur en scène, en récupérant coûte que coûte le chèque de 375 dollars que le cinéaste lui avait remis pour le remercier d'avoir séduit son épouse.
Mais pour cela, Jordan avait besoin de l'aide de Ballantine, un compagnon de cellule, récemment sorti de prison. Et c'est finalement lui qui se retrouve dans la mélasse jusqu'au cou. Allez rendre service aux copains après ça !
C'était chouette, comme existence. Les Tropiques. Peu de boulot. Une très jolie femme. Nager, manger, aimer. Et puis un jour, il photographia l'homme qu'il ne fallait pas, dans un endroit interdit. Il venait, sans le savoir, de réveiller la vieille malédiction nazie: les flics, la torture, les règlements de compte, la fuite interminable, l'adieu à la vie insouciante, et peut-être à la vie tout court !
« Dans quel monde crois-tu donc vivre, pauvre cloche de Hunter. L'amour, la justice, la fraternité... dis, tu rigoles ? Évidemment tu ne sais pas que quand tu fais l'amour avec ta belle Polonaise, le grand amour de ta vie, elle serre les dents de dégoût et te mijote un coup à sa façon qui te fera passer pour un dangereux espion ! Tu ne sais pas que tu as mis tes gros pieds sur un noeud de vipères et que si tu t'en sors vivant, c'est qu'il y a vraiment un bon Dieu pour les cloches dans ton genre ! »
"De quoi ta mère a-t-elle donc si peur, Caroline ? Que je te demande en mariage ou, au contraire, que je ne veuille pas de toi ?"
Quand Craig parlait ainsi à Caroline, la jeune fille se contentait de trouver son amoureux un peu injuste... Mais lorsqu'elle s'aperçut que le pseudo-romancier canadien était un vulgaire bandit qui l'avait courtisée uniquement dans l'intention de pouvoir rafler les diamants de Balaban, son patron, Caroline eut peur à son tour. Peur de mourir, comme Balaban.
- Quel âge ça vous fera quand vous sortirez de taule, Hendry ? Près de soixante ans ! Autant dire que vous êtes un homme fini. Mais si vous acceptez de collaborer avec nous, vous sortirez de prison dans quelques jours. Personne ne sait ici qui je suis ni pourquoi je suis venu vous voir. Ne cherchez pas non plus à le savoir, et tout se passera bien.
- Vous seriez Hitler en personne que je m'en foutrais. Tirez-moi de là, et vous pourrez me poser vos conditions.
Les escrocs font des victimes dans toute l'Europe. Méfiez-vous de l'individu qui tient à vous récompenser parce que vous lui remettez le portefeuille qu'il a laissé tomber, méfiez-vous des soi-disant docteurs, juges ou agents de change présentés par de nouvelles relations.
Les escrocs exploitent la cupidité et la vanité humaines. Leur ingéniosité n'a pas de bornes; leurs impostures sont souvent difficiles à percer. Avant de confier de l'argent à des inconnus, consultez votre banquier ou la police.
Entre flambeurs mondains, la solidarité n'est pas un vain mot. Pourtant quand Neil, complètement décavé, voit Anstey régler pour lui sa note d'hôtel, il se doute bien qu'il ne s'agit point de philanthropie.
Le lendemain, comble de générosité, Anstey lui avance les quelques milliers de dollars indispensables pour faire bonne figure dans une partie à décrocher les lustres !
Mais, au lieu de rencontrer la Fortune, c'est la Mort qu'il va frôler, au cours d'une corrida infernale.
Vendre des assurances quand on a un passé de cambrioleur, voilà qui ne manque pas de piquant. Mais personne ne pouvait goûter l'ironie de la situation, puisque personne n'était dans le secret, sauf Fraser lui-même, bien sûr, et aussi un grand bonhomme aux épaules voutées, nommé Kline, qui ne songeait pas, à en sourire, mais à en tirer profit.
Le flic, dans la chambre, avait une sale tête. Sa hargne était manifestement calculée pour faire contraste avec la sérénité de son collègue.
- Tu sais bien pourquoi on est là, grinça-t-il. Alors, joue pas les petits innocents, ça ne prend pas !
Bates le calma d'un geste:
- Asseyez-vous, Steel, fit-il aimablement. On ne veut pas vous bousculer, on veut juste jeter un coup d'oeil sur les lieux, si vous n'y voyez pas d'inconvénient...
