« ... Si un meurtre va dans l'intérêt national, il y a beaucoup d'hommes ici qui ont assez de couilles pour le commettre...
Vous voulez une révolution. Vous voulez des procès de Nuremberg. Vous voulez nous voir au bout d'une corde. Croyez-vous que je vais laisser faire ça ! Croyez-vous que je vais livrer le peuple afrikaner au génocide...
Je vais vous dire une chose que vous semblez pas comprendre, vous le petit Juif si intelligent. La communauté afrikaner est un cercle fermé, complet et parfait. On n'y entre que par la naissance et on n'en sort qu'avec la mort. C'est une perfection qui émane de Dieu. Et si un Yudel Gordon essaie de la détruire, qu'il soit sur ses gardes... »
Le fils d'un politicien important meurt après avoir mangé des champignons vénéneux. Un domestique noir, qui a manifestement perdu la raison, est inculpé.
Mais Yudel Gordon, le psychiatre de la prison, refuse cette version des événements.
Pour prouver l'innocence du simple d'esprit, il se rend dans une ville reculée de province afin d'interroger des parents et des amis de la victime, ainsi que la presse locale.
Il doit alors faire face à un milieu hostile, effrayant, meurtrier...
Wessel Ebersohn est né au Cap en 1940 en Afrique du Sud. De 1966 à 1979, il est technicien en Télécommunications successivement à Pretoria, Durban et Johannesbourg.
La publication de son premier roman, "A lonely place to die" (Coin perdu pour mourir), publié à Londres en 1979 lui vaut des démêlés avec les autorités sud-africaines, même amené à se séparer de sa femme pour des raisons de sécurité car il y dénonce le système de l'apartheid. Il se retire dans un lieu secret au bord de la mer, mais ne peut empêcher que son épouse soit l'objet de nombreuses tracasseries policières.
Lors de la fin du régime de l'apartheid, Wessel Ebersohn et son épouse Miriam quittent la ville et vont s'occuper d'une réserve naturelle d'oiseaux dans le nord du pays, puis vont créer une société de conseil économique.
Dès 1980, il se consacre entièrement à l'écriture et crée le personnage de « YUDEL GORDON », un psychiatre juif affecté au service des prisons, en butte au quotidien à une légitimation de l'injustice et du racisme au pays de l'apartheid où certaines lois protègent les criminels et font de la torture une pratique institutionnalisée. Coin perdu pour mourir, est publié dans la collection "Sombre Crapule" chez Crapule Production en 1989, réédité aux Éditions Rivages/Noir en 1994 tout comme le second opus La nuitdivisée ("Divide the night") qui paraît d'abord en 1989 chez "Sombre Crapule" puis chez Rivages/Noir en 1993. Les titres suivants sont ensuite publiés directement chez Rivages, la série Yudel Gordon comptant 5 romans.
Il est l'auteur de six autres romans dont un traduit en France, "Les greniers de la colère" ("Store Up the Anger" - 1980) publié en 1988 chez Bernard Coutaz.
(Sources: Éditeur / Wikipedia / wesselebersohn / encoredunoir / )
Le narrateur, Burçak, est un travesti cultivé et détective amateur, qui pratique la boxe thaï et a un faible pour le chic d’Audrey Hepburn.
Le jour, c’est un brillant consultant en informatique. Le soir, hyper-maquillé et vêtu de robes glamour, il gère un club de travestis à Beyoglu, lieu de rencontre branché des hommes en vue de la ville.
Or voici que plusieurs "sœurs" trouvent la mort dans des circonstances troublantes: la première lors d’un incendie dans un immeuble sordide ; la deuxième noyée dans une citerne désaffectée, et ça ne s’arrête pas là.
Burçak, profondément attaché à sa communauté, estime que la police n’en fait pas assez. Il enquête sur ces meurtres, dont la particularité est qu’ils reproduisent les circonstances de la mort de plusieurs prophètes.
"J’étais confronté à deux meurtres : Bisou d’abord, une de mes filles à la belle poitrine siliconée, puis la vieille voisine d’au-dessus de chez elle. Et ces meurtres impliquaient leur lot de suspects : un réseau de maîtres chanteurs, Sureyya Eronat, chef du parti ultraconservateur dont le seul nom fait frémir, des journalistes qui jouaient l’autocensure et un grand nombre de célébrités aux mœurs légères couvant leurs petits secrets d’alcôve.
Pour agrémenter cette brochette, il y avait également Sofya, elle qui autrefois m’avait vendu aux hommes, qui mettait tout en œuvre pour assouvir son pouvoir sur moi. Je commençais à en avoir ras les bigoudis ! Et j’allais oublier Hassan, avec son pantalon tombant sur les fesses, et dont on connaissait le goût pour les ragots, mais là, il dépassait les bornes. Croyez-moi. c’était toute une histoire !"