- Mon opinion importe peu, n'est-ce pas ? fit Steel.
À trois heures du matin, il est là, accroupi au pied du mur de la prison, scrutant la rue déserte. Dans quelques instants, va commencer une chasse à l'homme où participent policiers et truands, avec un acharnement égal, mais pas pour les mêmes motifs. La police veut l'homme, la pègre veut l'argent.
Et l'homme chassé court à perdre haleine, à travers les rues de Londres. Sa piste traverse un établissement de bain turc, la chambre d'une putain, l'appartement d'une femme dite honnête. Mais la bête traquée ne peut jamais s'arrêter.
Donald MacKenzie est né en août 1918 à Toronto (Canada). Il a étudié en Angleterre, au Canada et en Suisse, il a été play-boy, voleur professionnel puis écrivain. C'est en prison qu'il s'intéresse à l'écriture en publiant deux autobiographies.
Il se lance ensuite dans le roman noir et donne dix-huit titres qui mettent en scène des anti-héros. Il a également créé trois séries policières.
L'évêque de Bruges a réuni Sergio, Paola, Henri, Claude et Paul pour qu'ils enquêtent sur de mystérieuses gravures runiques. Ils se rejoignent à Cassel dans le Nord de la France.
Mais leur enquête ne va pas être si facile étant donné qu'il ne semble pas être les seuls à s'y intéresser...
Au départ, un fait réel. Un sénateur haïtien, par ailleurs médecin, est abattu à Port-au-Prince d'une balle dans la tête. Il s'appelle Yvon Toussaint.
Un journaliste retraité, nommé lui aussi Yvon Toussaint, décide de reconstituer la vie et la mort de cet homonyme sorti du néant. Il part pour Haïti, rencontre la veuve, les enfants, les maîtresses, les amis politiques, les gardes du corps, les confrères... et peut-être les assassins d'une personnage dont la silhouette prend corps dans l'oppressant environnement d'une île maudite depuis deux siècles.
« Ici, le sol est spongieux, lui dit-on. Marchez-y prudemment sous peine de faire jaillir du sang sous vos souliers ! »
D'autres figures surgissent qui apportent leurs témoignages ou mystifient l'enquêteur: agents doubles et indics à toutes mains, gazouillantes prostituées et cabotin mirobolant, intellectuels de haut vol dont la rhétorique étourdit ou encore drag queen pathétique comme le malheur, sibylline comme le destin.
Mais soudain, l'enquête bifurque, la grand ombre noire du vaudou se déploie et suggère d'autres énigmes. Dans ce culte cher au sénateur et qui célèbre rituellement les jumeaux, quand ce ne sont pas les doubles, lequel des Yvon Toussaint va-t-il posséder l'autres ?
🏅 Grand prix biennal de la francophonie Nessim-Habif, 2010
🏅 Prix de l'Académie royale de langue et de littérature française
Ils ont planté, sur la carte de la ville, des épingles à têtes vertes. Une dizaine, puis trente, puis cent... Mais la mort se répandait trop vite. Les mots qui venaient à l'esprit étaient manifestement inadéquats. Un virus ? Une contagion ? Une épidémie ? Une agonie collective ?
"Cette ville prend la mort comme une vieille coque pourrie prend l'eau de tous les côtés à la fois. Elle n'est plus infectée, ici et là, mais en passe d'être submergée..." disait l'un. Et un autre suggérait un plan d'action, la mise en place d'un dispositif de salut public, la création de commissions spéciales. N'importe quoi.
Quand la mort est sortie de la ville pour contaminer d'autres lieux, ils ont fait donner la troupe. Ils ont établi un cordon sanitaire, dans les collines à vignobles, comme on place un garrot au-dessus d'une hémorragie. Dans la ville, désormais close, les habitants ont continué à vivre, tant bien que mal. Et à se suicider...
Pour le suicide d'un individu, c'est évident, on peut toujours suggérer des explications. Pour le suicide d'une civilisation, c'est notoire, on peut toujours développer des théories. Mais pour le suicide d'une petite ville ? Quand les membres d'une communauté, modeste et banale, se suppriment les uns après les autres, qu'est-ce qu'on peut dire ? Et qu'est-ce qu'on peut faire ?