Par un été caniculaire à Beyoglu, quartier des clubs d’Istanbul, lieu magique scintillant de paillettes et peuplé d’individus ambigus, le narrateur héros - ou doit-on dire héroïne ? - débrouille l’écheveau compliqué d’une série de meurtres.
Travesti cultivé, amateur de musique classique, croqueur de la vie, guidé par la passion, esthète à la silhouette athlétique et qui peut devenir, quand la situation l’exige, "fort comme un Turc", il va, de dangers en amours frivoles, au rythme de ses tenues d’homme ou de femme, d’appartement populaire en boîte de nuit, découvrir que les filles, comme toujours, ont leurs petits secrets.
Né en 1959 à Ankara, Mehmet Murat Somer est l'auteur d'une série de "Meurtres...", romans noirs situés dans les quartiers chauds d'Istanbul. Il est actuellement un des auteurs phares de la Littérature gay en Turquie, une Littérature courageuse sous-tendue par le désir d'apparaître et la demande de tolérance.
Après dix ans de cavale, le tueur professionnel Màiquel, "comme Mâiquel Jackson, l'artiste", revient à Sào Paulo pour enterrer la vieille tante qui constituait sa seule famille.
Plus solitaire que jamais, il réalise qu'il lui reste au monde sa fille Samanta, tombée aux mains des Évangélistes. Grâce au pécule hérité de tante Rosa, il entreprend un road movie effréné à travers le Brésil des hors-la-loi pour retrouver l'enfant qu'il n'a pas vue grandir.
D'un bout à l'autre du pays, il multiplie les rencontres, les cadavres et les amours sans lendemain. Paysans sans terre, abattoirs clandestins, déforestation sauvage, caïds du narcotrafic, sectes qui délestent surtout les crève-la faim : un monde en perdition, loin du mythique Rio qui "en jette".
Si toute la compassion dont il est capable va au chien famélique qui l'accompagne, les épreuves du périple avivent la détermination de Màiquel. Malgré ses désirs de vengeance, il en vient à concevoir la possibilité d'un avenir meilleur: une vie tranquille, un travail honnête.
L'issue de sa course folle lui fera perdre ses dernières illusions. Dans ce monde perdu, point de salut hors de la devise tatouée sur son bras droit : "Rien à foutre".
Éditions ACTES SUD
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Et l'auteur d'élargir, en incisive analyste, le spectre d'une dérive du Brésil contemporain qui nourrit toute son œuvre.
Au commissariat de Rio, une jeune femme vient déballer les déboires d'un couple en dérive, entré dans l'ère de l'amour "industriel". Parcourue d'un frisson érotique, elle établit d'effroyables similitudes entre un serial killer et son mari volage.
Pendant ce temps, un rond-de-cuir tout droit sorti des romans de Courteline voit rouge quand on trouble sa routine et se convertit en dangereux psychopathe.
Venue jouer les trouble-fête, l'imprudente voisine du septième lui devient biologiquement insupportable. Replète, cheveux d'un auburn démoniaque, cellulite en pagaille: tout en elle manifeste l'irrépressible envie d'être tuée par lui.
Tout en lui exhale la volupté d'accéder à son attente...
Éditions ACTES SUD
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Si un poison Renaissance sert avec raffinement l'art de la mort violente dans lequel l'auteur excelle, ce roman dePatrícia Melo fait la satire des innombrables variations de la violence urbaine.
Sous pseudonymes américains, José Guber propose à son éditeur des synopsis de ces œuvres que l'on dit incontournables. Tous sont pourtant écartés en raison de la faiblesse de leur trame narrative: il ne s'agit guère, en effet, que de "L'Étranger" ou de "Crime et Châtiment"...
En quête de documentation pour un prochain best-seller, l'impénitent plagiaire fait la connaissance d'une biologiste aussi ravissante que mariée, qui exerce la profession de nutritionniste pour serpents. S'installe alors un fatal chassé-croisé amoureux tandis que naît entre eux la tentation du meurtre parfait.
Loin d'accepter de disparaître, le mari encombrant se montre étonnamment rétif et sa mauvaise volonté n'ira pas sans contrarier les plans des amants diaboliques.
Éditions ACTES SUD
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La trame de l'apparent thriller semble simple, le crime évident, les intérêts communs. Mais, dans cette allègre ronde de la mort, victime et bourreau ne sont pas là où on les attend.
Une parodie de polar où, dans une caustique ronde de mort, chacun est tour à tour menteur et traître.
"Le diable danse avec moi": tels sont les cris de douleur qui griffent la partition de la Dixième Symphonie de Mahler, anéanti par la trahison de celle qu'il a soumise à son despotisme de compositeur.
Ils offrent à cette polyphonie contemporaine de Patrícia Melo une ardente résonance. L'auteur sonde ici les ténèbres de la jalousie, mettant en scène l'amour pathogène d'un chef tyrannique pour une violoniste de son orchestre, de trente ans sa cadette. Dans un cycle névrotique, le doute s'installe, à la faveur de quelque vétille ou méprise, qui vient rompre une à une les écluses de la raison. L'art et la paranoïa scellent alors un pacte démoniaque.
Éditions ACTES SUD
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Conflit israélo-palestinien, psychanalyse, judaïsme, misère existentielle, solitude du pouvoir, vicissitudes du quotidien d'un orchestre sont autant d'harmonies dissonantes qui, sous la baguette enlevée de Patrícia Melo, finissent par trouver le même diapason. Musique, maestro !
Tel un Énée moderne, ghetto blaster en main, aux portes de l'enfer, Petit Roi, enfant des favelas de Rio, cherche sa route dans un royaume qui n'a pas de chemin pour les vivants.
Acides, hip-hop et violence à tous les étages. À la maison, la rage de l'amour maternel laisse quelques ecchymoses, la frustration fait son lit dans une pauvreté tyrannique, les feuilletons à l'eau de rose font le reste. Dans la rue, le code de l'honneur, l'odeur de l'argent, la voix des armes.
Si, au faîte du pouvoir, Petit Roi se pose en trafiquant aguerri qui contrôle les variables et fait parler la poudre - celle des lignes comme celle des armes -, il demeure un colosse aux pieds d'argile qui offre un temple à sa mère pour que, enfin, elle aime son fils.
Des profondeurs de cet antre mythologique parviennent, à un train d'enfer, des déflagrations de mots, de sentiments, de chairs, qui mettent à mal tout sens de l'équilibre.
Mais moi je croyais plus en Dieu. Je croyais aux ulcères.
- Je vais te tuer, fils de pute, je vais te tuer, parce qu'à partir de maintenant, je suis le tueur. Je suis la grille, le chien, le mur, les tessons de bouteille tranchants. Je suis le fil de fer barbelé, la porte blindée. Je suis le Tueur. Bang. Bang. Bang.
Éditions ALBIN MICHEL
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Dans une extrême tension verbale – mais avec un humour noir abrasif -, Patricia Melo retrace le parcours hallucinant d'un jeune homme de Sao Paulo, devenu à la suite d'un pari perdu, un tueur à gages sans états d'âme. Roman d'initiation sanglant, O Matador a été salué comme une grande révélation au Brésil où sa publication a défrayé la chronique.
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Une disciple "noire" de Rubem Fonseca.
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Une histoire sombre et désespérée, un style brutal, rapide comme un vidéo-clip.
Patrícia Melo est née en 1962 à Rio de Janeiro. Elle amorce sa carrière d'écrivain dès l'âge de 18 ans en rédigeant des textes pour la télévision brésilienne. À partir de 1993, elle signe des épisodes du feuilleton "A Banquira do povo" et de quelques adaptations pour des téléfilms notamment de "Élémentaire, ma chère Sarah" ("O Xango de Baker Street") de Jô Soares.
En 1994, elle se lance dans le roman policier avec Acqua Toffana, où une jeune femme névrosée dénonce son mari à la police, l'accusant d'être un tueur en série. Dans O Matador : le tueur ("O Matatdor" - 1995), le récit offre, par l'entremise d'un paumé d'un quartier populaire de São Paulo et grand consommateur de drogue, d'alcool et de sexe, un « tableau sans concession de la violence urbaine brésilienne ». La violence est d'ailleurs très souvent présente dans les œuvres de l'écrivaine, notamment dans Enfer ("Inferno" - 2000), qui raconte, de façon très réaliste, l'ascension et la chute d'un caïd de la drogue dans une favela de Rio de Janeiro.
Patrícia Melo a quitté São Paulo pour la Suisse, où elle vit aujourd'hui avec son mari, le chef d'orchestre John Neschling.
Au commissariat de Quarto Oggiaro, quartier populaire et torride de Milan, l'atmosphère est quasi irrespirable. Les policiers, quelque soit leur grade, laissent éclater leurs passions négatives: rancoeurs, traîtrises, haines, bassesses...
L'inspecteur Ferraro voit, outre une situation professionnelle difficile, sa vie affective tourner au désastre... Mais le vrai sujet du livre reste la mafia: un monde sans pitié, dans lequel la rédemption semble impossible.
Auquel s'ajoute le déferlement des populations originaires de l'ex-Yougoslavie qui pose de sacrés problèmes d'intégration...
Éditions Joëlle Losfeld
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Le style de Gianni Biondillo est incisif, précis, parfois drôle et ordurier, corrosif, argotique. Il emprunte toute une gamme de tonalités pour dresser le portrait réaliste d'une Italie violente, éclatée... Un document sur les moeurs et les coutumes mafieuses racontées avec une rare intensité, crudité et brutalité.